Matt Low sort enfin de l’ombre. Guitariste du Klondike musical auvergnat, il joue ou a joué dans des formations aussi séduisantes que les Kissinmas, le Delano Orchestra, Niandra Lades, le génial et très attendu Garciaphone et bien sûr avec Jean-Louis Murat.

Le premier EP de Matt Low, Banzaï vient de paraître chez Pias au triple galop. Une voix profonde, une guitare aérienne, des cordes tendues, des mots limpides, Matt Low séduit par sa simplicité entre terre et ciel. « En Auvergne, il y a plus de montées que de descentes » assurait Alexandre Vialatte. On souhaite à Matt Low de gravir la montagne de la reconnaissance.

Commençons par le commencement :-) Matt Low ? Matelot ? peu de navires à Clermont pneu city ;-) d’où cela vient ?

Matt Low, oui. C’était mon surnom quand je jouais dans les Kissinmas, c’est resté. Tout le monde m’appelle comme ça depuis longtemps. Quant à mon passé dans la marine, je ne m’étendrai pas là dessus.

Tu as 34 ans étais-tu à ce fameux concert d’Elliott Smith tellement fondateur apparemment sur Clermont ?

Oui j’y étais ! Un sacré souvenir. Le concert était magnifique, acoustique et électrique. Elliot Smith avait rempli un chapeau de petits papiers avec les titres de ses chansons et nous faisait piocher dedans. On était fou ! J’ai envoyé ma sœur lui demander un autographe, je n’osais pas y aller moi même… c’est con.

Quel est ton premier souvenir de Jean-Louis Murat ?

Il fut un temps où on avait de la musique à la télé. En l’occurrence j’étais tombé sur Parfum d’acacia une nuit sur M6 (!!). J’étais scotché. La bonne équipe : Jean Louis Murat, Stephane Raynaud, Fred Jimenez et Moniseur Christophe Pie.

Matt Low © Wallendorff

Comment s’est passée votre collaboration ? La musique avant les textes ? l’inverse ? Murat a écrit pour d’autres mais pas sur un long format ? C’est du Murat ou du Murat qui se met à ta place, qui t’a cerné ?

J’ai envoyé des musiques (guitare et chant) à Jean-Louis qui a écrit les textes sur cette base. Ça a collé directement. Et il m’a bien cerné,oui. Mais tout ça s’est passé, et se passe,très naturellement, loin de toute réflexion.

As-tu eu un regard sur les thématiques ou tu as découvert les titres totalement écrits ?

J’ai découvert les textes écrits. C’était parfait. Très simple, très dépouillé et très intime. A chaque fois un « paysage » se dessine avec quelques mots, sans qu’un sens particulier s’en dégage nécessairement.

Quel est ton vers préféré écrit par Murat (j’avoue beaucoup aimer « Nu au creux de tes bras, tout devient vrai ») ?

Oui celui là est bien. Apparemment tu n’es pas le seul à l’aimer parmi tes confrères. J’aime le chanter aussi.

Quel rôle a eu l’enregistrement de Babel dans votre cheminement ?

Me donner la confiance en moi. En bossant avec Jean-Louis, je me suis senti libéré de plein d’habitudes de travail, de conneries qu’on accumule en tant que « jeune » musicien à force de trop cogiter, et de faire 38 répètes pour 2 concerts. C’était super fun, tout simplement.

Quel apport de Peter Deimel au studio Blackbox, près d’Angers ?

Peter a fait un son génial. Je voulais vraiment bosser avec lui. Je savais que ça le ferait, on s’entend super bien. C’est important de s’entourer de gens certes doués, mais aussi avec qui on se sent bien, pour pouvoir se concentrer uniquement sur la musique. Sur le disque, j’entends l’endroit, j’entends le bois, j’entends les mecs jouer, ça me plait.

Tu as enregistré nu pieds ?

Heu … oui principalement. On a enregistré cet été, il faisait beau. Dés que je suis à la cambrousse, j’oublie les chaussures.

J’aime beaucoup le son de ta guitare, tu joues sur quoi ? il y avait une volonté particulière d’une sonorité ? d’un univers ?

