Premier album des Go-Betweens à entrer dans le Top 50 australien (de justesse…) et dernier album de la période dite classique du groupe, 16 Lovers Lane arriva sans prévenir en 1988 et arrive toujours à égayer nos journées pluvieuses de 2018.


Depuis 1977, les Go-Betweens n’avaient eu de cesse de publier les plus belles chansons du monde… Dans une indifférence certaine. Onze années plus tard, la détermination est toujours aussi intacte mais le groupe semble lessivé. 16 Lovers Lane fut donc l’heure de la reconnaissance et le temps de la séparation provisoire. De retour dans leur pays natal et après avoir trouvé refuge à Sydney, les Go-Betweens regardent toujours vers l’Angleterre en recrutant le producteur Mark Wallis (The Smiths, The La’s, U2).

Et quand on était trop jeune pour suivre les sorties des Go-Betweens en temps et en heure, on commence au final toujours par ce disque (et par la compilation de démos). 16 Lovers Lane est toujours cité comme l’album référence de Forster et McLennan. Les premiers contacts se font donc avec cette pochette, belle, étrange et si singulière à la fois. Décriée par certains, la pochette de 16 Lovers Lane fait partie de celles qui comptent. Elle est l’oeuvre de la photographe Robyn Stacey et du bassiste des Go-Betweens, John Willsteed.

Robyn Stacey

Comment as-tu rencontré The Go-Betweens ?

Robyn Stacey : Je vivais à Brisbane et j’ai ensuite fait une colocation que Lindy Morrison et quelques autres personnes. Par la suite, je suis partie vivre à Sydney et Lindy a rejoint les Go-Betweens et je suis devenue amie avec les autres membres du groupe. Ils sont venus et ont vécu un peu à Sydney. J’ai aussi connu Roger Grierson (leur manager pendant un temps). John Hoey, mon mari (claviériste dans Died Pretty) avait été dans un groupe avec Roger et John et avait aussi vécu à Brisbane. Il faisait partie de la scène punk et connaissait Grant et Robert, la première incarnation des Go-Betweens. À cette époque, il y avait une scène musicale florissante en Australie et beaucoup de personnes faisaient partie de cette scène.

Tu te rappelles du jour du shooting de ces photos ? ?

C’était il y a 30 ans… Je me rappelle que c’était un dimanche et qu’il faisait chaud. Tout le monde sait maintenant que 16 Lovers Lane était le dernier album enregistré par Robert, Grant, Lindy, Amanda et John Wilstead. Le shooting et les photos reflètent l’endroit où le groupe était à ce moment de son histoire. Il y avait de nombreuses tensions au sein du groupe, et plutôt qu’un groupe cohérent, ce sont 5 personnes qui se sont rassemblées pour faire une pochette. Certains membres du groupe avaient des idées précises de la façon dont ils voulaient poser et s’habiller. Ils avaient apporté un certain nombre de tenues tandis que d’autres avaient une garde-robe composée d’un «t-shirt» ou dans le cas de Lindy une certaine idée du tissu. la toile de fond blanche est devenue l’élément de liaison entre les membres du groupe et les photos reflètent les personnalités distinctes des membres plutôt qu’une unité interconnectée. Tu n’as pas un groupe uni qui pose.

Quel appareil as-tu utilisé ? Et quelle pellicule ?

J’ai utilisé mon vieux Rolleiflex chargé avec un film monochrome de 100 ASA.

Où ont été pris ces clichés ?

J’ai pris ces photos dans mon petit studio situé dans le quartier Redfern à Sydney.

Quels sont tes meilleurs souvenirs du temps passé avec les Go-Betweens ?

Aller à des concerts et sortir. C’était une époque fantastique à Sydney pour les groupes et beaucoup de gens de cette ville étaient connectés grâce à la musique. Les concerts duraient toute la nuit. Il y avait des concerts tous les week-ends avec de nombreux groupes dans plein de lieux et tu pouvais passer d’un endroit à l’autre. Les membres des Go-Betweens allaient et venaient, passant une grande partie de leur temps hors du pays, ce qui leur conférait la qualité exotique de l’étranger revenant avec de splendides histoires d’outre-mer et les potins de l’industrie musicale. Mais ils sont restés essentiellement à Brisbane, en particulier Robert, ce qui explique pourquoi il y a toujours eu une forte dévotion locale pour le groupe et pourquoi Brisbane a nommé un de ses ponts le ‘Go Between Bridge’. Grant et Robert ont incarné les outsiders excentriques qui avaient le talent et la confiance en soi suffisants pour emmener le groupe à l’autre bout du monde tout en restant connectés à leur ville natale et c’est cette préoccupation de la maison et du quotidien qui se ressent dans les paroles et qui parle encore aux gens 30 ans plus tard.

Quelle est ta chanson préférée de ce disque?

Ma chanson préférée est Dive for Your Memory. Quand j’ai entendu l’album une fois enregistrée, c’est la chanson qui m’a immédiatement attirée. J’ai écouté l’album récemment… C’est un très bon album. Je me rappelle de toutes les chansons mais Dive for Your Memory reste mon plus beau souvenir.

John Willsteed

Comment as-tu débarqué dans l’aventure Go-Betweens ?

John Willsteed : Lindy et moi étions dans un groupe (Zero) en 1978. Robert et Grant faisaient partie de cette scène. Brisbane était et est toujours une petite ville. Tout le monde connaît tout le monde. Robert et les membres de Zero sont devenus amis quand Grant est allé à l’étranger. Et c’est comme ça que tout a commencé.

La naissance de cette pochette a t-elle été favile ?

Je ne me souviens pas de grand chose. Nous voulions travailler avec Robyn, et j’imagine que j’ai demandé au groupe de me laisser participer au design graphique. Je pense que Robyn et moi avons échangé certaines idées. Elle était claire quant à l’effet qu’elle voulait créer.

