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[1998-2018] Embrace le monde

Chez SK*, on aime les missions dangereuses. On est donc parti interviewer un des membres d’Embrace. Embrace dîtes-vous ? Totalement inconnus de ce côté de la Manche, les gars d’Embrace écument pourtant les salles de concert depuis deux décennies avec un succès certain.


Plus anglais qu’Embrace, tu meures. A coté d’un membre d’Embrace, Liam Gallagher ressemble à un touriste espagnol perdu dans Big Ben. Très anglais, trop anglais, Embrace ne vend des disques qu’au Royaume-Uni. Comme les Manic Street Preachers, ce groupe ne s’exporte pas.

Les frères Danny McNamara et Richard McNamara ont fondé Embrace au début des années 90 et ont mis quelques années à trouver la formule magique. En 1998, ils décrochèrent la timbale avec The Good Will Out, leur premier album. Impeccablement produites par Youth, les chansons d’Embrace font passer les The Verve pour des papes de la low-fi mais font de l’effet. Ecoutez n’importe quelle chanson de ce premier disque et vous aurez envie de prendre le premier avion pour Londres.

Vingt ans plus tard, Embrace, seul groupe du Yorkshire a avoir réussi à quitter le Yorshire, revient avec un album au titre aussi finaud qu’un supporter de Manchester City un soir de match mais aux chansons foutrement efficaces.

Love Is A Basic Need

Pourquoi avoir appelé ce disque Love Is A Basic Need ?

Steve Firth : Nous vivons dans un monde sombre et incertain avec un fou à la Maison Blanche, où les gens sont obsédés par l’appât du gain et accro aux réseaux sociaux. Evidemment, les conséquences ne sont pas très bonnes.
Le but d’Embrace a toujours été de voir le bien dans les choses. Je crois que c’est le bon moment de rappeler que l’amour est une source de joie.

On peut lire sur le site de votre label Cooking Vinyl : « Embrace retourne au son classique de ses débuts qui nous a fait tomber amoureux d’eux. » C’est quoi un son classique pour vous ?

Chaque groupe veut se réinventer et essayer de nouvelles choses en tant que musiciens. La plupart des fans veulent qu’un groupe possède toujours le son qui a fait qu’ils sont tombés amoureux d’eux. Nous avons décidé d’enregistrer ce qui venait naturellement en tant que musiciens et de ne pas réinventer la roue. J’espère que cet album sera un des préférés de nos fans.

Pourquoi Richard a produit le disque ? Et pourquoi ce retour à un son plus classique ?

Richard a enregistré nos démos pendant des années et a produit nos deux derniers albums. Personne ne sait mieux que lui comment Embrace doit et comment obtenir nos meilleures prises. Il va devenir un grand producteur.

Comment s’est passé l’enregistrement de ce disque ?

Ce fut un processus relativement indolore. Tu sais, l’enregistrement d’un disque n’est pas une chose facile. Une fois que nous avons trouvé notre son, nous avons fait les choses rapidement. Tout le monde s’entendait bien, était créatif et a apprécié cet enregistrement.

Quels sont tes meilleurs souvenirs liés à cet enregistrement ?

Les meilleurs moments de l’enregistrement sont la partie créative lorsque la chanson apparaît pour la première fois. Normalement, dans Embrace, cela peut signifier de travailler sur une chanson pendant des semaines jusqu’à ce que nous trouvions la bonne version, avec cet album, il semblait relativement rapide, donc l’enregistrement était amusant, comme il se doit.

Votre premier album a désormais vingt ans. C’est toujours facile d’écrire des chansons ?

Ce n’est jamais facile d’écrire de bonnes chansons, mais avec l’expérience nous les repérons plus facilement. Nous avons passé beaucoup de temps à travailler ces chansons tout en espérant qu’elles deviendraient quelque chose de spécial. Danny et Richard, avec toute leur expérience, nous apportent des chansons en studio et savent qu’elles sont bonnes.

Quelle est l’histoire de The Finish Line ?

Les chances de votre naissance sont de l’ordre de quatre millions sur une. C’est la même chance que de gagner à la loterie, que d’être mangé par un requin, de devenir un saint ou d’être frappé par la foudre le même jour. Parfois, la vie ressemble à une course de fond, comme un long marathon, mais il suffit de voir la ligne d’arrivée pour se rendre compte à quel point la vie est précieuse et courte.

The Finish Line
évoque ce que tu ressens quand ta vision du monde est chamboulée, quand tu te rends compte que tu as perdu beaucoup de temps et que tu veux vivre pleinement et tirer le meilleur parti de chaque minute. Elle semble être la chanson parfaite pour commencer l’album, et une excellente façon de présenter tout le monde à l’amour est un besoin fondamental.

Embrace - Never

The Good Will Out

Pourquoi aviez-vous signé un deal avec Hut Recordings ?

Plusieurs maisons de disques voulaient nous signer après avoir écouté nos démos. Nous les avons toutes rencontrées mais nous avons aimé David Boyd de chez Hut Recordings, qui avait à l’époque signé The Verve, Placebo et The Smashing Pumpkins. Nous étions tous fans de ces groupes. Cela semblait être le meilleur compromis.

Comment avez-vous rencontré Youth ? Et Dave Creffield ?

Dave Creffield était un producteur local relativement connu qui a enregistré nos premières démos. Il avait compris ce qu’était Embrace et nous nous sommes très bien entendus. Youth nous a été recommandé par notre société de gestion quand nous avons décidé de réenregistrer All You Good Good People pour l’album car nous pensions pas que le rythme original était correct et Dave ne l’avait enregistrée qu’une fois. Youth est un producteur de premier plan avec des années d’expérience dans tous les types de musique. Il a d’ailleurs enregistré nos quatrième et cinquième album.

