Toujours aussi doués et délicats, les Midget ! reviennent avec un nouvel album, Ferme Tes Jolis Cieux publié sur un nouveau label, Objet Disque.


Ferme Tes Jolis Cieux est un disque qui fait du bien et qui rassure sur la capacité de l’industrie musicale à publier des disques de cette trempe. En 1999, Premier Soleil se serait retrouvé sur une compilation des Inrocks, coincé entre un titre de Lisa Germano et un inédit de Jean Louis Murat. Mais nous sommes en 2017 et les choses ont radicalement changé. Sauf Mocke et Claire Vailler qui continuent d’écrire leur histoire de la plus belle des manières.

Comment vous sentez-vous deux ou trois jours avant la sortie de ce disque ?

Midget ! : Rien de particulier à signaler quant à notre état avant la sortie de ce disque, ce n’est plus entre nos mains maintenant, et les états de fébrilité, de jubilation, de questionnement ou d’attente que peuvent engendrer le travail sur un album sont liés à des étapes précédentes du processus, pendant l’écriture, l’enregistrement, le mixe, par exemple.
Maintenant que tout est finalisé, qu’il n’y a plus de décisions artistiques ou esthétiques à prendre, sans aller jusqu’à dire qu’on est passés à autre chose, puisqu’évidemment nous travaillons pour les concerts et que nous sommes curieux des réactions, on est déjà tous deux dans d’autres réflexions, d’autres projets, et tout ne tourne pas uniquement autour de cette sortie. En somme, on préfère le processus de création dans tout ce qu’il implique que la promotion du fruit de notre travail.

Si je ne me trompe pas, il s’agit du premier disque chez Objet Disque. Pourquoi avoir choisi le label de Rémy Poncet ?

Ça s’est fait de manière très naturelle, et c’est apparu comme une espèce d’évidence: nous nous sommes tous deux beaucoup rapprochés de Rémy depuis le début de la collaboration sur les albums solo de Mocke, et sans avoir rien à reprocher à notre ancien label We Are Unique Records, nous avions envie de passer à autre chose (aussi parce que dès le début de l’écriture de Ferme Tes Jolis Cieux, nous sentions qu’il marquerait une espèce de rupture avec nos disques précédents et il y avait avec Rémy une proximité, un lien réel et tangible, une possibilité de dialogue infini à côté desquels nous ne voulions pas passer.

Continuons à évoquer des noms de gens formidables. Vos photos de presse sont signées par Thomas Jean Henri de Cabane. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

On s’est rencontrés à Bruxelles, où nous vivons depuis 5 ans. On aime beaucoup ce garçon de manière générale, et son travail photographique en particulier, il a un regard véritablement singulier, une vision artistique très profonde, solide et sans concessions, assortie d’une grande délicatesse, ça donne lieu à des choses équilibristes tout à fait merveilleuses. Et puis, il a participé à l’album en tant que musicien- il joue du vibraphone sur plusieurs morceaux.

Et vous ? Comment vous êtes-vous retrouvés ? Vous étiez partis tous les deux dans des projets solos. Qu’est-ce qui a déclenché l’envie de relancer Midget! ?

Oh il n’y avait pas à « relancer » Midget! ni à déclencher une quelconque envie, on n’a jamais perdu de vue qu’on devait s’atteler à notre trisième album, d’ailleurs on a commencé à entrer dans le vif du sujet de la réflexion sur ce disque à la période où on sortait chacun de notre côté St Homard et Transbluency. En revanche, il est vrai que le fait de s’exprimer dans la composition chacun de notre côté a nécessairement eu une influence sur la façon dont nous nous sommes retrouvés pour écrire cet album, qui je crois fait appel à des choses plus profondes en nous et exprime de manière plus personnelle que jamais ce qui est, disons, la quintessence de l’identité artistique de chacun de nous (si une telle chose est possible à saisir).

Si on vous dit que Ferme Tes Jolis Cieux est un disque très exigeant. Comment le prenez-vous ?

Il faudrait définir « exigeant »… tout cela dépend de l’endroit depuis lequel on parle. Si l’on s’en tient à des références pop, en effet cet album ne rentre pas dans les cadres, ça c’est certain. Il est donc sans doute exigeant pour une oreille qui n’a jamais écouté qu’un certain type de musique -disons la pop- dans le sens où sa transversalité demande peut-être une certaine ouverture. Mais j’imagine que quiconque se lance dans l’aventure d’un album espère fournir un travail exigeant (envers soi-même, envers la musique, envers le public) donc je ne vois pas très bien comment on pourrait mal le prendre.

D’ailleurs, ce fut un enregistrement facile ?

Oui assez facile parce qu’on savait précisément où on allait. Ce qui est difficile c’est de ne pas trop savoir et de prendre le risque de se perdre en route.

Il est peut-être encore un peu trop tôt mais comment percevez-vous ce disque par rapport aux deux précédents ? Comment le définiriez-vous ?

On a abordé cet album d’une manière différente des deux précédents, notamment parce qu’il y avait certains de nos choix qui ne nous semblaient pas très judicieux rétrospectivement, il y avait sans doute une ambigüité dans ce que nous proposions, plus particulièrement sur le deuxième album, qui a fait qu’on s’est vu placés à des endroits dans lesquels on ne se reconnaissait pas du tout. On sentait qu’il fallait aiguiser notre propos et se recentrer vraiment sur notre noyau artistique, aller creuser pour extraire l’essentiel sans se soucier le moins du monde de la forme que cela prendrait, ou plutôt et se laisser guider par une vision de départ et laisser l’album prendre forme librement autour de cette vision, celle d’un album bloc, d’une micro symphonie. Et Premier Soleil qui ouvre l’album, c’est le morceau manifeste, celui qui a donné le ton du reste, et qui relie le tout, comme une matière mouvante insinuée dans chacun des autres titres de l’album.

Midget! – Premier soleil

Quels sont les disques qui vous ont influencé pendant l’enregistrement de Ferme Tes Jolis Cieux ?

Plutôt des disques de musique classique et contemporaine Giacinto Scelsi, Olivier Messiaen, Henry Górecki, Franco Battiato, Gavin Bryars.

Le soleil se lève sur notre horizon et le ciel s’éclaire grâce à Midget!.

Affaire à suivre !

Ferme Tes Jolis Cieux de Midget! sera publié le 3 novembre 2017 via le label Objet Disque.
Pour le pré-commander, c’est par ici.
La photographie de l’article est de Thomas Jean Henri alias Cabane.
Midget! sera en concert les :

  • 09.11.17 PARIS Espace en cours w/ Le Bâtiment (release party)
  • 16.11.17 LESQUIN Centre culturel w/ William Z Villain
  • 16.12.17 BRUXELLES Ateliers Claus (release party)

Midget ! Fermes tes jolis cieux

Tracklist

Midget! - Ferme Tes Jolis Cieux
  1. Premier soleil
  2. Sur le premier matin
  3. Les cérémonies
  4. Eve
  5. Lâcher la main
  6. Fragments d'une ombre sans vie
  7. Les cendres