Les Dupont – Cineteek Rex

La French Touch a eu le mérite de dévoiler au grand public certains acteurs français de la musique électronique. Ce faisant elle a aussi laissé de côté pas mal d’acteurs du mouvement moins enclin à se reconnaître dans un mouvement qui n’en était pas un.


Les Dupont - Cineteek Rexx

Les Dupont font partie de ces musiciens qui depuis une quinzaine d’années ont su construire une carrière sans compromission aucune naviguant entre house music et musique industrielle flirtant avec le hardcore. Après un passage dans l’écurie Omnisonus Didier Blasco et Louis-Frédéric Apostoly créent leur propre label Lysis en 2002. Leur dernier album en date « Cineteek Rex » assez abrupt au premier abord se révèle au fil des écoutes tel un millefeuille sonore dont on ne cesse d’explorer la richesse. Le titre « Hiroshima », référence directe à l’œuvre de Marguerite Duras ouvre le disque et vous explose en pleine tête avec sa rythmique hardcore trépidante. On sait d’entrée de jeu qu’on ne se situe pas en terrain connu et balisé d’avance et qu’il faudra faire un effort certain. Quand on sait que 3 titres ont été enregistrés en live dans un abattoir (Theater of Pain Part 1 et Part 2, Carcasses), que Les Dupont ont intégré des œuvres de Wagner et de Prokoviev, que Deleuze fait une apparition sur « Someone else’s dream » , qu’on peut entendre l’activiste écologiste Severn Cullis-Suzuki lors de son discours au Sommet de la Terre de Rio en 1992, on se dit que Les Dupont en oscillant entre hardcore et dark-ambient nous propose un album qui mérite toute notre attention en conviant ainsi Throbbing Gristle, Coil et tonalités plus apaisées dans leur magma sonore.

Les Dupont - Cineteek Rex

Cela pourrait vous intéresser

Magenta – Un Peu d’Amour

Vidéo : Magenta – Un Peu d’Amour (avec Yoa)

Après les discours riants du duo comique Vincent Lindon et Volodymyr Zelensky sous le regard complice et ému de Thierry Frémaux en ouverture du 75ème festival de Cannes, on avait envie d’un peu d’amour, petit lâcher prise offert par Magenta avant leur nouvel EP disponible le 17 juin et en précommande ici.
Brisa Roché & IX

I want my BRMD !

Attention. Alerte OMNI. Brisa Roché & IX (prononcer ixe nous précise t-on) bousculent le dress code musical avec leur « Heavy Dreaming pop » qui ne rentre pas dans les cases.

Plus dans Chroniques d'albums

Jana Horn

Jana Horn – Optimism

On avait découvert cette voix sublime avec une invitation, Go on / Move your body. On avait évoqué Duras en écoutant la première fois son formidable Optimism. On revient sur ce disque qui depuis ne quitte plus nos oreilles et notre cœur de midinette.
Blondino

Blondino – Un paradis pour moi

Blondino fait partie de ces artistes pour lesquels la définition serait à chaque fois imparfaite, trop vague, une suggestion. Ou alors une tentative. Avec juste quelques balises, posées, lancées plutôt, vers de vagues extrémités, histoire d’en conserver l’ampleur.
Limiñanas / Garnier - De Pelicula

The Limiñanas / Laurent Garnier – De Película

Qu’est-ce qui ressemble à un disque des Jesus and Mary Chain ? Un disque des Jesus and Mary Chain. Qu’est-ce qui ressemble à un disque des The Limiñanas ? Un disque des The Limiñanas Avec De Película, les The Limiñanas signent un pacte avec Laurent Garnier et quitte les rivières pourpres de Shadow People pour […]
H- Burns -Burns The Wire

H-Burns – Burns on the Wire

H-Burns décide de prendre tous les risques et quitte l’Amérique de Jason Molina et de Rob Schnapf pour le Canada du Perdant Magnifique.