Jean Felzine – Perspectives

D’ailleurs, il n’y aurait peut-être rien à inventer, cette nuit-là. Et peut-être même que c’était comme ça. Pile comme on aurait voulu le voir. Ou pile comme on l’aurait vu. Sinon, il ne nous resterait qu’à se fabriquer des perspectives, à s’inventer des images. Et descendant d’un pas tranquille, presque détaché : Jean Felzine. Costard noir,…

Jehnny Beth – To love is to live

Et entre les deux, la rage. Entre un S et le verbe aimer. La rage, en forme d’apostrophe impossible, quand les deux ne veulent pas se coller. S’aimer, pourtant. To love is to live, comme l’annonce Jehnny Beth. Vivre. Aimer. Vivre et puis aimer. S’aimer peut-être, s’aimer enfin, tant ses chansons prennent la forme d’un…

Régina Demina – Hystérie

On voudrait voir la dame blanche, en short serré, talons aiguilles et joli décolleté, on se trouverait probablement au bon endroit. On souhaiterait voir la Belle et la Bête monter une barre de pole dance, ou Atchoum se maquiller en princesse, on le serait probablement encore aussi. Car Régina Demina est un enchevêtrement de peut-être,…

Gontard! – La saison des grands froids

Ils gobent. Ils sentent le paniqué, le caché, le confiné. Ils gobent, ils gobent ce qu’on leur donne à gober. A genoux, toujours, comme ils attendent leur giclée.

Bleu – Sweet Coldness

Sweet Coldness est un instant entre deux. C’est la musique d’une chambre d’hôtel. D’un regard. D’une fenêtre. Confiné là, c’est la couleur du dehors. Entre gris, entre bleu. Ça oscille. Et de nouveau, il pleut. C’est une attente. Lascive. À compter le temps qu’il reste. À imaginer un peu tout, la suite en mieux.

Cavale – Le crocodile, les chouchous et le clitoris

Tout colle. Derrière la confortable banquette émeraude où elle est enfoncée, un crocodile coiffé d’un couvercle de vieille cafetière sur le crâne se donne des airs farceurs ou de joyeux touriste. A sa gauche, deux canards, empaillés comme lui, se disputent la porcelaine d’une tasse toute britannique. Le thé, qui aurait pu s’y trouver, doit…

Mais à quoi rêver alors ?

Mais à quoi rêver alors ? A quoi rêver alors, lorsque ne restent que la nuit, et Beaubourg derrière nous ? A quoi rêver alors lorsque l’Hôtel de Ville n’est plus qu’une masse silencieuse, et La Seine, une amante paresseuse pour quelques quais immobiles ? Oui, à quoi rêver ?

Marie-Flore – Braquage

Marie-Flore raconte. Et son Braquage est une histoire. Celle d’un court-circuit. D’une sortie de route. Sans trace de freinage. Ou alors si peu. Braquage, c’est l’histoire d’un tir dans le noir. D’un amour. C’était un jour, un peu d’espoir. Une histoire brutale. L’amour qui frappe et qui fait mal. Celui en qui, cette fois, on…

Blondino – Et puis battra son cœur.

Et pourtant, il aurait peut-être fallu du silence. Un peu plus, au moins. Ou parler de tout, ou parler de rien… Pourtant, pour cette chronique, j’en avais imaginé des questions. J’en ai imaginé des débuts et des fins. J’en ai même écrit. Beaucoup. C’était même assez bien cadré. Peut-être même joli. Alors j’ai tout jeté.…

5 questions à … Blondino

SK* a demandé à une centaine (et plus) d’artistes, appréciés par les membres de l’équipe, de répondre à cinq questions très simples avec leurs morceaux du moment, nouveaux ou anciens. Voilà le tour de Blondino qui avait allumé nombre de nos jours avec son album Jamais sans la nuit, et deux EP tout aussi brûlants.…

Clara Luciani – Une certaine idée de la page blanche

Pourtant, il n’y aurait rien à écrire, Clara Luciani est quasiment une page blanche. Il y a quelques jours, par message, un copain m’a envoyé ces mots. Une page blanche. La formule est directe. Il a probablement raison.

Fishbach – La vie dans le mille

Il est des évidences comme il est des histoires d’équilibristes, de solistes pyromanes, de grands brûlés. Les écorchés, et leurs sublimes flammes. Fishbach est sûrement tout ça. La beauté d’un sourire triste. Une élégance tragique. Une pasionaria dénudée, et la grâce d’un cœur encombrant.

Martin Luminet – Bruit rose sur canapé bleu

Un message et quelques mots. 19h22, je préviens Martin. «Suis dans la salle. Pantalon beige, pull vert. Blouson en faux cuir blanc. Voilà, tu sais tout.» Ce que l’on savait alors surtout, c’est que de faux, dans cette soirée, il n’y aurait sûrement que ça, le synthétique de mon blouson clair. Une soirée entre garçons…

Juliette Armanet – Pour de vrai…

Juliette, Cette chronique, j’ai longtemps hésité à l’écrire. Mes textes à moi, Juliette, parlent de Castafiore en noir et blanc, de Buster Keaton en couleur, des amours comme des montées d’échafaud. Ils parlent de travellings arrière, que l’on aurait envie de faire en marche avant. Ils parlent de sonneries de récré, de chemins de vacances…

I’m a lover.

I’m a lover. Un mardi soir presque pluvieux. Quasi lugubre. Comme Lyon, si souvent mais aussi si bien, arrive à en inventer. Un mardi soir qui donne à se cacher, dans le rouge, ou le blanc jaune brillant des fenêtres, belles artères et petites rues. Quand en évitant les flaques, on s’échappe en imaginant, là,…

Leïla Huissoud – Auguste et Popeye

Leïla, ne t’inquiète pas, cette histoire finit bien. Jeudi dans la nuit, j’avais écrit les premières lignes de ma chronique consacrée à ton album. Auguste. Ça attaquait méchant. Tout avait commencé la veille…

Suede, la vie, la pop… s’il faut qu’on s’adopte.

Il existe différentes façons d’entrer. Certains frappent, et attendent. Plus impatients, plus pressés, d’autres contournent, et enjambent. Une fenêtre ouverte, la première, les voilà dans la maison. Et puis il y a Suede. Apparu directement dans le salon, sans même être passé par la cheminée. Comme ça. Sans nuage de fumée. Sans rien. D’un coup.…

Klaus Nomi – Le spoutnik et le frigo

Qui connait Klaus Nomi ? Beaucoup de monde probablement. Bien trop peu, sûrement. Moi, je l’ai rencontré il y a seize ans. Et il sortait d’un frigo. De derrière, précisément. Ce n’était pas le mien, mais celui d’une copine de promo qui portait le nom d’une baronne de province.

[1998 – 2018] Pulp, le fauteuil rouge et les yeux bleus

Au milieu des années 90, en plein fourre-tout britpop, coup sur coup et à un an d’intervalle, Pulp faisait sauter la banque avec deux albums, His ‘n’ Hers, et surtout Different Class. Trois années plus tard, tout était déjà fini. Pulp sortait This is Hardcore, sonnait la fin de la récré, et se suicidait dans…