@ Cabaret sauvage, Paris - 10.03.2010

A l’origine d’Animal Collective, il y a Noah Lennox et Josh Dibb. Mais avant Animal Collective, Noah Lennox s’était lancé en solo sous le nom de Panda Bear. Non, je ne vous parle ni de la SPA ni de WWF, mais de musique électro expérimentale. Panda Bear a donné un concert en attendant la sortie de son nouvel album Tomboy, attendu pour septembre. Et en première partie de ce concert dans le magnifique cadre du Cabaret Sauvage, Kurt Vile.

Kurt Vile

Sur scène, un jeune homme se cache derrière ses cheveux coiffés à la mode hard rock et commence à jouer. Kurt Vile joue d’habitude avec The Violators mais ce soir il est seul avec sa guitare. Les arpèges lancinants de guitares forment la base folk, le son métallique me rappelle une cithare, et sa voix à forte dose de réverbération envoûte. Comme il ne se passe pas grand-chose sur scène, je peux fermer les yeux pour saisir le son. Le tout me donne une impression de Bob Dylan qui se serait converti à l’hindouisme.

Panda Bear

Sur scène, Noah Lennox, alias Panda Bear se retrouve en multi-instrumentiste à manipuler des machines, une guitare en bandoulière et un micro bien calé. Derrière lui, un grand écran passe des bouts d’images, des impressions, des émotions…

Il enchaîne les morceaux qui se définissent alors par la rythmique, le ton qui diffère, le ressenti véhiculé par les images. Aucun temps mort n’est laissé au public pour s’exprimer. Les tempi s’ajoutent comme des strates : la base rythmique brusque, le sample lancinant et la mélopée de la voix. Au résultat, aucune homogénéité dans les hochements de tête. Chacun est laissé seul face à ce déversement de son et de bribes d’images.

L’écran projette des taches psychologiquement subjectives et des femmes dans tous les sens : femmes en colère, femmes qui étreignent, femmes qui attendent, femmes qui sautent à moitié dénudées sur des lits, femmes qui se suicident.

Surfers Hymn’ m’a donné des envie d’évasion, ‘Benfica’ m’a angoissée, ‘Slow Motion’ m’a soulagée de ‘Benfica’, tout en décrivant ce moment unique et planant mais si court illustré par le trampoline : quand on s’envole juste avant de retomber… ‘Bullseye’ exprimait une bombe à retardement, une montée en pression, avec en fond des explosions…

Malgré tout, je ne me suis pas sentie happée par la performance, tout juste spectatrice. Est-ce parce que le public qui m’entourait était trop intense ou justement trop désinvolte ? Ou est-ce à cause de Panda Bear qui avait l’air pressé, au point de ne faire qu’un bref rappel ?

Setlist : Drone / Tomboy / Surfers Hymn / Im Not / Last Night at the Jetty / Benfica / Slow Motion / Bullseye / I Want to Go with You / You Can Count On Me
Rappel : The Preakness / Ponytail

Date : 10 mars 2010
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2 réponses sur « Panda Bear et Kurt Vile @ Cabaret sauvage »

Je te trouve plutôt gentille en disant que tu ne t’es pas sentie « happée ». Pour ma part, j’ai trouvé que ce concert était honteusement nul. Son dégueulasse, Panda Bear en petite forme, pseudo-hypnose, ennui et agacement, abus des aigus… Contrairement à pas mal de gens, j’avais beaucoup aimé le concert d’Animal Collective au Bataclan l’an dernier. Mais là, je me suis limite senti escroqué! Désormais, pour moi, Panda Bear ce sera sur disque et point barre!
Bravo pour ton site,
A+

Bonjour Dave!
Merci pour ta réaction! Effectivement, ma première impression a été: quoi? c’est tout?! Mais je crois que j’ai vu tellement pire… que j’ai trouvé que tout n’était pas à jeter non plus.
Merci beaucoup au sujet des compliments sur le site.
A très vite j’espère!

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