Catégories
Chroniques d'albums

Them Crooked Vultures : non, le rock n’est pas mort

Them Crooked Vultures
Them Crooked Vultures

Déprimés du rock, réveillez vous, voici l’espoir !
Je sais, 2009 a été l’année des super-groupes en tout genre, à tel point qu’on ne sait plus trop qui joue avec qui et pour combien de temps, ce qui donne un léger côté surprise-party à chaque concert qui commence à virer à la partouze musicale… seulement voilà, la réunion de talents peut avoir du bon, voire du génie.
Pour cela il faut surtout un chef d’orchestre d’exception, le monde rock contemporain en connaît deux : Jack White et Josh Homme. Début 2009, White accouche de The Dead Weather ; fin 2009, Homme fait renaître le rock, à tort promptement incendié, avec Them Crooked Vultures.

Them Crooked Vultures

D’emblée, la carte de visite en jette, foutrement plus que le CV de Charlotte Gainsbourg ou le Wikipédia de Casabancas : au chant/guitare, Josh Homme, véritable professionnel des collaborations (seul membre permanent du génial Queens of The Stone Age, batteur et instigateur des Eagles of Death Metal, producteur du dernier album des Arctic Monkeys…), à la batterie, Dave Grohl, légende vivante de la caisse claire, ex-batteur de Nirvana (et coloc de Kurt Cobain, pas évident), leader et chanteur des Foo Fighters (mais aussi collaborateur de Cat Power, Nine Inch Nails, Garbage, The Prodigy, Juliette & the Licks ou David Bowie…), et enfin, last but not least, John Paul Jones, égérie des 70s, bassiste de Led Zeppelin, père de quelques uns des riffs les plus connus et imités de l’histoire du rock.

Passée l’envie d’avorter toute autre tentative de production sonore d’aucune sorte, l’angoisse pointe le bout de son nez : ok, on peut difficilement rêver mieux sur le papier, mais dans l’oreille, ça donne quoi ?

Et bien dans l’oreille, ça fait un bien fou.

À la première écoute, c’est brut et libérateur, à la fois familier et déroutant. Pas besoin d’aller chercher des raccourcis et références faciles, ça ne ressemble heureusement en rien ni à QOTSA, ni à Nirvana, ni à Led Zeppelin ; ça ressemble simplement à ce que le rock se doit d’être. C’est un hommage à ce qu’une guitare, une basse, une batterie, et trois mecs qui savent s’amuser, peuvent faire.

Si Josh Homme assure le chant, Dave Grohl n’est jamais loin pour appuyer, comme sur Mind Eraser, No Chaser, où le duo vocal fonctionne à merveille. En treize morceaux, le trio foule du pied les plus gros clichés de ce qu’on a cru être le rock : ici pas de voix éraillée ou faussement gueularde, et pourtant on a rien entendu de plus rock depuis de longues années ; pas de fausse élégance ou complaisance dans une pseudo rébellion, la musique ne sert qu’un seul but : libérer.
L’essence du rock retrouvée sur des compositions d’une intelligence rare qui forment un vrai album, où l’on se fout de passer en dessous de la barre des trois minutes trente ou au dessus des sept minutes, où l’on se fout de fusionner influences blues et garage, shoegazing et lyrisme agressif ou groove rythmique et authenticité grunge, où l’on méprise la complexité surfaite pour redonner sa place au son vrai.

Et si tout ceci vous paraît encore flou, pensez à un western acide et saturé, à un rollercoaster sans barrières ni freins, à un bulldozer dans un champ en pente, à un trio de musiciens à l’alchimie parfaite qui ferait passer Hulk pour une danseuse du Bolchoï, voilà vous y êtes, et vous ne voudrez plus en sortir. Bienvenue en 2010 et longue vie au Rock.

Vous avez aimé ? Partagez :
12 réponses sur « Them Crooked Vultures : non, le rock n’est pas mort »

Je plussoie ! Ah au fait, question existentielle de la + haute importance : je n’ai jamais compris pourquoi, au moment où ils ont commencé à buzzer, autrement dit en août dernier à l’occasion de leurs passages dans les grands festivals, ils ont été surnommés « le groupe des petits pois » ?

car ils étaient le groupe surprise pendant le festival rock en seine sous le nom « les petits pois »

Cool de faire un zoom sur Them Crooked Vulture, mais sorry, j partage pas trop ton avis RNO.
Je trouve le groupe bon sur scène ( en même temps, heureusement, vu la bande de sauvages qui compose le groupe ), malheuresement, je trouve que les compos, même si elles sont bien produites, puissantes et tout ce qu’on veut manque de véritable inspiration, ca sonne quand même plutôt comme une jam session. Bon c’est cool, mais, pour moi, Dead Weather leur foute une bonne grosse taule.

@ Rod.H
C’est marrant parce que j’ai fonctionné à l’envers pour les deux groupes: j’ai découvert Dead Weather sur scène à leur Cigale de fin juin, et ça a été la grosse claque, quelques jours plus tard l’album sort et là…la claque n’y est plus, impossible de retrouver la sauvagerie des premiers instants, idem pour le concert de l’Olympia quelques mois plus tard…
Alors que je n’ai pas pu capter TCV en live à Rock en Seine, du coup je n’avais aucune attente à l’écoute de l’album, j’ai donc été complètement embarqué dans le truc…pour ce qui est de l’inspiration c’est discutable en effet, mais il y a un côté familier redoutable qui m’a vraiment marqué, l’impression que tout est là en fait, rien de révolutionnaire ou d’inventif à outrance, juste quelque chose d’essentiel…

Après quelques bonnes écoute mon avis diverge un peu,
Le tout est plus qu’entrainant et efficace. Tout est reglé aux petits oignons et ne laisse pas une seconde de silence :)
Par contre après ces quelques écoutes, cette fameuse sensation de familié m’a quelque peu dérangé. En effet on peut plus que parler de familier, j’ai aperçu entre autre un air des beatles … mais aussi deux trois autres.
Certes l’intégration est bien pensée mais effectivement ça fait un peu jam session en plus propre et pro biensur.
Au final mon avis reste plutôt favorable meme si j’aurais aimé un album plus personnel pour commencer. Voila.

