Peter Gordon & Love Of Life Orchestra

Les français ont toujours eu un rapport un peu compliqué avec la musique. Prenons le disco par exemple, pour la majorité des gens ça va se résumer à Boney M, Village People, Claude François et ce genre de choses qu’on s’acharne à vouloir exhumer du passé, un passé peu glorieux qu’il vaudrait mieux enterrer. Pour une autre frange de gens, les rockeurs indés par exemple, le disco c’est beaucoup de choses sauf de la musique. Bref, dans notre beau pays on comprend mieux pourquoi même dans les années 70, il n’y avait qu’une petite part du public qui a pu avoir accès à certaines perles qu’on ne cesse de redécouvrir aujourd’hui alors que la plupart de leurs auteurs sont aujourd’hui décédés.


Peter Gordon & Love Of Life Orchestra

Pour bien comprendre, il faut s’imaginer dans le contexte d’une grande ville comme New York dans ces années là, ça bouillonne, ça grouille de monde, ça crée à tout va, ça se mélange sans se poser de questions. Le rock, le jazz, le funk, le disco tourbillonnent et ça donne des groupes comme Peter Gordon & Love Of Life Ochestra.

Peter Gordon & Love of Life Orchestra – Beginning Of The Heartbreak / Don’t Don’t

Bon, je vais pas faire le malin en disant que mes années 70 a moi ont été bercé par ce groupe, je n’en avais jamais entendu le moindre son jusqu’à ce que Fabric confie les rênes de leur 36ème compilation mixée à James Murphy et pat Mahoney en 2007 puisqu’ils avaient placé deux titres en ouverture et clôture du disque. James Murphy a donc décidé en ce beau mois d’octobre de nous offrir une anthologie et non des moindres de ce méta-orchestre aux multiples talents. Sur ce disque, on croise David Byrne, Arto Lindsay, Arthur Russell, David Johansen et les fondateurs Gordon et David Van Tieghem. C’est un beau voyage dans le temps que nous offre Peter Gordon, saxophoniste de son état, à une époque où la musique n’avait pas de barrières ni de frontières, où les musiciens n’avaient pas d’œillères greffées qui les empêchaient de voir plus loin que leur nez. Peter Gordon a étudié la musique en Californie avec Terry Riley et Robert Ashley entre autres, c’est à New York qu’il décide de mettre en œuvre ce que lui ont enseignés ces maîtres de la musique minimaliste et électronique. Dans le bouillonnement artistique que sont les années 70, il accouchera de plusieurs disques sous divers noms à la croisée des genres : Star Jaws, Still Life and the Deadman (avec le Balanescu String Quartet)… Il serait grand temps de se pencher sur le travail de cet artiste hors-norme dont la musique 30 après sonne étonnamment actuelle. La Funk Mob a intitulé un de leurs maxis « Casse Les Frontières, Fou Les Têtes En L’Air », belle profession de foi qui a été peu suivie d’effets dans la musique actuelle…

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