Brooklyn, encore et encore.

Retour en 2010 de Matt Berninger et de sa ribambelle de frérots qui composent The National. Et come back de la doublette The National/ Peter Katis. Celle ci est coupable d’avoir réalisé l’un des plus beaux albums de 2007. Car mine de rien, The National fait monter la pression à chaque nouvel album. Le parcours parfait. Alors que certains bleu-bites doivent résoudre la question « Comment ne pas planter le deuxième album en espérant que celui-ci ne soit pas le second? », The National en est au stade de l’équation : »Comment remettre le couvert correctement avec ce cinquième album? ».

La Berninger Company évite donc soigneusement de prendre le chemin de la révolution. Rien de nouveau sous la pluie. On reprend les mêmes ingrédients et on reprend les choses là où elles étaient posées.
Et l’auditeur repassera pour un morceau d’ouverture du calibre de « Fake Empire ». « Terrible Love » est un pétard mouillé. Où est le spleen de 2007, où s’est perdue l’intensité dramatique d’un « Abel »?
Le drame commence à pointer le bout de son nez. Les premières écoutes peuvent laisser dubitatives. On a envie de dire « Et? « .

Et puis l’affaire commence à prendre tournure. Un type comme Berninger,  un escadron comme The National ne peut pas être foncièrement mauvais. Il y a quelque chose. Et ce quelque chose, c’est le temps. Il faut y revenir plus d’une fois pour mettre à mal cette montagne de High Violet. C’est peut être le versant Conversation 16 qui rend l’ascension possible. Un versant pop. Comme nous avez prévenu Berninger. Et la magie commence à opérer. Bloodbuzz Ohio et ses touches de piano entêtantes et sourdes, les cantiques de « Afraid of Everyone ». Les charmes se révèlent peu à peu.

Finalement, les choses sont simples. Une bonne chanson de The National… est une chanson de The National. Il y a cette petite chose, perdue entre le E Street  Band et Curtis, qui fait qu’on identifie la chose immédiatement. Une véritable identité. Quel groupe peut sortir une chanson du calibre de « England » en 2010? Un titre qui possède cette fausse joie, ces accents élégants, cette richesse instrumentale? La réponse est dans le titre.

High Violet est plus compact que la précédente livraison. Plus sauvage. Complexe. Un disque aux mélodies enchevêtrées et perdues dans les rues de New York. High Violet allie ces moments pop (dixit qui on sait) et un lyrisme crâneur (« Sorrow »). Quelle claque…

Tracklist : The National - High Violet
  1. Terrible Love
  2. Sorrow
  3. Anyone's Ghost
  4. Little Faith
  5. Afraid Of Everyone
  6. Bloodbuzz Ohio
  7. Lemonworld
  8. Runaway
  9. Conversation 16
  10. England
  11. Vanderlyle Crybaby Geeks

Sortie le 11 mai 2010.