Phoebe Jean And The Air Force – Heartbreakers

Phoebe Jean & The Air Force - Heartbreakers
Queen Mafalda 04/06/2012

Phoebe Jean & The Air Force - Heartbreakers

Phoebe Jean & The Air Force est de Baltimore. Comme Beach House et Animal Collective. Mais la chanteuse n’a pas grand chose à voir avec ces deux groupes. Oui parce que malgré son nom, Phoebe Jean & The Air Force est un One Woman Band. Enfin pour l’instant. Parce que de son propre aveux, Phoebe Jean cherche trois musiciens. Une section rythmique. Trois mecs qui joueraient de la batterie comme personne. En attendant, Phoebe Jean voyage dans tous les US. Son premier album, Heartbreakers, est composé entre Paris, Berlin et Los Angeles. C’est peut être de là que lui vient son style musical, véritable collage d’esthétiques contemporaines.

Phoebe Jean & The Air Force

Day is gone est son premier single. Morceau électro groove qui devrait faire un véritable carton dans les clubs. Vraie invitation à la danse, entre grosse basse et gimmick de synthé, ce morceau catchy est suivi par le non moins efficace Luvz 4 Real. Phoebe Jean And The Air Force oscille entre force et délicatesse (King Size Bed ou le déroutant instrumental Circle One).
Electro, Pop, Hip hop, Trip hop, touche indus, dub… Phoebe Jean And The Air Force a oublié d’être monotâche. La seule constante c’est un groove indéniable, aussi bien dans le flow que dans les instrus. Un son presque Lo fi, loin des supers productions électro qui donne à l’ensemble une couleur authentique et brute. Sensation encore exacerbée par la voix de Phoebe Jean ; une voix serrée et intense qui chante aussi bien qu’elle rape.

Phoebe Jean And The Air Force – Day Is Gone

Le 2 Juin, Phoebe Jean And The Air Force était au club parisien l’International. La petite foule, très féminine, par un mécanisme physique encore inexpliqué mais très courant, fuit les abords de la scène pour laisser un arc de cercle vide. Qu’à cela ne tienne. Phoebe Jean tourne les retours et jouera là, dans la salle, au milieu du public. Pour l’occasion, ses compositions revêtent des sonorités qui oscillent entre hip hop plus ou moins vintage et Dub step fusionné à de la Drum n bass. Phoebe Jean sautille, frétille, balance et ondule son long corps au look Pop/Hip hop/ Hipster, tente des acrobaties à demi foirées, joue de pauses gangsta rap, quand elle ressemble plus à une jeune femme fraiche et presque naïve, un peu lunaire. Sur scène, Phoebe Jean à l’air de s’amuser autant que nous et semble n’être guidée que par l’envie et la spontanéité.

Phoebe Jean And The Air Force est probablement le résultat de son temps et Heartbreakers propose une bande son pour jeunes urbain(e)s bien encré(e)s dans son époque. La chanteuse de Baltimore est déjà annoncée comme la star montante du milieu underground par le New York Times. Ses tournées se font entre club électro plus ou moins underground et évènements LGBT. En France la communauté lesbienne l’a déjà adoptée et son set à la Wet For Me (soirée du collectif Barbieturix) le 24 Mai a ravi l’assistance. Il y a fort à parier qu’on parlera d’elle cet été. Espérons juste qu’elle ne sera pas qu’un produit de saison.

Discophage et habituée des salles parisiennes, Queen Mafalda donne son avis, surtout si on ne le lui demande pas.

Un avis, un commentaire ?

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


A lire dans “Chroniques d'albums

Marie-Flore - Braquage

Marie-Flore – Braquage

Marie-Flore raconte. Et son Braquage est une histoire. Celle d’un court-circuit. D’une sortie de route. Sans trace de freinage. Ou alors si peu. Braquage, c’est l’histoire d’un tir dans le noir. D’un amour. C’était un jour, un peu d’espoir. Une histoire brutale. L’amour qui frappe et qui fait mal. Celui en qui, cette fois, on…

Mark Lanegan Band - Somebody's Knocking

Mark Lanegan Band – Somebody’s Knocking

Toc toc toc, revoilà l’ex Screaming-Trees Mark Lanegan. Composé en onze jours à Los Angeles (ville adoptive de l’artiste depuis 22 ans), Somebody’s Knocking a le mérite de remettre les pendules à l’heure et séduira les fans historiques tout comme les fantatiques de Depeche Mode.

Big Thief - Two Hands

Big Thief – Two Hands

Le robinet est ouvert… Il faut donc savoir en profiter. En quatre ans, les Big Thief ont publié quatre albums qui ont le chic d’être différents les uns des autres et de fascinants. Cinq albums si on compte le disque solo d’Adrianne Lenker, chanteuse et plume du groupe.

Chevalrex - Amiral Pop

Chevalrex – Amiral Pop

Avant de clôturer l’année 2019 de fort belle manière le temps d’un concert au 104, Chevalrex revient avec un EP, Amiral Pop et continue de flotter au dessus des flots.

