Pour ma première chronique SK* je suis très heureux de débuter cette nouvelle aventure avec le dernier album de The Game, rappeur américain de Compton (banlieue chaude du sud de Los Angeles). En effet, cet artiste représente beaucoup dans le début de ma passion pour la musique Hip Hop, puisque The Documentary, premier LP sorti par The Game en 2005, est le premier CD hip hop que j’ai acquis.

On fait un petit saut en avant pour faire un état des lieux, plus de 10 ans plus tard et il ne semble toujours pas s’être remis de sa rupture (professionnelle) avec 50 Cent et G-Unit (« left the Unit and the world went cra[z]y » sur le morceau The Juice). Même s’il s’est réconcilié avec son mentor Dr. Dre (également natif de Compton), ce dernier n’est plus autant impliqué dans la production de la flopée d’albums plus ou moins corrects qui sont sortis dans ce laps de temps.

Une certaine anticipation de ce projet

Il y a tout juste un an The Game fêtait les 10 ans de The Documentary en dévoilant The Documentary 2 et une semaine suivante The Documentary 2.5 et à la surprise générale ces deux albums faisaient réellement honneur au premier de la série (avec pour ma part une préférence pour 2.5). Ces deux albums laissaient découvrir de nombreux instrumentaux d’un producteur jusqu’alors inconnu : Bongo et son nom réapparaît en majorité à nouveau sur 1992 pour notre plus grand plaisir. Ce dernier continue de ne pas décevoir en produisant les meilleurs sons de l’album.

Sur l’ensemble de sa discographie, The Game s’est toujours entouré d’un très grand nombre de featurings sur ses projets, au point que l’on ne se rappelait plus à quoi ressemblait une chanson solo de l’artiste. Et pourtant, il a ici relevé le défi de sortir un album sans featuring (à l’exception de Jeremih sur le bonus de fin) même si en réalité de nombreuses apparitions ne sont pas créditées (je pense notamment à la grande présence de Jason Derulo sur Baby You).

Un thème à portée autobiographique intéressant…

Le thème de l’album porte sur la vie du jeune Jayceon Taylor (de son vrai nom) à Compton en 1992, entre violences policières (qui résonne avec l’actualité aux Etats-Unis aujourd’hui) et la rivalité de gangs (notamment sur True Colors et Young Niggas). Les histoires sont bien narrées au point que l’on s’immerge réellement dans son univers sur un grand nombre de chansons (dommage qu’il n’ait pas respecté le thème jusqu’au bout). La pochette (réalisée par Joe Cool, l’artiste derrière la couverture de Doggystyle, le premier album de Snoop Dogg) résume très bien le concept de l’album sur sa position compliquée entre les deux gangs de Los Angeles : les bloods (auquel il est rattaché) et les crips (dont est rattachée une grande partie de sa famille).

The Game - 1992

… mais respecté à moitié

L’album commence bien avec trois morceaux qui nous plongent dans l’univers compliqué de The Game en 1992 mais la première déception arrive au quatrième morceau sur l’instrumental de The Message de Grandmaster Flash and The Furious Five (l’utilisation de sample de chansons connues ferait un sujet complet d’article) et des paroles sans intérêt (et non dans le thème). C’est d’autant plus une déception que la production est créditée Terrace Martin, un des meilleurs producteurs de la côte ouest. Les samples sont trop présents dans cet album à tel point qu’ils remplacent les featurings (faussement absents) même s’ils sont bien utilisés sur I Grew Up On Wu-Tang et However Do You Want It (tous deux produits par Bongo).

Cet album sort dans un contexte de beef (clash) très médiatisé avec le rappeur de Philadelphie Meek Mill qui prend pour son grade sur la diss track (clash toujours) 92 bars mais qui à part son titre n’a absolument rien à voir avec le thème de l’album et s’ajoute aux hors-sujets.

Enfin, dernière mention hors sujet pour le très commercial All Eyez en compagnie de Jeremih. Là encore, très éloigné du concept de l’album mais au moins indiqué comme bonus (dont on n’aurait pu se passer) !

The Game – All Eyez ft. Jeremih

Un avis mitigé

1992 est donc un album inconstant dans l’ensemble avec certaines chansons très bien contées par The Game qui nous délivre plus d’un couplet par chanson mais un concept qui n'est pas respecté jusqu’au bout et un manque de chansons qui sortent du lot.

Dans le même genre et sur des thématiques proches je recommande plutôt l’album de YG, Still Brazy sorti plus tôt cette année.

The Game sera en concert le 8 décembre au Cabaret Aléatoire de la Friche de Marseille.

The Game - 1992
2.5Note finale
Avis des lecteurs 8 Avis
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