En 2015, on avait fait le pari que JAIN allait bouleverser l’algorithme Google en imposant sa musique dans les charts. C’est désormais le cas. JAIN s’est imposée en quelques mois comme la référence de la pop française et domine le paysage musical français.

Après avoir mis à l’honneur l’Afrique sur son premier disque, la voilà sur les terres de l’Arabie Heureuse. D’Abou Dabi à Dubaï, JAIN fait tourbillonner sa pop dans des vagues hip-hop et les pas de la bande originale de l’Inspecteur Gadget. Souldier, son nouvel album, est la suite idéale de Zanaka et devrait s’imposer rapidement.

Tu as changé de tenue de scène… Adieu la robe noire, bonjour le bleu de travail. Pourquoi portes-tu un uniforme sur scène ? Tu en ressens le besoin ?

Jain : Oui, j’aime bien. Cela me tient à cœur et m’aide à faire la différence entre moi, dans la vie de tous les jours et moi sur scène. Je me crée une carapace. C’est un atout aussi dans la vie de tous les jours : on me reconnait beaucoup plus difficilement dès que j’enlève ma tenue de scène.

Et comment est née cette idée d’uniforme ? C’est Agnès B, qui a conçu cette nouvelle tenue, qui est à l’origine de ce bleu ?

J’avais très envie de travailler avec elle. J’aime beaucoup son travail. Elle m’a montré une combinaison noire et très belle. Le fait qu’elle soit noire et blanche m’embêtait. Cela rappelé ma première tenue. Je voulais quelque chose de combatif et de plus « funky ». Je voulais ressembler à une travailleuse qui met les mains dans le cambouis.

En plus de mettre les mains dans le cambouis, tu mets les mains sur une télécommande qui est cousue dans ce bleu de travail et qui te permet de programmer tes boucles tout en chantant. Tu es donc seule sur scène. Tu n’as jamais ressenti l’envie ou le besoin d’avoir un groupe avec toi ?

J’en ai eu un à la fin de ma première tournée. Je commençais à être fatiguée… J’avais néanmoins le sentiment de ne pas avoir été bout de ma démarche. Je n’étais pas libre… Cette nouvelle machine me permet d’être libre sur scène.

Tu as donc une nouvelle scénographie. Comment l’as tu construite ?

J’ai travaillé avec des canadiens de l’agence Moment Factory. J’ai fait quelques concerts il y a quelques semaines. Nous sommes en train de tout régler. J’ai vraiment hâte de m’y remettre.

C’est une sortie importante… Comment ressens-tu la pression qui règne autour de toi ?

C’est une sortie importante… Disons que je suis toujours heureuse et ça c’est très important. Je suis très fière de ce disque et les retours sont bons. J’ai hâte de remonter sur scène.

Tu tiens vraiment à monter sur scène…

Oui. Le disque est important. Mais j’adore la scène.

Et elles sont faciles à jouer sur scène ces nouvelles chansons ?

Pas toutes. J’ai certaines chansons assez aiguës… Et d’autres assez graves. Je dois donc travailler mon amplitude vocale. Ce n’était pas vraiment le cas sur le premier album.

J’ai été très marqué lors de notre première interview par la richesse de ton passé en Afrique. J’ai appris grâce à ce disque que tu as vécu aux Emirats Arabes Unis. Pourquoi avoir mis cette région du monde en avant ?

Je ne voulais pas refaire le même disque. Les gens cherchent le nouveau Makeba. Je ne voulais pas refaire une copie en moins bien de ce morceau. Si vous voulez Makeba, écoutez Makeba.

Tu as enregistré ce disque avec Yodelice ?

Oui, j’ai gardé la même équipe.

Et cela a été long ?

Non. Moins long que pour le premier album. Sur le premier album, il y avait des chansons que j’avais écrites quand j’avais seize ans… J’avais dû retravailler les textes.

Quand as-tu composé ce disque ?

Après la sortie du premier album.

Quel est le meilleur souvenir de l’enregistrement de Souldier ?

Plein de moments ! Le studio de Max est un vrai laboratoire. On a enregistré différentes versions des chansons.

Tu peux m’en dire un peu plus sur la pochette ?

J’avais fait la maquette. Paul & Martin ont fait la photo et ont apporté leur touche. Elle est venue naturellement. Elle allie un côté kitsch et utopiste à la Magritte. Elle me plait beaucoup.

Comment est venu ce disque ? Quels sont les disques qui t’ont maqué sur les deux dernières années ?

Oui ! Il y a beaucoup de disque de hip-hop. Je pense à Kendrick Lamar, Travis Scott et Nicki Minaj… J’ai été surtout influencée par le hip-hop américain.

Jain – Alright

Alright a été un des singles de l'été. Quelle est l'histoire de cette chanson ?

Je l'ai écrite pour une amie proche. Je voulais faire une chanson sur la rupture et son après. Je voulais décomplexer la rupture. Et surtout je ne voulais pas qu'on complexe sur le fait d'avancer seule.

As-tu peur que cette nouvelle direction ne soit pas comprise par ton public ?

Oui et non. C'est assez ambivalent. Il y a à la fois un sentiment de peur et un sentiment de fierté.

Les premiers retours sont excellents. Tu lis ce qu'on écrit sur toi et ta musique ?

Un peu. A vrai dire je n'ose pas trop.

Tu pars bientôt pour les Etats-Unis. C'est la première fois que tu vas y jouer ?

Non. J'ai déjà fait des concerts pour le premier album. J'adore y jouer. Je joue dans des clubs qui permettent une certaine proximité avec le public. C'est un retour à mes débuts. Et c'est sensationnel.

Jain - Souldier

Souldier de Jain est disponible chez Columbia/Sony.

Jain - Souldier

Tracklist

Jain - Souldier
  1. On my way
  2. Flash (Pointe-noire)
  3. Alright
  4. Oh man
  5. Inspecta
  6. Dream
  7. Star
  8. Feel it
  9. Abu Dhabi
  10. Souldier