Beady Eye - Be

Beady Eye – Be


Noel Gallagher avait quand même un talent certain lors des années Oasis : celui de fermer le beignet de son frangin en ce qui concerne les chansons. Noel s’occupait de la cantine et Liam venait y manger gratuitement. C’était mieux pour tout le monde.
En 2013, personne pour contrarier Liam Gallagher. Déjà que la tâche n’était pas facile à l’époque…
Résultat des courses : un disque où le Kid se fait plaisir. Et la tournure que prennent les événements ne fait rire que lui.

Beady Eye

Cure d’amaigrissement pour Beady Eye. Different Gear, Still Speeding ayant remporté un succès plus que limité malgré quelques bonnes chansons, Liam
Gallagher et ses sbires ont changé de producteur. Adieu le classique Steve Lillywhite et bonjour David Sitek, sorcier new yorkais chez TV On The Radio.
A l’époque d’Oasis, les essais infructueux avec les Death in Vegas avaient donné des minutes où la voix du Kid frappait sec. Et la venue de ce Yankee qui n’avait jamais entendu parler d’Oasis avant d’être contacté par le groupe est la seule bonne nouvelle envoyé par les Beady Eye.

Be est bien agencé. Adieu l’huile de friture du premier essai. La production élégante et maligne de Sitek rend service à une troupe subissant une panne sèche maligne.
Car sur les onze titres, Be comporte au final très peu de chansons.
Certains titres ne seraient jamais sortis d’une cave mancunienne si Liam Gallagher ne prêtait pas sa voix. Start a New (bonne idée) et Soon Come Tomorrow frisent le niveau zéro de la chanson. On n’attendait rien de Gem Archer et d’Andy Bell mais là… Liam Gallagher rend les riffs éculés de Iz Rite à peine supportables mais ne peut pas transformer l’essai.

Face the Crowd et ses multiples visages replongent le groupe dans la période de l’enregistrement de Don’t Believe The Truth. A l’époque, Zak Starkey et ses boites de Weetabix sur ses toms avaient permis de détendre l’atmosphère. Aujourd’hui, la tentative est vaine. Beady Eye tente d’éviter le naufrage avec la bouée Sitek. On nous avait annoncé un groupe en pleine lévitation : il risque de se manger le plafond et de rapidement redescendre sur terre.

Beady Eye – Flick of the Finger

Pour ne rien améliorer, l’ombre de Noel ponctue le meilleur moment de Be. I’m Just Saying et ses paroles revanchardes (« feeling fine, this is my time to shine. It’s not too late, the future’s getting underway.”) vont faire des ravages dans les salles anglaises. Le cadavre bouge encore. Pour une fois que ces messieurs se donnent la peine de sortir les guitares.
Don’t Brother Me (encore lui…) ennuie et la reprise du chemin stonien avec Shine a Light sauve un peu l’affaire. Comme pour Soul Love, les trouvailles de Sitek rendent l’affaire écoutable.

To be or not to be ? La réponse est rapidement trouvée.

› sortie de « Be » prévue le 10 juin 2013