Où avez-vous pris la photographie qui a servi pour la pochette.?

Sur Christopher Street dans Manhattan. Nous voulions nous éloigner de tout ce qui été rattaché à la Brit Pop. Nous n’en faisions pas partie.

As-tu des regrets concernant ce disque ?

Je pense que si nous l’enregistrions à nouveau, ce serait différent, mais c’était le meilleur que nous pouvions faire à ce moment-là, donc pas de regrets.

Quels sont tes meilleurs souvenirs de cet enregistrement ?

C’était tout nouveau pour nous, c’était donc une période très excitante et j’avais l’impression que tout était possible. Assis à l’extérieur du studio en train d’écouter la première pièce radiophonique de All You Good Good People sur un autoradio, ça me semble un grand souvenir.

Quelle est ta chanson préférée de ce disque ? Pourquoi ?

All You Good Good People parce que nous avions créé quelque chose de spécial, quelque chose d’énorme dont nous pouvions être fiers que nous avons lâché sur le monde.

Quels sont tes disques préférés de 1998 ?

Deserter’s Songs de Mercury Rev, The Boy With the Arab Strap de Belle & Sebastian et Urban Hymns de The Verve.

Love is a basic need d’Embrace sera disponible le 9 mars 2018 chez Cooking Vinyl.

Tracklist : Embrace - Love is a basic need
  1. The Finish Line
  2. Never
  3. Wake Up Call
  4. Snake Oil
  5. Where You Sleeping
  6. All That Remains
  7. Rabbit Hole
  8. Horseshoe In My Glove
  9. My Luck Comes In Threes
  10. Love Is A Basic Need

English text

Love Is A Basic Need

What’s the reason behind the title of your new album ?

Steve Firth : We live in a dark uncertain world with a madman in the White House, where people are obsessed with material gain and addicted to social media and all the negative effects that entails.

Embrace have always been about seeing the good in things, more than ever it seems a good time to remind ourselves that Love is the source of happiness

We could read on the Cooking Vinyl website : « Embrace return to the classic sound that first made us first fall in love with them.  » What’s a classic sound for you ?

Every band wants to reinvent themselves and try new things as musicians. Most fans want a band to sound like you do when they first fell in love with you. We decided to do what comes naturally to us as 5 musicians and not to reinvent the wheel. Hopefully this album will be a fan favourite.

Why did Richard produce the album ? Why did you want a classic sound ?

Richard has recorded our demos for years and has produced our last two albums. Nobody knows better how Embrace should sound and how

to get the best performances out off us all. He’ll go on to be a big producer

How easy was the recording process of this Lp ?

It’s been a relatively painless process, as recording an album is never easy, once we decided how the album was going to sound it came together quickly. Everyone got on well, were creative and enjoyed the process.

What are your best memories of this recording process ?

The best bits of recording is the creative part when the song appears for the first time. Normally in Embrace this might mean working on a song for weeks until we hit upon the right version, with this album it seemed relatively quick, so recording was fun, as it should be.

Your first album is 20 years old now. Is it still easy to write songs?

It’s never easy to write great songs, but its probably easier to spot them nowadays. We used to spend a lot of time working on songs, hoping they’d turn into something special rather then knowing they would. So Danny and Richard with all their experience only bring songs to the studio, they know are good .

What’s the story of The Finish Line ?

The chances of you being born are something like four trillion to one. Thats the same odds as winning the lottery, been eaten by a shark, made into a saint and struck by lighting all on the same day. Sometimes life feels like a rat race, like a long marathon, but you only have to see The Finish Line to realise how precious and short life is.

The Finish Line is about how you feel when your world view is turned upside down, about realising you’ve wasted so much time and about how that makes you want to live life to the full and squeeze the most out of every minute. Seemed like the perfect song to start the album, and a great way to introduce everybody to LOVE IS A BASIC NEED.

The Good Will Out

Why did you do a deal with Hut Recordings ?

On the back of our first demo tape, several record companies wanted to sign us. We met them all but liked David Boyd at Hut Recordings best, who at the time had signed The Verve, Placebo and Smashing Pumpkins who we were all fans off. It seemed like the best fit

How did you meet Youth ? And Dave Creffield ?

Dave Creffield was a well known local producer who recorded our first demos, he understood what Embrace were about and we got on very well and still do. Youth was recommended to us by our management company when we decided to rerecord All You Good Good People for the album as we didn’t think the original beat was right and Dave had already recorded it once. He’s a top class producer with years of experience in all types of music, who went on to record our 4th and 5th albums

Where did you take the picture of the cover album ?

Christopher Street – Manhattan, we wanted somewhere sunny that distanced us from Brit Pop as that wasn’t what we were about

Do you have some regrets about this album ?

I think if we recorded it again it would be different, but it was the best we could do at the time, so have no regrets

What are your best memories about this recording process ? And about The Good Will Out ?

It was all new to us, so it was a very exciting time and felt like anything was possible. Sat outside the studio listening to the first radio play of All You Good Good People on a car stereo stands out as a great memory for me

What are your favorite song of this LP ? Why ?

All You Good Good People because it sounded like we’d created something special, something big to be proud of, that we let loose on the world

What are your favorite album(s) of 1998 ?

Deserter’s Songs – Mercury Rev, The Boy With the Arab Strap – Belle & Sebastian, Urban Hymns – The Verve

Pouet? Tsoin. Évidemment.
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