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Pas de hasard chez Balthazar

© Fred Hédin

2019 marquera le retour de Balthazar avec Fever leur quatrième album. Après des albums solos pour les deux leaders du groupe et un line up modifié, ils reviennent chargés à bloc et en pleine forme. C’est dans un charmant hôtel parisien que nous avons rencontrés les rois Belges de la pop vintage pour une discussion sans tabous.

Balthazar est avant tout un prénom, doit-on voir le groupe comme une seule personne, un pour tous, tous pour un ?

Balthazar : C’est un pacte de sang ! Nous n’y avons jamais pensé de cette façon, on y a même jamais pensé tout court. Quand nous avions 16-17 ans, nous devions faire notre premier concert et l’organisateur nous demandait quel était le nom du groupe pour l’affiche. Nous n’en n’avions pas, on lui a dit « tu n’as qu’a mettre Balthazar et on y réfléchira plus tard ». Voilà ça s’est décidé en dix secondes et quinze ans plus tard c’est toujours le même.

Balthazar – Fever

Vous avez commencé dans la rue à Courtai, vous jouez à Lille prochainement et le concert est déjà complet.

Balthazar : Vraiment ? C’est cool, mais Lille est proche de la frontière, nos familles ont du acheter toutes les places pour nous faire plaisir.

La pochette de votre nouvel album est une photo de hyènes, qui en est l’auteur ?

Balthazar : Non, ce ne sont pas des hyènes, ce sont des chiens sauvages africains, ils sont en voie d’extinction et nous voulions attirer l’attention sur ce problème ! Non sérieusement, c’est une photo tirée d’un magazine, on est tombé dessus en enregistrant l’album et nous aimions la façon dont ils ont l’air de poser, comme si c’était une photo d’un groupe de musique. On s’est renseigné sur ces animaux et ils chassent leurs proies en meute sur 100 km, puis quand elles sont épuisées, ils les mangent. C’est un peu un parallèle avec la façon dont nous travaillons en équipe, chassant notre muse jusqu’à trouver la bonne inspiration.

L’album précédent avait été écrit dans un monastère, comment avez-vous procédé pour celui-ci ?

Balthazar : Nous avons commencé il y a exactement un an, nous étions tous les deux en tournée avec nos projets solos respectifs, et les périodes pendant lesquelles nous étions l’un et l’autre en Belgique étaient rares et précieuses et nous voulions en profiter un maximum, donc nous louions une maison dans les Ardennes à chaque fois que c’était possible. C’était ambiance feu de cheminée, de bonnes bières et de bons plats, nous pouvions nous concentrer uniquement sur la musique, nous avons beaucoup avancé, composé beaucoup de musique, essayé pleins de choses.

Comment composez-vous ?

Balthazar : C’est un peu comme jouer au ping pong, l’un d’entre nous lâche une idée et l’autre la reprend pour la renvoyer au premier jusqu’à ce que ce soit terminé.

Ben Hillier avait produit le précédent album, qui a travaillé sur celui-ci ?

Balthazar : Jasper Makelberg de Faces on TV, c’est un bon ami, il est de Gand, on a travaillé avec lui sur nos projets solos, c’était la bonne personne, il a la même culture que nous, le même âge, il comprend tout de suite ce qu’on veut.

Vous avez étudié la production, êtes vous très impliqué dans celle de Fever ?

Balthazar : Oui c’est exact, nous avons étudié ce domaine, nous avons produit nos deux premiers albums, mais le problème c’est que tu finis toujours par appliquer les mêmes solutions, donc c’est bien d’avoir quelqu’un qui le fasse. Jasper est dix fois meilleur que nous sur cet aspect technique, nous sommes assez mauvais sur toutes ces histoires de potards etc. En plus il est proche de nous c’est important pour nous.

Balthazar
© Fred Hédin

Il y a eu vos aventures solos et le remplacement de Patricia…

Balthazar : Nous n’avons pas remplacé Patricia, parcequ’on ne peut pas remplacer Patricia, mais nous avons un nouveau collectif avec de nouvelles personnes. Ça n’a pas vraiment eu d’effet sur l’album car nous avons écrit l’album a deux, et nous avions pas mal de partitions prêtes, nous avons invité Patricia à les jouer sur l’album.

Le nouvel album est plus joyeux si je puis dire, à quoi est-ce dû ?

Balthazar : Je pense que nous étions heureux de nous retrouver. Avec nos albums solos, nous avions chacun exploré notre coté mélancolique plus qu’il n’était nécessaire, et le fait d’être ensemble nous a donné de l’énergie.

Votre son est très 60’s, quels sont vos influences actuelles, et notamment pendant cet enregistrement ?

Balthazar : Nous essayons d’écouter le moins de choses possibles quand nous travaillons sur un album, car ça te rends fou. Nous avons toujours aimé la musique des années 60-70, ça a plus de caractère, ça sonne mieux, si tu écoutes les Stooges et que tu écoutes Nirvana, tu te rends comptes tout de suite que quelque chose a mal tourné…
– Ne dit pas des choses comme ça sur Nirvana… !
Nous ne voulons pas être une caricature de groupe vintage, mais nous utilisons les techniques de production de cette époque.

Donc vous enregistrez avec des bandes, du matériel analogique…

Balthazar : Oui ça parait très snob, mais oui, ça sonne mieux le son est tellement plus chaud. C’est moins facile qu’avec des techniques modernes mais ça fait parti du charme de cette production.

Fever de Balthazar sera disponible le 25 janvier 2019 chez PIAS.

Balthazar sera en concert les :

  • 24 mars 2019 à l’Aeronef (Lille)
  • 25 mars 2019 au Casino de Paris (Paris)
  • 28 mars 2019 à l’Épicerie Moderne (Feyzin)
  • 29 mars 2019 au Rockstore (Montpellier)
  • 02 avril 2019 au Krakatoa (Bordeaux)
  • 03 avril 2019 au Stereolux (Nantes)

Balthazar - Fever

Tracklist : Balthazar - Fever
  1. Fever
  2. Changes
  3. Wrong Faces
  4. Whatchu Doin’
  5. Phone Number
  6. Entertainment
  7. I’m Never Gonna Let You Down Again
  8. Grapefruit
  9. Wrong Vibration
  10. Roller Coaster
  11. You’re So Real

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