Ray Davies – See My Friends

chronique : Ray Davies - See my friends Les fans des Kinks auront donc tout subi. On ne refait pas l'histoire. Ray Davies tourne à sec depuis 971 et l'album Muswell Hillbillies. Depuis tout ce temps, les Kinksiens écoutent religieusement Arthur et le Village Green dans leur coin, dans leur lit, dans leur bagnole... ou en concert quand l'ami Ray fait une tournée pour défendre un album solo. Il y a quelques mois, la presse anglaise s'est excitée comme elle seule sait le faire concernant une hypothétique reformation des Kinks. L'autre Davies vient de siffler la fin du match via le N.M.E. : "The Kinks will never reform". En l'échange de cette bonne nouvelle, Ray la chouette nous balance une nouvelle aventure solo. Monsieur a décidé de reprendre quelques classiques de l'époque bénie avec ses amis.

Ray Davies

Bon Jovi est de la partie. Sueurs froides. On assiste, médusé, à un salopage en règle de Celluloid Heroes (que la perruque laquée avait déjà eu le toupet de reprendre il y a quelques années). Le carnage continue avec les carnassiers de Metallica qui se font les crocs sur You Really Got Me. Certes le choix est bon. Mais ces bouchers réduisent le morceau en un vulgaire steack haché pour hamburger frelaté.

Ray a aussi recruté des jeunes premières. Amy Mac Donald et son joli minois. Non contente d’avoir déjà mis le grappin sur Weller et les types d’Ocean Colour Scene, elle se retrouve en compagnie du patron et de son Dead and Street. Une version pour pub de la banlieue de Glasgow. Ou pour une pub de couches pour vieux. Quant à Paloma Faith, elle tente de suivre le rythme de Lola et semble bien perdue.

Les Mumford and Sons, nouvelle coqueluche anglaise, tentent de redorer le blason de cette compilation avec Day/This Time Tomorrow. Le fameux banjo et le timbre de Marcus Mumford sont bien présents. Mais la folie ambiante de leur folk crasseux est restée à la porte et ils se contentent d’un faible exercice de recopiage.

Attendu comme le moment de bravoure du disque, Waterloo Sunset et Jackson Browne taclent l’auditeur et s’avèrent d’un ennui odieux.

Les bonnes reprises font donc office de bonnes surprises.

Un des bons moments vient de All Day And All Of The NighDestroyer avec Billy Corgan. Un exploit. Voilà deux types en panne d’inspiration depuis une paire d’années qui voient leur voix se marier à merveille et envoient les décibels au paradis des Mods.
This Is Where I Belong avec Black Francis vaut aussi le détour. En espérant que ce dernier n’aura pas la même idée pour ses Pixies.

Le Boss mettra encore tout le monde d’accord avec une version alléchante de Better Things, morceau qui clôture l’album Give The People What They Want. Comme quoi, on peut s’arrêter à la première piste d’un disque et ne pas le regretter.

Pouet? Tsoin. Évidemment.

Plus dans Chroniques d'albums

Jana Horn

Jana Horn – Optimism

On avait découvert cette voix sublime avec une invitation, Go on / Move your body. On avait évoqué Duras en écoutant la première fois son formidable Optimism. On revient sur ce disque qui depuis ne quitte plus nos oreilles et notre cœur de midinette.
Blondino

Blondino – Un paradis pour moi

Blondino fait partie de ces artistes pour lesquels la définition serait à chaque fois imparfaite, trop vague, une suggestion. Ou alors une tentative. Avec juste quelques balises, posées, lancées plutôt, vers de vagues extrémités, histoire d’en conserver l’ampleur.
Limiñanas / Garnier - De Pelicula

The Limiñanas / Laurent Garnier – De Película

Qu’est-ce qui ressemble à un disque des Jesus and Mary Chain ? Un disque des Jesus and Mary Chain. Qu’est-ce qui ressemble à un disque des The Limiñanas ? Un disque des The Limiñanas Avec De Película, les The Limiñanas signent un pacte avec Laurent Garnier et quitte les rivières pourpres de Shadow People pour […]
H- Burns -Burns The Wire

H-Burns – Burns on the Wire

H-Burns décide de prendre tous les risques et quitte l’Amérique de Jason Molina et de Rob Schnapf pour le Canada du Perdant Magnifique.