Point d’entrée en douceur pour la troisième édition du festival This is NOT a love song.

    Du lourd, déjà du très lourd pour le premier jour du seul festival immanquable de ce presque début d’été, TINALS pour les intimes. En arrivant sur le site, on découvre un superbe jardin éphémère aménagé pour que l’on se sente bien, entre flamands roses, fleurs géantes colorées, coussins pour buller, balançoires pour s’amuser sans gravité, jeunes filles couronnées de fleurs, jeunes garçons aux free hugs tagadas. Mais la musique irradie bien vite l’horizon, Fucked Up et son punk féroce et rageur annonce une soirée tonitruante et électrique. Pendant qu’Ought séduit le club déjà bondé et surchauffé, la folie douce du sinoque et bidouilleur de sons Dan Deacon met une première gifle au public nombreux de la scène Flamingo.

    Ce n’est que le début d’un passage à tabac musical en règle, il suffira d’un Swans en grande forme loué aussi bien par Thurston Moore que John Dwyer un peu plus tard dans la soirée pour voir décoller le festival. Au même moment, venue de Vegas, la révélation Shamir faisait chavirer la grande salle transformée en dance floor avec une pluie de tubes issue de son premier album Ratchet fraîchement sorti la semaine dernière dont ce hit, On the regular.

    Le temps de boire 20 cl de bière et l’on retrouve l’immense Thurston Moore qui pourrait être un flamand rose si sa musique n’était pas si abrasive. Entouré de Steeve Shelley affûté sur ses fûts, le regard bienveillant sur son acolyte de jeunesse, de l’immense Debbie Googe, bassiste de My Bloody Valentine et de James Sewards pour les duels de guitare, l’ex Sonic Youth a sans aucun doute bu toute l’eau de la fontaine de jouvence. Il annonce simplement d’emblée « nous sommes un groupe de rock » et il n’y a pas tromperie sur la marchandise, le quatuor dégaine quelques titres de The best day et défouraille un rock puissant, électrique, éclectique, hypnotique, héroïque. Sur The best day, qui donne son titre à son quatrième album solo, Thurston Moore chante Here’s a man who’s done it all, il n’a pas tort, il n’a plus rien à prouver, « on s’amuse beaucoup, mais sérieusement, parce qu’on n’est plus des gamins ».

    Thurston Moore – Speak To The Wild

    Un petit saut pour écouter Gaz Coombes et se dire que « c’était mieux avant » quand l’herbe était plus grasse et verte, et que l’on a pas sa carte à la WWF, que l’on pratiquerait bien la chasse au Caribou, « génie de l’électro » et l’on se retrouve pour le bouquet survolté final avec le garnement John Dwyer et sa troupe des Thee Oh Sees, son bassiste en furie, ses deux batteurs métronomiques sans clics, malmenant leurs instruments comme pour abattre toutes les forêts avoisinantes. Un set dantesque et sonique comme à son habitude, plongeant l’audience dans une transe extatique source du torticolis du lendemain, surtout pour le pauvre spectateur sorti de la scène sans ménagement mais avec beaucoup de difficultés malgré la bonhomie d’un John Dwyer, perché mais humain.

    To be continued…