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Yodelice et The Rodeo à la Cigale : un sans faute !

Photos concert : Yodelice @ la Cigale, Paris| 30 novembre 2009

Yodelice c’est Maxim Nucci qui revient de loin, autant géographiquement parlant (l’Espagne et ce fameux Spookland) que musicalement (Popstars, Star Ac’, la comédie musicale Alive…). Je suis partie avec tous les a priori possible et en tête le plus que léger single ‘Sunday with a Flu’. Je pensais que The Rodeo en première partie l’effacerait sans peine… J’ai été bluffée par sa musique et sa performance.

The Rodeo

La salle n’est pas encore rempli, mais le public s’avance et se laisse emporter par les mélodies de The Rodeo. S’ils ne semblent pas être sensibles à sa reprise de ‘Do you really want to hurt me’ de Culture Club, ils applaudissent en rythme au son de la très country ‘Little Soldier’. Sur scène, un multi-instrumentiste l’accompagne : tantôt au violon, tantôt au synthé ou encore au ukulélé. La voix de Dorothée, qui me rappelle beaucoup celle de Florence des Hold Your Horses !, est très déterminée, ses « merci » sont très francs – même quand elle avoue sa peur de jouer ‘Unkle Sam‘ pour la première fois, sa voix ne tressaille pas un seul instant. Elle maîtrise sa voix jusque dans ses modulations, la rend parfois sensuelle avec des effets de voix qui se révèlent félins. Le fait est que le public l’apprécie et le lui montre. Elle savourera quelques instants les applaudissements enthousiastes pour son premier concert à la Cigale.

En attendant Yodelice, nous écoutons -M- quand des murmures parcourent la salle : les yeux sont rivés sur le premier balcon pour voir s’installer Marion Cotillard et Guillaume Canet – qui a réalisé le premier clip du groupe.

Yodelice

Le chant des grillons attire l’attention du public vers la scène : dans l’obscurité, trois silhouettes se faufilent, on distingue une plume plantée dans un chapeau melon. Une grosse caisse se fait entendre, la première chanson commence et tourne vite à s’y méprendre en incantation à l’esprit de la forêt incarné par les arbres sur scène. Maxim articule ensuite quelques arpèges jusqu’à ce que la salle reconnaisse ‘Insanity’.

Après ‘Noise’, Maxim sort sa fameuse guitare en forme de tête de mort et se lance dans ‘Free’. Le violoncelliste, Sébastien Grandjambe, slappe sur son instrument et le public s’enflamme. Puis Maxim nous enjoint à chanter, danser, s’embrasser : ce sera son introduction pour ‘Sunday With a Flu’. Il la prolonge, la fait durer, l’accélère, puis revient sur le refrain pour faire chanter la salle. Un petit feu d’artifice marque la fin triomphante du single.

Sur ‘My Blood is burning’, Maxim se lâche, son solo prouvant ses talents de guitariste. Sur son visage on semble pourtant lire une déception : que le public n’ait pas autant la rage que lui. S’ensuit une sorte intermède, sur lequel les trois musiciens nous font l’honneur d’une chorégraphie et Sébastien nous fait partager sa voix d’opérette. Après une intro à la guitare flirtant avec l’Andalousie, Yodelice joue ‘The Other Side’. Pendant le solo de violoncelle, Maxim joue avec un séquenceur planté dans un arbre derrière : au beatbox, il ajoute les percus, actionnant la grosse caisse placée derrière lui, Sébastien sort un djembé et la salle entière part en transe.

Le clapotis de l’eau remplit la salle, ‘Wake me up’ commence. Sébastien joue d’une main de la caisse claire et d’une sorte de luth de l’autre main. Maxim enregistre des voix sur le séquenceur : « open the window cause i can’t breathe », les voix s’entremêlent, l’angoisse monte comme un cauchemar dont il faut se réveiller. Le réveil est très plaisant, à la faveur de la lune avec une ravissante jeune femme dans une robe vaporeuse. Le violoncelle se fait lancinant et la mélodie prend des airs d’orgue de barbarie. Elle me fait penser à la chanteuse andalouse dans la Mécanique du Cœur de Mathias Malzieu.

Nous finissons sur un très intense ‘Shadow Box’. Mais une mutinerie soulève le public pour qu’il revienne. ‘Alone’ n’étant pas suffisant pour apaiser les esprits, Yodelice enchaîne sur ‘Cloud Nine’, en compagnie de la ravissante chanteuse qui ondule pendant que les lumières se balancent. Maxim semble enfin satisfait de la réaction du public qui tape dans ses mains en rythme et chaque musicien quitte la scène sur un pas de danse. Maxim repasse dans le fond, envoyant des baisers à la foule. La foule le rappelle à cor et à cri mais les lumières se rallument.

Date : 30 novembre 2009
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5 réponses sur « Yodelice et The Rodeo à la Cigale : un sans faute ! »

Un sans faute oui, quoique je n’aurais pas placer le titre Noise en début de set mais vers la fin. Egalement pour l’ambiance. Le public ne dormait pas et a manifesté son contentement.

Ah ça non, le public ne dormait pas! mais je pense que Yodelice attendait plus de la part de la salle! Il l’a portée sur plusieurs chansons pour qu’elle se lâche.

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