Catégories
Chroniques d'albums

Local Natives – Sunlit Youth

Ils le décrivent eux-mêmes comme un aboutissement, et en même temps comme un profond retour à leur contrée natale californienne, Sunlit Youth des Local Natives est sorti le 9 septembre dernier, après plus d’un an et demi de travail pour le groupe.

Incroyables lors de leur dernier live à La Boule Noire, cet album on l’attendait chez SK*.

Finalement peut-être un peu lisse par rapport à cette prestation live où ils avaient réussi à être bien plus garage que pop, Sunlit Youth recense malgré tout de très jolies découvertes.

L’album démarre sur Villainy, qu’on connaissait déjà, un extrait à la hauteur de leur talent, qui laissait présager une ouverture plus électronique pour cet album.
L’ensemble de l’opus est finalement plus axé sur leurs harmonies vocales toutes en grâce, qui lui donnent une teinte presque plus pop que rock, un peu dommage quand on sait ce qu’ils sont capable de faire sur scène en terme de riffs acérés, de solos protéiformes et de breaks de batterie interminables.

Local Natives – Dark Days

Dark Days sort pour moi du lot et nous emmène buller tout en vocalises sur une autre planète, à la fois teintée de nostalgie et profondément porteuse d’espoir.
Elle avait déjà été mon coup de coeur en live, confirmé ici, même si elle provoque peut-être un peu moins de frissons en version enregistrée. Mention spéciale pour cet enchevêtrement parfait de voix de tête, évoluant dans une puissance aigüe aux teintes féminines (particulièrement celle de Kelcey qui prend le lead au deuxième couplet), se mariant si bien qu’on les distingue à peine les unes des autres, dans cette parfaite harmonie.

L’explosive Fontain of Youth ne laisse pas non plus indifférent, elle représente l’essence même de la puissance du thème de l’album, autour de la jeunesse, de l’avenir, entre mélancolie profonde et message d’espoir.

https://www.youtube.com/watch?v=f05Szd_reVI

Mother Emmanuel, dont les vocals tranchants raisonnent et restent en tête, file des frissons, presque autant que Masters. Il est vrai que si l’enregistrement propret peut donner une dimension un peu « Coldplay » à certains titres, notamment aux balades comme Ellie Alice, il suffit de fermer les yeux et de se perdre dans leur voix pour ressentir qu’en réalité, les sonorités vont bien au-delà de cette première impression d’écoute.

Définitivement moins rock que les précédents, certains diront que les Local Natives ont perdu leur fougue dans cet opus.
Pour ma part, je l’apprécie tout de même beaucoup, et le trouve très abouti, même si il s’agit là manifestement d’un certain tournant dans leur musique.

Tracklist : Local Natives - Sunlit Youth
  1. Villainy
  2. Past Lives
  3. Dark Days
  4. Fountain of Youth
  5. Masters
  6. Jellyfish
  7. Coins
  8. Mother Emanuel
  9. Ellie Alice
  10. Psycho Lovers
  11. Everything All at Once
  12. Sea of Years
Local Natives – Sunlit Youth3.5
7/10
Batteuse et passionnée de musique depuis toujours, constamment à la recherche de nouvelles pépites. Un penchant particulier pour les sonorités rocks /indies /psychés et autre dreampop électronique et bizarroïde.
Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cela pourrait vous intéresser

Locale Native

Local Natives à Paris

Les Local Natives prolongent l’été avec leur pop californienne ensoleillée, fontaine de jouvence.

Les Local Natives ensoleillent le canal

C’est dans cet endroit féerique qu’est le Pavillon des Canaux, dans le bassin de La Villette à Paris que SK* retrouve Taylor Rice, le chanteur principal des Local Natives, encore mouillé après un plongeon mémorable guitare à la main quelques heures auparavant dans le canal, qu’il a fait pour un live sur les réseaux sociaux.
photos : Local Natives @ la Boule Noire, Paris, 24/08/2016

Local Natives @ La Boule Noire, quand L.A déboule à Paname

Hier soir j’ai pris une claque. Je les savais bons, les Local Natives, mais à vrai dire je m’attendais à ce que ce soit un peu mou sur scène, le genre de show planant où tu agites tranquillement la tête, et à la limite ton briquet, dans une jolie vague d’émotion.
Local Natives - You & I

Vidéo : Local Natives – You & I

You & I est extrait du formidable album Hummingbird. Le clip est un peu culcul avec des chiens-chiens à sa mémère sous perfusion et des larmes de crocodiles d’un goût douteux parfait pour Vivement Dimanche. Reste la voix et la mélodie aérienne et c’est déjà beaucoup.

Plus dans Chroniques d'albums

The Bats - Foothills

The Bats – Foothills

Les Bats viennent de publier Foothills, leur dixième album. Comme pour les neuf premiers, le verdict sera le même : les Bats sont le meilleur groupe du monde.
J.E. Sunde - Love

J.E. Sunde – Love

Désormais hébergé chez Vietnam (Chevalrex, H-Burns), J.E. Sunde poursuit la quête qu’il a débutée une décennie plus tôt ; à savoir écrire la chanson folk parfaite. Avec ce nouvel album, Love, Sunde démontre qu’il va falloir compter sur lui en 2020. Et pour le reste de votre vie.
The Moons - Pocket Melodies

The Moons – Pocket Melodies

Très actifs au début des années 2010, The Moons s’était assagi en devenant silencieux depuis quelques années. Andy Crofts, l’homme qui se cache derrière ce groupe, avait été accaparé par son travail avec Paul Weller. 2020 nous réserve son lot de surprises tous les jours. The Moons est de retour avec un disque et s’est…
Bachar Mar-Khalifé - On​Off

Bachar Mar-Khalifé – On​/​Off

Vous cherchez un seul disque pour votre reconfinement ? On​/​Off de Bachar Mar-Khalifé pourrait être celui qu’il vous faut pour les longues après-midi sous la couette, un verre d’Aloxe-Corton et un Houellebecq à portée de main.
Juanita Stein - Snapshot

Juanita Stein – Snapshot

Troisième disque solo de Juanita Stein, Snapshot nous renvoie au début des années 2000, une époque où le Royaume-Uni avait le chic pour exporter une kyrielle de bons groupes.
Jeff Tweedy - Love Is The King

Jeff Tweedy – Love is the King

Intimement lié au livre How to Write One Song, Love is the King prouve une fois de plus que Jeff Tweedy fait partie des très grands. Et si certains ont perdu le fil avec la discographie de Wilco, ce nouveau disque solo est un excellent prétexte pour se rabibocher avec son patron.

Laura Veirs – My Echo

Accompagnée de Jim James, Bill Frisell, Karl Blau et de Matt Ward, Laura Weirs sort un onzième impeccable album.