The Horrors et Factory Floor au Trabendo

Pluie battante, bourrasques glaciales et buées humides sur les fenêtres du Métro. Comme si la météo avait décidée d'être d'équerre avec le concert de The Horrors en ce dernier jour du mois de novembre. Direction le Trabendo, cette salle qui côtoie le Zénith, mais qui m'a rien à voir ni à envier à cette grande caverne mal sonorisée. Ici un bar, des marches pour palier la différence entre les petits et les grands et une scène proche du public.

Factory Floor

Première partie déconcertante : ce trio londonien délivre un Beat interminable et continuel à vous percer le tympan. La guitare électrique est féminine, se joue à l’archet par salves et le son nous parvient après moult pédales qui disloquent le tout. Résultat : l’archet est en lambeau, la guitariste en transe.
Le batteur a lui décidé de suivre le tempo donné par la console d’effets détenue par le troisième de la bande. Une sorte de Battle Humain contre machine se déroule, le batteur s’acharne, on l’entend peu face aux beats intempestifs mais le spectacle ressemble plus à un combat désespéré. Les nerfs du batteur contre la froideur et l’efficacité électronique de la console. Au final 5 morceaux en une demi-heure, on aurait cru beaucoup plus.

The Horrors

Intro avec le premier morceau Mirror’s image de leur second album Primary colours. Le chanteur Faris Rotter s’échauffe les poignets sur le micro et coulisse douloureusement ses doigts le long du porte micro : sensuel et dévastateur. La faculté première des Horrors réside en effet à la capacité de monter une foule distraite en un état de violence incontrôlable. La fausse s’en donne à coeur joie dès les premiers morceaux comme sur « I can control myself » : pogos, transes, cris, doigts d’honneurs et signes de mains ressemblant plus à des salutation nazies qu’à des signes de reconnaissance pacifiques.

Discographie

Second atout : le style. Le bassiste a beau se dandiner comme Heidi au milieu des Edelweiss, sa veste cintrée bleue marine et cette douce mèche blonde qui couvre sa joue ne laissent pas indifférente. Faut-il vous passer en revue la panoplie monochrome du reste de la bande : slim noir,tee-shirt serré et ceinture. Bref, le charme opère donc autant chez la gente féminine que masculine : deux points pour eux.

Le son a beau être assez sale ce soir, les classiques y passent de Sea Within The Sea à Primary Colours avec cette orgue et ces crissements de guitares si caractéristique de The Horrors. Sur Who can Say avec le poing en l’air et l’air mauvais le chanteur scande les paroles : « and when I told her her kisses where not like before, she cried ». Tout ce discours résonne sur les murs du Trabendo et maraboute la foule.

Les Horrors ne font pas qu’imiter le son Garage des années soixante. Ils ajoutent cette graine noire et dark avec tout la clique d’effets que leurs ainés comme les Sonics (en concert au Trabendo le 7 décembre) n’avaient pas, saupoudrant le tout d’un outil de propagande : Faris Rotter !

Date : 30 novembre 2009

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