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Primal Scream – More Light

Primal Scream - More Light

Primal Scream - More Light
Primal Scream – More Light

Avec More Light, Primal Scream se retrouve de nouveau à un tournant de sa carrière. Son dernier disque n’a pas eu le succès escompté et Mani Mounfield, pilier du groupe depuis une plombe et un brelan de chefs d’œuvre, est redevenu tout simplement Mani.
Bobby Gillespie se retrouve donc le cul entre plusieurs chaises. Remplacer un bassiste dont la présence avait donné une sérieuse ampleur au son du groupe et donner une suite à ce Beautiful Future, croisement sympathique mais bien inoffensif de Riot City Blues et de XTRMNTR.
Le caméléon écossais s’en est royalement tiré.

Exit le très bankable Paul Epworth et les espoirs de conquête des charts. Avec Primal Scream, le producteur fait souvent le moine : Drakoulias les transforme en groupe sous perfusion stonienne, Brendan Lynch et Kevin Shields les muent en groupe électro toxique.
Primal Scream a recruté David Holmes, DJ nord irlandais et compositeur de bandes originales de film à l’occasion (Hunger de Steve Mc Queen et les Oceans de Steven Soderbergh). More Light peut donc se comprendre comme un film (il en a quasiment la durée) et se drape dans des habits de thriller paranoïaque.

Discographie

2013, générique de neuf minutes, permet de comprendre d’emblée que le Bobby est en forme: Twenty-first century slaves, a peasant underclass en guise d’ouverture et diagnostic implacable “final solution, a teenage revolution… Equalise! No more lies! ». La fameuse règle de « Primal Scream réussit un album sur deux » se vérifie de nouveau ici. 2013 surclasse de plusieurs coudées les tentatives ratées de ces dernières années.
Hit Void réussit là où Beautiful Future se plantait royalement: Stones, Stooges et Suicide viennent faire ripaille au banquet dressé par Andrew Innes.

Primal Scream – 2013

More Light possède ses travellings (Tenement Kid, Walking With The Beast et Culturecide) et reprend les thèmes de prédilection du Bobby de XTRMNTR. Monde apocalyptique, centre ville pourri, Gillespie se fait de nouveau le chef d’orchestre d’une révolte de la jeunesse tant espérée.

Vingt deux ans après la publication de Screamadelica, Primal Scream court vite. Trop vite peut être. Car il faut les suivre les vieux. Quelques temps morts (It’s alright, it’s Ok, hymne branleur d’école) ponctuent les courses poursuites du disque (Invisible City et ses lignes de basse géniales). Les non initiés pourraient rapidement décrocher de l’affaire et ne pas attendre le dénouement. Lourde erreur.

Les saillies électro (le cauchemardesque Culturecide) et les coups de sax’ font de More Light une petite bombe nucléaire.

Primal Scream redevient le groupe le plus cool et le plus dangereux de la planète.

KILL ALL HIPPIES comme dirait l’autre.

Primal Scream – Invisible City

Primal Scream – 2013

Liste des titres

Disque 1 :

  1. 2013
  2. River of pain
  3. Culturecide
  4. Hit void
  5. Tenement kid
  6. Invisible city
  7. Goodbye johnny
  8. Sideman
  9. Elimination blues
  10. Turn each other inside out
  11. Walking with the beast
  12. Relativity
  13. It’s alright, it’s ok

Disque 2 :

  1. Nothing is real / nothing is unreal
  2. Requiem for the russian tea rooms
  3. Running out of time
  4. Worm tamer
  5. Thème from more light
  6. 2013

Primal Scream – More Light
9/10
Pouet? Tsoin. Évidemment.
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