Pas de Printemps pour Marnie – Nuit Fièvre

La reprise peut être un art parfois casse-gueule. Soit les artistes se contentent d’un académisme et se contentent de rendre une pale copie, soit ils s’écartent totalement du sujet et ce n’est plus une reprise mais une autre création. PAS DE PRINTEMPS POUR MARNIE – Nuit Fièvre

Pas de Printemps pour Marnie

Il arrive aussi parfois que le sujet de la reprise semble totalement incongru, décalé voire ringard. La plus grande crainte en se plongeant dans ce nouveau disque de Pas de Printemps pour Marnie dont l’excellent premier album de reprises de My Bloody Valentine a été couvert de louanges un peu partout est de se retrouver bien seul en écoutant ce qui doit être le disque de fan ultime. Franchement, ça intéresse qui les Bee Gees en 2010 ? Pas moi en tout cas, déjà à l’époque je les trouvais trop blancs, trop propres sur eux pour que je les assimile à la vague disco black et joyeuse forcément. Et en plus ça me rappelle les cassettes que mon père passait dans la voiture pour aller à la plage… Et surprise de taille, je me suis trouvé totalement conquis par ces chansons qui se voient offrir un bien bel hommage par Jean-Pierre Isnardi et surtout je me rends compte que les Bee Gees savaient écrire des mélodies qui nous apparaissent maintenant comme intemporelles.

Pas de Printemps pour Marnie – Tragedy

Chaque chanson, ici, ne bénéficie pas d’une interprétation uniforme, on décèle des échos shoegazing, plus loin on croise une comptine pop, au détour du disque on se heurte à son plus brut, plus rock. C’est quand il tente de sonner comme Nouvelle Vague que JP Isnardi se montre le moins convaincant, fort heureusement il n’y a vraiment que deux titres qui laissent cette impression (« How deep is your love » & « More than a woman »). Bonne idée d’avoir invité des chorales d’enfants à participer au chœur pour ce disque, surtout que le traitement opéré façon cathédrale ou gymnase comme chez les canadiens de Langley School Project insuffle une dimension tragique et un peu spectrale aux morceaux. Spectrales, les voix des chanteuses le sont aussi, on peut dire également évanescentes, charmeuses comme des sirènes, enchanteresses, bref inutile d’insister vous serez à coup sûr conquis par ce grand disque qui vous donnera peut-être envie de réécouter les Bee Gees ou le premier disque de Pas De Printemps Pour Marnie, qui malgré un bon accueil de la part des médias est à mon avis passé un peu trop inaperçu. Paradoxalement, en s’éloignant du dancefloor façon disco des Bee Gees, Pas De Printemps Pour Marnie invente en quelques morceaux, le dancefloor exigeant et érudit auquel nous devrions tous avoir droit. Et si vos vacances vous conduisent à la discothèque de la plage, exigez du dj qu’au lieu de vous asséner pour la millionième fois « Stayin’ alive » il fasse l’effort de jouer « To love somebody », vous éclairerez la nuit des autres danseurs.

Tracklisting

  1. run to me (chants : Marie Martinet + Jules Broydé)
  2. you should be dancing (chants : Marie Martinet + Chorale Calvinac)
  3. stayin alive (chants : Clémentine Darros-Shook + Chorale des Pradettes)
  4. night fever (chants : Clémentine Darros-Shook + Chorale des Pradettes)
  5. massachussets (chant : Marie Martinet Choeurs : Valérie Papon)
  6. holiday (chants : Laurence Toutain)
  7. how deep is your love (chant : Marie Martinet)
  8. tragedy (chant : Laurence Toutain + Chorale Calvinac)
  9. got to get a message to you (chant : Marie Martinet + Choeurs : Valérie Papon)
  10. to love somebody (chants : Marie Martinet + Chorale Calvinac)
  11. I started a joke (chants : Laurence Toutain + Choeurs : Jules Broydé, Marie Martinet, JP Isnardi)
  12. more than a woman (chant : Clémentine Darros-Shook)
  13. too much heaven (chant : Laurence Toutain)

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