J’ai testé pas mal de guitares à Black Box : Fender Jaguar, Deimel Jazzmaster, Telecaster,… et une vieille acoustique Yamaha. J’aime bien ça mais je ne suis pas un geek du matos, ça m’intéresse de loin. Je fais avec ce qu’il y a, je fais mes réglages vite fait. Je ne me dis jamais à l’avance, « tiens ce serait cool d’avoir un son comme ça pour telle partie ». Je laisse le « cerveau « en dehors de cette affaire.

Cet EP annonce donc un album qui sort quand ? comment se passe la collaboration avec PIAS, c’est pas mal pour « débuter » ?

Pas de date prévue pour un album encore. Ca se passe très bien avec PIAS, je suis très content. Effectivement ,débarquant de nulle part en solo , je me sens un peu veinard.

Comment fais-tu pour faire partie des formations les plus intéressantes du moment ? tu as plusieurs vies ? tu as le don d’ubiquité ? ou peut être tu as enfin découvert la téléportation ? C’est le retour de la « scène clermontoise » qui s’était un peu étiolée ?

Je ne sais pas… C’est vrai qu’il y a de bons groupes à Clermont. Quant à moi, je me laisse porter par mes goûts et les rencontres. Je me fais confiance de ce point de vue là. Et j’apprends beaucoup comme ça. De toutes façons, plus on fait de choses, plus on a de temps.

Écoutes-tu des gens de ta génération qui chantent en français ? des références ?

Non … à part Pain-Noir, de fait. La musique que j’écoute est à 97,6 % anglophone.

Tu es plus Spliff ou Fnac ? Vinyle ou CD ou numérique ?

Je bouffe à tous les rateliers. Du moment que je n’écoute pas sur un ordi, ou sur un téléphone.

Ton premier disque ? ton dernier disque acheté ?

Mon premier CD c’était Fous à lier des Innocents. Mais bon … je n’ai pas vraiment de « premier disque », il y a toujours eu de la musique chez moi. Dernier disque acheté : le dernier Blur.

Ton Murat préféré ?

Mustango.

Jean - Louis Murat - Mustango

Tu vas jouer aussi sur le projet Pain-Noir ? ou en est le projet Garciaphone ? Quelques mots là dessus ?

Oui je vais jouer de la basse avec Pain-Noir. J’en suis ravi, il y a une bonne équipe et un bel album à jouer. Il n’y a presque pas de basse sur le disque, du coup je fais ma vie, j’aime bien ça. Sur Garciaphone, Olivier (Perez) bosse sur des nouveaux morceaux, et comme toujours avec lui, mais encore plus cette fois, ça va être incroyable. Il est hallucinant mais en France, beaucoup de gens souffrent de la maladie des oreilles en carton.

Tu as fait Peu de concerts en tant que front man, tu stresses ou tu as hâte ?

Le dépucelage s’est bien passé. La peur et l’envie s’entendent bien. J’ai hâte d’y retourner, cela me change la vie.

J’ai cru comprendre que tu étais fan de basket ? une équipe préférée ?

Tu es bien renseigné dis moi ! Oui j’aime le basket, et je suis bien content que Golden State soit champion. Un argument de plus pour San Francisco.

Le concert rêvé à écouter cette année ?

Crazy Horse !!!!

Un groupe à mettre en avant ?

Dragon rapide !

Dragon Rapide - Spinning Top


Dragon Rapide - I don't want to


Dragon Rapide - Odyssey


Dragon Rapide - Out of time

Le premier EP de Matt Low, Banzaï est sorti chez Pias.

Matt Low - Banzaï

Matt Low sera en concert avec Jean-Louis Murat le :

  • 3/11 à Grande Synthe (Palais Du Littoral)
  • 4/11 à Armentieres (Espace Culturel Le Vivat)
  • 12/11 à Chambéry (Espace Malraux)
  • 13/11 à Guéret (Salle Polyvalente Espace André Lejeune)
  • 14/11 à Clermont-Ferrand (Le Puy de la lune) avec Sarah MCoy.
  • 22/12 à Clermont-Ferrand (Le Baraka) avec Le Grand Fusil.