Dictionnaire de la Mauvaise Foi Musicale

Le Dictionnaire de la Mauvaise Foi Musicale a été écrit à l’usage des jeunes branchés, afin de pouvoir étaler le peu de culture qu’ils possèdent en matière de musique. C’est d’ailleurs au Social Club, haut lieu de la hype parisienne s’il en est, que j’ai réussi à me procurer une copie, arrachée à une horde de groupies en furie à l’idée de rencontrer les auteurs pour une dédicace.

A l’écriture de cette critique, je subis déjà une grosse pression du fait que les auteurs, Basile Farkas et Josselin Bordat soient tous deux journalistes, respectivement pour Rock&Folk et Brain Magazine. De plus, leur statut autoproclamé de musicien les autorise à l’arrogance et la condescendance.

Ce dictionnaire, qui manquait à nos bibliothèques maintenant que les CDs ont désertés les étagères pour être remplacés par des fichiers dans nos ordinateurs, peut s’appréhender de différentes manières : si vous êtes snob, vous pouvez piocher au gré des pages, comme dans un paquet de chips ; si vous êtes nerd, vous choisirez une approche plus didactique, le décortiquant de bout en bout, l’annotant pour futures références. Pour ma part, j’étais déjà pliée à la liste des abréviations.

A peine le DMFM (pour les intimes) entre les mains, je n’ai pu m’empêcher de le feuilleter, pour me retrouver incapable de le lâcher, assise dans un canapé au milieu du club. C’est à regret que j’ai trompé mon impatience avec un semblant d’activité sociale avant de me jeter dessus une fois rentrée chez moi, captivée jusqu’au petit matin.

J’ai ri à gorge déployée sur toutes les définitions que j’ai comprises – certaines m’ont échappée malgré une maîtrise d’Allemand (!!) J’y ai appris (entre autres) l’origine du mot Bootleg, l’existence d’un psychopathe qui a remixé Jay-Z avec la bande son du dessin animé Les Chevaliers du Zodiaque, et que le grunge est une mycose des pieds. J’ai aussi eu la confirmation de la raison pour laquelle je n’arrivais pas à comprendre l’engouement autour des Stones Roses [le nom du groupe aurait pu me mettre sur la voie cela dit].

Certaines entrées étaient plus faibles, je vous en livre une décevante :
Boîte n.f. Endroît peuplé de thons et où l’on finit en miettes.
D’autres sont faciles :
Bœuf n.m. (fam) Barbecue musical improvisé
D’autres, encore, tout bonnement hilarantes :
B.O.F. expr. Bande originale de film de qualité moyenne.

Et encore, on en est qu’à la lettre B, allez donc imaginer à S !!! [J’avoue, j’ai la flemme d’en recopier des plus longues]

A exposer dans votre salon, à côté des vinyles (sans aucune platine en vue), ou dans vos toilettes à côté de votre collection de magazines rock comme preuve de votre dévotion à la culture musicale.

Pour offrir à :
– votre guitariste/chanteur/compositeur narcissique à tendance égocentrique pour lui rappeler l’autodérision,
– votre mentor pour le remercier de vous avoir bassiné à écouter d’obscures groupes pendant des heures, en repassant le solo – pour être sûr de saisir chaque note
– votre meilleur pote pour pouvoir vous la péter à deux en soirée (chopage de nana non-garanti)
– votre collègue qui, sous-prétexte d’avoir un blog, se targue d’être journaliste musique

Dictionnaire de la Mauvaise Foi Musicale par Josselin Bordat et Basile Farkas aux éditions Chifket & Cie

7 réponses sur « Dictionnaire de la Mauvaise Foi Musicale »

Mouais, très déçu par ce bouquin qui tire sur les ambulances, se rapproche dangereusement de l’almanach Vermot et comme tu le dis est très hype…

Nous on s’est fait une petite session, on était pliés en quatre! Comme quoi…

Moi ça m’a bien fait marrer, c’est parfois tiré par les cheveux mais on apprend des infos, et c’est fait de façon plutôt amusante. Donc bonne surprise à mettre sous le sapin !

On the Christmas wishlist, celui-là, tout de même…
Je suis dans le couer de cible. Et puis si ça mpeut éviter de pontifier connement, ne serait-ce qu’une fois, c’est toujours ça de gagné pour l’entourage, qui souffre déjà pas mal, en général, reconaissons-le.

Oh et puis merde, non, ils ont qu’à aimer A Place To Bury Strangers ces béotiens.

Bref, j’en ai besoin, de ce livre, Mr Noel. Merci.

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