Je ne rentrerai pas dans le débat Dead weather / Them crooked Vultures… même si je penche plutôt du côté Homme que White… (oups, je suis rentré dans le débat là ?)

je me demandais juste si quelqu’un savait qui est ce guitariste chauve à cour sur la scène ?

Il s’agit d’Alain Johannes, qui a déjà bossé avec une foultitude de groupes, notamment les Queens of The Stone Age…ou Hillary Duff

–>RNO, merci,en effet le nom est diablement familier, je ne savais pas qu’il avait cette tête.

Ce groupe prouve surtout qu’il ne suffit pas de mettre de bons musiciens ensemble pour avoir un bon groupe…
J’ai trouvé ça décevant en fait.

Perso un de mes disques de 2009. J’ai été surpris que beaucoup fasse la fine bouche face à cette puissance sournoise qui prouve encore une fois le génie de Josh Home.
Enfin un supergroupe qui mérite l’appelation …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

2009 - 2021 : 31 M de vues sur note chaine YouTube !

Merci aux artistes et labels qui nous ont fait confiance !

Avec : Mariama, Sayem, St Augustine, Ornette, The Dodoz, Dominique A, Lisa Hannigan, Nadeah, Hocus Pocus, BabX, Absynth Minded, Diane Birch, 3 Minutes Sur Mer, Applause, Jon And Jen, Anita Drake, Mademoiselle K, Richard Walters, Brune, Chew Lips, Emily Loizeau, Julia Stone, Sarah Blasko, Marie-Flore, MLCD (My Little Cheap Dictaphone), Hey Hey My My, AaRON, Foreign Beggars, Skip The Use, Hyphen Hyphen, Curry And Coco, Lilly Wood And The Prick, Rivkah, Kid Bombardos, You, Sharleen Spiteri , Thos Henley, Élodie Frégé, Caro Emerald, Viva And The Diva, Sly Johnson, Belleruche, Skip The Use, Ben Mazue, The Dø, Twin Twin, Marie-Pierre Arthur, Chris Garneau, Angus And Julia Stone

↪ Toutes les SK Sessions

↪ Abonnez-vous à notre chaine YouTube!

Cela pourrait vous intéresser

Prudence - Good Friends

Vidéo : Prudence – Good Friends

On aimerait vraiment être le bon copain de cette dear Prudence pour soigner les bleus de notre vague à l’âme et apprivoiser l’altérité qui met parfois à mal les relations humaines.
Lauret

La ruée vers Lauret

Mélodie Lauret fait sa rentrée avant tout le monde. Avant de sortir son deuxième EP en septembre, elle publie A quoi tu penses quand tu m’adores ?, un titre trash-slam-pop joliment mis en images par Eloise Coussy. Entretien avec l’intéressée à propos de ce nouveau titre.
Ray Lamontagne - Monovision (2)

Brother Ray !

Il y a des voix que l’on aime retrouver et celle particulière de Ray LaMontagne en fait partie depuis le premier Trouble jusqu’à ce Monovision à paraître le 26 juin chez RCA Records.

KennyHoopla boom !

KennyHoopla écrit des brulots qui doivent autant à Aphex Twin qu’aux premiers disques des Drums. Ce jeune Américain du Wisconsin débarque sans prévenir et trône en majesté avec How will i rest in peace if i’m buried by a highway?//, son premier EP.
Fiona Apple

Indéboulonnable Fiona

I won’t shut up chante Fiona Apple sur Under the table, message sublime subliminale à Macron, Trump et au pitre planqué genevois kosovare ? On l’ignore mais Fetch The Bolt Cutters envoie une pluie de boulons sur les cons en tous genres, c’est une vraie bombe (pas une petite grenade) musicale, tribale, viscérale : inclassable.
Prudence - Never With U

Vidéo : Prudence – Never With U

Dear Prudence, won’t you come out to play ? Dear Prudence, greet the brand new day, the sun is up, the sky is blue, it’s beautiful and so are you chantait en 1968 un petit groupe anglais sur un album immaculé écrit en colo en plein air. En 2020, surgit des confins du confinement ce…

Plus dans Chroniques d'albums

Vikken

Vikken – Joie

Vikken et sa Joie ont tous deux le sens de la débâcle. Un côté Charlie Chaplin de la folle déprime, face à une grosse machinerie bête et informe, qui fixe, qui normalise, qui nécessairement finit par s’emballer, et qui ne s’arrête plus, et qui envoie valser en l’air à grands coups de beats électro tout…
Francis Lung - Miracle

Francis Lung – Miracle

L’ex-membre de WU LYF a bien fait de nommer son nouveau disque Miracle. Les 13 (tiens tiens, ce nombre..) chansons font de nouveau croire en lui.
Gruff Rhys - Seeking

Gruff Rhys – Seeking New Gods

Obsédé par le mont Paektu, un volcan situé à la frontière de la Chine et de la Corée, Gruff Rhys atteint des sommets avec son septième album solo, le bien nommé Seeking New Gods.
The Chills - Scatterbrain

The Chills – Scatterbrain

Détruit par l’industrie musicale dans les années 90, Martin Phillipps (l’écrivain qui se cache derrière ce groupe) vit une seconde vie (musicale) depuis 2015 grâce à Fire Records, label anglais qui ne jure que par lui.