Jonathan FireEater’s -Tremble Under Boom Lights

Jonathan Fire*Eater ‎– Tremble Under Boom Lights

Third Man Records fait oeuvre d’utilité publique en rééditant Tremble Under Boom Lights des feux Jonathan Fire*Eater. Sans ces derniers, Paul Banks (Interpol) serait resté seul avec ses boutons d’acné et les Yeah Yeah Yeahs ne seraient pas sortis de leur local de répétition. Vénérés (et pillés) par les Strokes, les Jonathan Fire*Eater furent le…

Mark Koelek and Petra Haden - Joey Always Smiled

Mark Kozelek with Petra Haden – Joey Always Smiled

Cinq mois après la sortie du mitigé I Also Want To Die In New Orleans de Sun Kil Moon et cinq mois avant la sortie du très attendue Mark Kozelek with Ben Boye and Jim White 2, Mark Kozelek, on se voit dans l’obligation de coller cinq sur cinq à la nouvelle collaboration de l’ex…

Champs

Champs – The Hard Interchange

Comme la fratrie White des Electric Soft Parade, la fratrie Champion ne nous a jamais déçus. Depuis 2013, Michael et David Champion, écrivent des petits merveilles pop qui font de Champs une machine à tubes.

Ilgen-Nur - Power Nap

Ilgen-Nur – Power Nap

Originaire d’Hambourg, Ilgen-Nur a 21 ans et vient d’écrire 10 belles chansons qui devraient faire plaisir à tous nostalgiques des 90’s et les fervents défenseurs d’une idée du rock.

Liam Gallagher - Why Me Why Not

Liam Gallagher – Why Me ? Why Not

Après le succès (inattendu) de son premier disque solo (As You Were – 2017), Liam Gallagher remet le couvert, gonflé à bloc, avec Why Me ? Why Not.

Metronomy – Metronomy Forever

Joseph Mount a quitté Montmartre avec femme et enfants pour retourner s’installer en Angleterre, son pays natal, mais n’a pas changé de quête : écrire la chanson pop ultime.

L'épée -Diabolique

L’Épée – Diabolique

The Limiñanas font des disques formidables. Emmanuelle Seigner fait des disques formidables. Anton Newcombe fait des disques formidables. Diabolique de L’Épée est donc un disque formidable.

Blueboy – If Wishes Were Horses

Publié en 1992, If Wishes Were Horses des Blueboy était devenu un disque qui coûtait une blinde sur le marché de l’occasion. Il ressort aujourd’hui à un prix tout à fait abordable grâce au label australien A Colourful Storm.

The Slow Show - Lust and Learn

The Slow Show – Lust and Learn

Avec ce troisième album, les Mancuniens The Slow Show réalisent un joli coup voire un coup de maître. Lust and Learn est peut-être le meilleur disque de cette rentrée. Et ce n’était pas gagné…

Life - A Picture Of Good Health

LIFE – A Picture Of Good Health

Passés inaperçus avec un premier album (Popular Music – 2017), LIFE remet le couvert cette année et devrait se faire une place au soleil avec leur nouveau bébé. A Picture Of Good Health gueule, braille et est tout sauf sage. Et on ne peut s’empêcher de l’aimer.

Ride - This Is Not A Safe Place

Ride – This Is Not A Safe Place

On reprend les mêmes et on recommence. Ride a décidé de refaire équipe avec Erol Alkan, le producteur de Weather Diaries (2017). On reprend les mêmes et surtout on recommence avec un très bon disque. This Is Not A Safe Place réussit là où son prédécesseur échouait et surtout nous fait diablement plaisir.

Clairo - Immunity

Clairo – Immunity

Âgée de 20 ans, Clairo s’apprête à sortir son premier album, Immunity. Et comme dans Koh-Lanta, elle devrait être intouchable avec ce totem de l’immunité.

Mark Mulcahy - The Gus

Mark Mulcahy – The Gus

Mark Mulcahy est de retour cet été avec The Gus son sixième album solo. Mulcahy quitte les paysages de l’Amérique des ombres qu’il côtoyait sur son précédent disque, The Possum in the Driveway et débarque dans une librairie pour écrire des chansons inspirées par George Saunders. Le résultat est flamboyant.

Silver Jews - Purple Mountains

Purple Mountains – Purple Mountains

Il y a des disques auxquels on ne croyait plus. Celui des Purple Mountains est de cette trempe. David Berman, qui avait tiré le rideau des Silver Jews en 2008 revient avec un nouveau nom, des nouveaux musiciens et toujours les mêmes états d’âme. Et c’est foutrement jouissif.

Nev Cottee - River's Edge

Nev Cottee – River’s Edge

Révélé au « grand public » et surtout à la critique en 2017 grâce à Broken Flowers, son deuxième album, Nev Cottee revient avec River’s Edge. Les dix chansons de ce nouvel album reprennent plus ou moins la même formule magique que son prédécesseur et nous envoie dans les confins de la discographie de Scott Walker.