Paul Weller – Wake up the nation

Le Modfather est de retour dans les bacs. Avec un nouvel album. Il est utile de le préciser puisque le bougre (ou plutôt sa maison de disque) avait l'habitude depuis quelques mois de balancer compilations et lives quelque peu discutables.


Le Weller ne connaît pas la crise. Inconnu dans nos contrées, il remplit les salles Outre Manche et vide les pintes de son public hétéroclite. Après un double album relativement ambitieux mais qui ne passe guère l’épreuve du temps, Weller remballe les Noel Gallagher et Graham Coxon et recrute dans la vieille garde: Bruce Foxton de qui on s’étonne (!!!), Kevin Shields de qui on sait, le requin de studio Clem Cattini de qui on tente de se rappeler.
Après avoir balancer le déconcertant « 7 + 3 Is The Strikers Name », on pouvait redouter le pire. Et c’est tout le contraire qui se passe.

Le début de l’album est foudroyant et hargneux comme un Mod sous amphet’. Get your face off of Facebook and turn off your phone » crache Weller. Morceau à la mélodie rutilante. Au son crasseux. Et le jeu ne s’arrête pas là. La doublette No Tears To Cry et le rutilant ‘Fast Car / Slow Traffic’ (feat Foxton). Cette chose indicible se produit. Cette tension. Cette aristocratie populaire. Le groove furibond. Cette idée d’inachèvement qui s’efface en même temps que le pied tape furieusement le sol.
Visiblement Weller est parti pour pondre album relativement classique mais agrémenté d’idées furieusement géniales et ponctué d’une production agressive. Les quelques notes de mellotron augmente la valeur ajoutée de ‘Find The Torch, Burn The Plans’, les arrangements du schyzophrénique Trees font de Wake up the nation un disque qui fout une raclée aux précédentes livraisons du type depuis, depuis. Les fans vont se battre. Depuis Stanley Road ? Heliocentric ?

Il y a une réelle folie dans ce disque. Fini les conventions et les balivernes. Weller attaque. Qu’est ce qu’il lui arrive au vieux. On a bien quelques doutes. Mais de la à arriver à ce résultat. Trees et ses visages mutiples. Merde.
Alors certes, on a quelques classiques indispensables. Mais il attaque la jeune garde sur Whatever next et nous claque une grenade avec « Two fat ladies ». Avec Barrie Cadogan. Dans les parages du Scream pendant Riot City Blues. On a compris: chef d’œuvre.

Discographie

Pouet? Tsoin. Évidemment.

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