Rock en Seine 2017

Franz Ferdinand @ Rock En Seine 2017© Antony Chardon
Noémie - 29/08/2017

Une fois encore cette année, SK* a investi le classique festival parisien de fin de saison. En effet, pour terminer l’été en beauté et opérer une transition entre le soleil des congés estivaux et la grisaille citadine de retour au bureau à coup de bons riffs et de pogos, Rock en Seine c’est pile ce qu’il faut.

Pour changer un peu de l’habituel live report’ jour par jour, et parce-que même avec une endurance à toute épreuve on ne peut jamais tout voir, SK* a décidé de faire un focus des chouettes concerts qu’on a pu voir dans chaque style musical, aussi bien du côté des découvertes que des grands classiques !

Les découvertes

Hip-Hop / Rap

Coup de coeur du week-end côté rap, sans nul doute Roméo Elvis (x Le Motel) ! Le belge a une vraie prestance et embarque son public à tous les coups : de la séquence émotion lors du joli featuring avec sa petite soeur Angèle sur J’ai vu, aux intenses pogos de fin sur Bruxelles arrive, en passant par des délires acrobatiques avec sa mascotte croco, il était déchaîné et la foule suivait. Et puis il faut dire ce qui est, malgré les lyrics les plus explicit, c’était presque poétique.

Roméo Elvis – Bruxelles Arrive (ft. Caballero)

Dans un autre style, le crew des rappeurs rennais de Columbine dont le nom est sur toutes les lèvres cette année a su se démarquer également avec un live second degré très bien assumé face à un public survolté qui connaissait par coeur et entonnait en choeur les titres phares du collectif. Seul bémol pour ce concert des enfants terribles, l’absence d’un personnage, et pas des moindres, le controversé Lorenzo qui était à Lyon en ce samedi soir, et dont la signature baveuse manquait clairement au tableau.

Pop / Rock

Dans le genre toutes guitares dehors, si Rendez-Vous, Lysistrata et Ulrika Spacek se sont particulièrement défendus chacun dans un univers bien marqué, les ambiances respectives des concerts de Thérapie Taxi sur la scène Industrie (même à 15h !) et de Fuzzy Vox sur la scène Firestone (PJ Harvey, qui jouait en même temps n’avait qu’à bien se tenir) valaient vraiment le détour. Rhum ambré et soleil tapant sur beats électroniques pour les premiers, jungle humaine et crowdsurfing aiguisé pour les deuxièmes, voici une scène émergente qui sait se défendre, sensations garanties !

Thérapie Taxi – Adéna

Electro

À la croisée de tous les chemins, le son vaporeux de l’inclassable FKJ est toujours aussi efficace, et file des frissons en plein après-midi, un peu avant que les très bons DBFC fassent un sans faute à la scène de la Cascade, même si leur musique aux lourds beats dansants aurait sûrement mérité un horaire légèrement plus tardif que ce pour complètement apprécier. La pop électronique en VF de Peter Peter s’est également avérée bien sympathique et plus rock en live que les titres n’y paraissent, à l’image finalement des mecs en noir, en synthé et en guitares qui se cachent derrière le fameux Loving Game.

DBFC – Disco Coco

Les têtes d’affiche

201708RockEnSeine
201708RockEnSeine
201708RockEnSeine
201708RockEnSeine
201708RockEnSeine
201708RockEnSeine
201708RockEnSeine
201708RockEnSeine
201708RockEnSeine
201708RockEnSeine
201708RockEnSeine
201708RockEnSeine

Dans les mastodontes qu’on ne présente plus, le rock d’un Franz Ferdinand, toujours bon mais peu surprenant, a suivi le premier jour celui des très énervés At The Drive In sur la Grande Scène. Un peu plus posés, cachés derrière un Bosquet, les Allah-Las ont fait rêver leur public à coup de jolies envolées, pour un vendredi soir tout en guitares.

Le samedi, le concert de Girls in Hawaii fut un peu décevant avec quelques problèmes de son et un démarrage un peu lent, même si leur très beau final sur Rorschach nous a fait oublier toutes leurs difficultés. Mention spéciale également pour I’m not dead, ma préférée, toujours un régal en live.

Girls in Hawaii – Rorschach

Le moment le plus beau et le plus émouvant du week-end fut sans nul doute le magnifique live d’Her et l’hommage à Simon devant un public uni et soudé pour ce premier concert sans lui. Entré sur scène dans un silence majestueux, Victor mène le live de front, et semble plus déterminé que jamais. L’émotion est palpable lorsque la foule entonne avec lui le refrain de Five Minutes, un concert puissant du début à la fin, surtout lorsque que l’artiste entame la reprise d’A Change Is Gonna Come et la dédie à son acolyte musical de toujours. Magique.

Her – Five Minutes

Le festival se termine en beauté avec un dernier jour particulièrement énervé, comme l’annoncent les pogos à outrance sur Denzel Curry dès le milieu d’après-midi. La foule est devenue totalement incontrôlable, à son image d’ailleurs, lorsqu’il entame son fameux Ultimate.

Si l’on fait une pause un peu plus chill avec le tout de même bien zinzin Mac Demarco, c’est pour reprendre de plus belle avec les padres de Cypress Hill, qui séparent le public en deux pour une escalade de « FUCK THIS SIDE ! » scandés de l’un à l’autre, avant de nous réconcilier tous pour le Jump Around de l’unité.