Le groupe a participé à l’élaboration de la pochette ?

J’étais l’assistant de Robyn au tournage, et j’ai conçu la mise en page par moi-même. Amanda a fait les titres manuscrits dans le livret.

Quelles ont été tes sources d’inspiration ?

Nous avons, dans une certaine mesure, fait en référence aux précédents travaux de Robyn qui étaient cinématographiques et lumineux. Les figures étaient destinées à être désincarnées. Nous voulions qu’il y ait du mystère et du glamour avec les photographies qui « flottent ».

Quels sont tes meilleurs souvenirs de cette collaboration ?

J’ai adoré travailler avec Robyn. Elle était, et est, drôle, charmante et créative. Elle porte une grande attention aux détails et a des connaissances techniques considérables. Elle tenait pourtant à faire les choses de manière classique.

Quelle est ta chanson préférée sur ce disque ?

Dive For Your Memory. C’est une chanson courageuse et positive. Il y a une résolution, mais pas de réconciliation. J’ai adoré jouer à l’époque, et j’ai hâte de jouer la semaine prochaine, avec Peter Milton Walsh.

The Go - Betweens - 16 Lovers Lane

16 Lovers Lane des The Go-Betweens est disponible via Beggars.
The Go Between - 16 lovers  lane

Tracklist : The Go-Betweens - 16 Lovers Lane
  1. Love Goes On !
  2. Quiet Heart
  3. Love Is A Sign
  4. You Can't Say No Forever
  5. The Devil's Eye
  6. Streets Of Your Town
  7. Clouds
  8. Was There Anything I Could Do ?
  9. I'm All Right
  10. Dive For Your Memory

English text

John Willsteed

How did you meet the Go-Betweens?

Lindy and I were in a band (Zero) in 1978. Robert and Grant were part of the scene. Brisbane was, and is, a small town. Everyone knows everyone else. Robert and Zero became friends when Grant went overseas. And that’s how it started.

How easy was the birth of the 16 Lovers Lane album cover?

Not something I remember a lot about. We were keen to use Robyn, and I imagine I talked the band into letting me be involved in the graphic design. I think Robyn and I talked ideas, and she was clear about the effect that she wanted to create and the process required to achieve it.

Did you work alone? With the band?

I was Robyn’s assistant at the shoot, and I designed the layout on my own. Amanda did the handwritten titles on the inside sleeve.

What were your sources of inspiration ?

We were, to some extent, referencing Robyn’s previous work, which was cinematic and luminous. The figures were meant to be disembodied, and floating somewhat in the space of the cover. We wanted there to be mystery, and glamour.

What were your best memories of this collaboration ?

I loved working with Robyn. She was, and is, funny and charming and creative. She has great attention to detail, considerable technical knowledge and was keen to refer to classical methods of achieving the desired results.

What’s your favorite song from this LP ?

Dive For Your Memory. It’s brave and positive, but ultimately it is speaking into the ether – there is resolution, but no reconciliation. I loved playing it back then, and am looking forward to playing next week, with Peter Milton Walsh singing.

Robyn Stacey

How did you meet The Go-Betweens ?

I was living in Brisbane and moved into a share house that Lindy Morrison and a few other people rented. Subsequently I moved to Sydney and Lindy joined the Go-Betweens and I became friendly with the other band members when they visited and later lived in Sydney for periods of time. I also knew Roger Grierson (their manager for a time) as my partner John Hoey (keyboard player in Died Pretty) had been in a band with Roger and John had also lived in Brisbane and been part of the punk scene and knew Grant and Robert’s early incarnation of the Go-Betweens. At that stage there was a thriving music scene in Australia and many people’s lives intersected through music.

Do you remember the day of the shooting of the 16 Lovers Lane pictures (cover album) ?

It was 30 years ago, it was a hot Sunday. By now everyone knows that 16 Lovers Lane was the last album made with the line-up of Robert, Grant, Lindy, Amanda and John Wilstead. The shoot and the photos reflect where the band was at that point in its history, there were numerous tensions within the band, and rather than a cohesive group they were 5 people who had come together to do a cover. Some band members had specific ideas of how they wanted to look, and dress and brought a number of outfits, others had a wardrobe consisting of one ‘t shirt’, or in the case of Lindy the fabric idea had already been decided. Rather than the usual band shot in a location as on previous covers the white backdrop became the linking element between the band members and the photos reflect the members’ distinct personalities rather than an interconnected unit.

Which material did you use (film/camera) ?

I shot on an old medium format Rolleiflex camera and used Kodak 100ASA black and white film.

Where did you take these pictures ?

I took the pictures in my small studio in Redfern Sydney.

What are your best memories with this band ?

Going to gigs and hanging out. It was a fantastic time in Sydney for bands and many people in Sydney were connected through music. Gigs were all night or all weekend affairs with numerous bands at many venues and you could usually walk from venue to venue. The Go-Betweens as a band came and went, spending much of their time out of the country which gave them the exotic quality of the outsider returning with splendid stories from overseas and the inside gossip on the music industry. But they remained quintessentially Brisbane, particularly Robert, which is why there has always been such a strong local devotion to the band and why Brisbane named a bridge after them. Grant and Robert epitomised the eccentric outsiders that had talent and self-confidence enough to take the band to the other side of the world but still remain connected to their hometown and it’s this preoccupation with home and the everyday that makes the lyrics resonate with so many people thirty years on.

What’s your favorite song of this album ?

My favourite song is Dive for Your Memory. When the album was first recorded this was the song that I was instantly drawn to and listening to the album recently, while all are memorable as it’s such a great album, Dive for Your Memory remains the most potent for me.