Il y avait ici, quelque chose de très beau. Je m’en doutais. J’en eus la certitude alors un peu plus tard.

Du beau, j’avais deviné qu’il y en aurait, quand un peu avant, sur cette sorte de canapé gris, Marie-Flore nous parlait. À lui et à moi. Lui, il la questionnait. Sur ceux qui sont partis, sur ceux qui sont partout. Sur son parfum. Et sur ses mots, violents ou doux. J’écoutais. Et puis très vite, ils se mirent à parler de peinture. De Caravage, surtout, et des autres. Et moi, sur la feuille sur laquelle étaient imprimées les questions, je gribouillais un chat.

Puis, entre deux regards répétés que jetait Marie-Flore à l’heure de son téléphone, ou à ce chat dont elle surveillait sur cette feuille la naissance, j’ai avoué. Je lui ai glissé qu’il avait insisté. Beaucoup. Il y a plusieurs mois. « Écoute, écoute Marie-Flore, tu vas aimer. » Alors comme je devais aimer, j’ai écouté. Le premier titre sorti, QCC je crois. Et comme je devais aimer, j’ai donc aimé. Un peu vite. Un peu par politesse aussi. En fait, j’aimais bien. Mais rapidement, comme ça, pas le truc qui me ferait espérer un naufrage. Oui, quelques fois on aime bien. Un peu par politesse. Au bout, ça fait toujours mal. Et d’autres fois pourtant, on aime, mais on ne le sait pas. Pas encore. Et on se rate. « Depuis que tu es parti, tu es partout. » Ceux qui restent sont toujours un peu nulle part.

Discographie

Et puis il y eut une route de nuit, en rentrant d’Europavox cet été. Dans la voiture, là, en boucle, j’ai vraiment écouté. En totalité. J’ai été touché. Et cette nuit, enfin, j’ai savouré un naufrage. Cet album, ce Braquage. La pertinence des mots, le courage, l’émotion, et l’exposition frontale.

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Sur un canapé gris, une fin d’après-midi de novembre, devant Marie-Flore, moi je gribouillais un chat. Une heure plus tard, elle monterait sur scène après avoir traversé la salle. Directement. On pourrait alors écrire peut-être plein de choses. On pourrait. Je ne suis pas certain que l’on puisse vraiment écrire un concert. Ou que cela serve vraiment à quelque chose. Alors je choisirai de parler d’un gribouillis et puis d’un chat.

Et puis tu vois, je leur parlerai du temps qui passe, de celui qui viendra, qui est déjà là. D’un après naufrage. D’une peur et d’un peu d’espoir. Des souvenirs trop forts, et le reste, le reste qui tend les bras. Je leur parlerai d’une avancée fragile, d’équilibre, de vide au-dessous du fil. D’une chanson, de Presqu’île, d’une introduction un peu comme ça. Je leur parlerai.

Je leur parlerai de cette introduction qui disait tout ça. Tu vois, je leur parlerai de Marie-Flore et d’un concert. D’un début de chanson, qui avait tout d’un crépuscule pour des lumières qui s’allument. Oui, je leur parlerai d’une introduction, jouée ce soir-là. Et comme je n’aurai rien trouvé de mieux pour leur parler de tout, alors je la laisserai leur parler de toi.

Marie–Flore – Presqu’île (live Théâtre Comédie Odéon)

Marie-Flore sera en concert aux Etoiles à Paris le 25 novembre, le 2 et 9 décembre 2019, des places à gagner ici.

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