L’unité, c’est également ce qu’ont prôné les The XX, en clôture du festival, lors d’un majestueux concert évolutif, de leur fameuse Intro suivie de Crystalised, à leur final sur Angels, en passant par Say Something Loving et toutes les explosions d’amour, de beats, et lumières possibles.

Il faut d’ailleurs souligner l’élégance, la douceur et l’aura incroyable de Romy et Oliver et le génie de leur acolyte Jamie, qui nous ont emportés juste comme il fallait avant de rentrer lessivés après trois jours forts en sons, et en émotions !

The XX – I dare you

Photographe : Antony Chardon

Date : 25 – 26 – 27 aout 2017
Batteuse et passionnée de musique depuis toujours, constamment à la recherche de nouvelles pépites. Un penchant particulier pour les sonorités rocks /indies /psychés et autre dreampop électronique et bizarroïde.

Un avis, un commentaire ?

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


A lire dans “Concerts (live reports)

Damien Saez @ Halle Tony Garnier, Lyon, 09-12-2019

Damien Saez, « Que l’éphémère devienne éternité »

Damien Saez venait hier au soir présenter à Lyon, Ni Dieu ni Maître, l’album qui clôture Le Manifeste, fresque sociale de quatre années de 2016 à 2019 présentée dans une « oeuvre numérique » sur son site internet « Culture contre culture ». 39 chansons, politiques et poétiques dans lesquelles se lit la France des attentats aux gilets jaunes,…

Curtis Harding - 17 novembre 2019 - Lune des Pirates

Amiens-Atlanta avec Curtis Harding

Tout va bien à Atlanta. Les Black Crowes se reforment, les Black Lips sortent un nouveau disque et Curtis Harding est de passage à Amiens.

Bertrand Belin, Persona Bellissima

Bertrand Belin est venu défendre son dernier disque sur la scène de la Maison de La Culture d’Amiens. Carton plein !

Mark Lanegan @ 106 Rouen 05-11-2019

Night Flight to Rouen

Après ses escapades avec Duke Garwood, Mark Lanegan a eu la bonne idée de remettre en selle la formule Mark Lanegan Band pour publier le très bon Somebody’s Knocking il y a quelques semaines. Très bon n’est pas synonyme d’excellent. Mais quand on sait que le Lanegan Band a permis à Mark de sortir ses…

Primal Scream @ Pitchfork 2019, 01.11.2019 , Paris

[Pitchfork 2019] Le sacre du Scream

XTRMNTR fêtera ses vingt ans l’année prochaine. Primal Scream, l’album qui annonçait Screamadelica sans le savoir, fête ses trente ans cette année. Et hier soir, Bobby Gillepsie et son groupe ont fait la fête au Pitchfork Music Festival.

Studio Electrophonique

Stupéfiant Studio Electrophonique

Auteur du premier ELP chez Violette Records, James Leesley (Studio Electrophonique) était de passage à Paris le temps de deux concerts. Compte-rendu à chaud.

Sleaford Mods @ l'Épicerie Moderne, 04-10-2019

Sleaford Mods in a good mood !

Du Punk et rien que ça avec Sleaford Mods et DSM IV. L’Angleterre était à l’honneur hier soir, à l’Épicerie Moderne.

Eels © Fabrice Buffart

Photos : Eels @ Radiant-Bellevue, Caluire | 10.09.2019

La dernière fois que l’on avait vu Eels à Lyon, Mark Oliver Everett et sa bande de bardes barbus en survêt’ Adidas n’avaient pu jouer que 5 titres avant un orage cataclysmique au festival Woodstower en août 2013. Les plus anciens se souviennent de ce concert au Transbordeur d’avril 1997 avec son Beautiful Freak augural.…

Fais moi Marr Johnny !

Pendant que Morrissey continue de nous faire du mal avec ses déclarations, Johnny Marr trace sa voie et poursuit une carrière solo aussi efficace que « discrète ».

Lizzo @ Main Square Festival 2019

Jolie Lizzo

Quelque chose a donc changé. Soutenue désormais par une major (Atlantic) et portée par Missy Elliott le temps d’un single, Lizzo a fait une entrée fracassante dans les charts avec Cuz I Love You et sur scène. Produite par Ricky Reed (faiseur de tubes professionnel depuis 10 ans), la musique de Lizzo est un tourbillon…

Skip The Use @ Main Square Festival, 06-07-2019

Cool as Skip The Use

Samedi 6 juillet 2019 : le Tour de France débute à Bruxelles et l’Hollandais Mike Teunissen gagne la première étape et étonne tout le monde en endossant le Maillot Jaune. Samedi 6 juillet 2019 : le Main Square entame son deuxième jour. Les Skip The Use s’échappent du peloton et endossent le Maillot Jaune du…

Arnaud Rebotini @ Main Square Festival, 06-07-2019

Arras Calling ! Arnaud Rebotini can’t fail !

Avant de monter sur la scène du Main Square pour clôturer la deuxième journée de l’édition 2019, Arnaud Rebotini après un passage à l’Astropolis avec le Don Van Club pour un concert autour de la B.O. de 120 Battements par Minute et avant de jouer aux Eurockéennes de Belfort, Rebotini est passé par le Main…