Justice, ces pointures de l'electro qui restent toujours assez rock pour ne pas se perdre dans le mainstream, étaient plus qu'attendus pour la sortie de ce nouveau disque dont on parle déjà depuis plusieurs mois. Ça y'est, Woman is out, et il semble que la jolie créature musicale n'ait pas déçu son peuple. SK* s'est penché dessus et vous donne son avis.

Entre rondeurs soul et brutalité électrisante : une femme à plusieurs facettes

L’album oscille quelque part entre une violente puissance, une noirceur brillante, entrecoupée de reflets lumineux. Voilà une épopée dans les limbes du mystique comme seuls les Justice savent entreprendre.

Le premier extrait qu’ils nous avaient fait découvrir était Safe and Sound avec ses grosses basses et ses teintes soul. Ils avaient d’ores et déjà donné le ton à ce qui allait suivre sur l’album, tout en préservant la patte Justice, tant attendus par leur fans durant ces quelques années d’absence. Dès la première écoute de ce premier extrait, on sent que quelque chose d’explosif se prépare.

Discographie

S’ensuit alors le titre disco pop de l’album : le délicieux Pleasure, qui nous amène sur des chemins plus joyeux, solaires, avec une certaine sensualité. Basses toujours bien présentes, celles-ci donnent le sourire. On se croirait presque dans un club disco des années 80, de l’autre côté de l’atlantique, à danser dans une vapeur de chaleur humaine toute en proximité. Un plaisir accentué par la jolie voix de Morgan Phalen du groupe Glam Diamond Nights, tout ça à la sauce électronique de Justice. Bien joué !

Justice – Safe And Sound

Abracadabra

L’étonnant Alakazam est arrivé peu avant la sortie de l’album, à l’apogée d’une attente qui rendait le public bouillant d’impatience. Après l’écoute des très bons Safe and Sound et Randy, ils nous ont finalement lâché ça. Ce son aux allures de BO de science fiction transporte illico dans un univers parallèle. On monte dans un vaisseau et l’on est propulsés vers le ciel, dans une folle course poursuite, sur fond de conquête spatiale électrique. On se croirait dans le niveau final d’un vieux Crash Bandicoot du début des années 2000 dont ils auraient fait un truc complètement magique : Alakazam, Abracadabra et chapeau bas pour un titre qui nous aspire instantanément dans un vortex rétro-futuriste, aller sans retour vers une destination sans nom, et que nous suivons sans protestation. Confiance aveugle accordée aux guides dès la 3ème chanson, le voyage interstellaire sera long.

Justice – Alakazam

Si les flammes pétillantes et groovy à souhait de Fire ne m’ont pas laissée indifférente, c’est après que mon cœur balance : entre Stop et Randy, je ne pourrai décemment avoir de titre favori.
Si Stop est un minimalisme pour Justice, sa force de frappe n’en est que décuplée. Elle tombe à pic dans un album où on ne l’attendait plus : si l’on ne savait plus où donner de la tête parmi toutes les tribulations explosives de Woman, voilà une pause qui nous remet à notre place et met tout le monde d’accord. Simple, efficace, une funk électronique mais sans fioritures, dont le refrain reste en tête et se veut léger. Succès assuré pour cette parenthèse assumée.

Et puis je parlais évidemment de Randy, titre complètement dément, écouté en boucle lors de sa sortie, et qui m’a définitivement convaincue que l’album serait à la hauteur de nos espérances, à l’image de la pépite qu’en était cet extrait. Indéfinissable, rock, énergique, et pourtant tellement chill sur le refrain avec ses vocals en envolées lyriques. Une dynamique qui tape et donne envie de prendre une grande bouffée d’air, twister en rythme et s’envoler à grands coups de synthés chaloupés et de riffs aiguisés.

Justice – Randy

Je suis cependant obligée de revenir sur Chorus, cette explosion démente aux allures d’opéra sous décharge, qui fait monter l’adrénaline et la pression, non sans passion, dans une course effrénée. Mais attention, ce n’est que les prémices, car voilà qu’arrive alors la folie, la vraie, le délire à son apogée. Phrases, formes, cadres et règles seront inutiles, je me contenterai de mots pour définir Heavy Métal, l’insoumise, paradoxe pour qui se fait appeler Justice : Symphonique – Métallique – Oppressant – Galactique !

Puis vient la suite. Sirènes, détresse, Love S.O.S. Cet appel à l’aide nous touche au(x) c(h)oeur(s). Urgence, vitesse, on court après le bonheur à l’écoute de cette alerte porteuse d’espoir. Spleen poignant et mélancolie terrifique.
L-o-v-e-s-o-s, chaque lettre claque, et sous ses allures d’électro-pop facile, le slow nous met une claque, sans crier gare, il nous embarque. Il ouvre parfaitement la voie à la clôture de l’album, Close Call, ce voile noir aux notes rétros, dont la torpeur nous embrume touche par touche, floutant le peu de raison qu’il nous reste après la traversée d’une telle épopée.

Planante mais sombre cette balade presque ecclésiastique, répétitive mais évolutive fait gronder ses notes orageuses et étoilées. Si l’on pensait finir tranquillement ce voyage, Close Call nous entraîne bien plus en profondeur, entre les strates d’un hémisphère toujours plus impalpable. Et lorsque les dernières notes s’arrêtent et qu’il faut rouvrir les yeux, bien loin de la terre, sur une autre planète, les connexions ont du mal à se faire, et l’on semble partagé entre révélation soudaine et grand mystère sur toute la traversée que l’on vient de faire.

Justice - Woman

Justice – Woman
8/10
Batteuse et passionnée de musique depuis toujours, constamment à la recherche de nouvelles pépites. Un penchant particulier pour les sonorités rocks /indies /psychés et autre dreampop électronique et bizarroïde.

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