Chronique : The coral - Butterfly house
Revoilà les grands perdants des années 2000 anglaises.
Partis sur les chapeaux de roues avec un album tous les ans, The Coral a enquillé les bijoux pop de manière hallucinante. Faussement joyeux, The Coral a évolué beaucoup plus rapidement que son public. Parce qu’il fallait les suivre les petits loups de Liverpool. Un album foutraque psyché en 2002, une collection folk en 2003, un pamphlet psychotique l’année suivante et enfin un recueil glacial en 2004. Évidemment, les foules qui fréquentent les HMV britanniques ne sont pas habituées. Résultat des courses, ils étaient à sec pour se payer leur mentor Ian Broudie et Noel Gallagher est venu à les rescousse en leur prêtant son studio.

The Coral

Et l’équation est devenue encore plus compliquée à résoudre après la parution de leur acmé Roots and Echoes et le départ de leur guitariste maléfique Bill Ryder-Jones. Bref. Les choses ne sont pas simples.

Epaulé par John Leckie (Stone Roses, Felt, Cowboy Junkies, pour ne pas citer Radiohead), la bande de Skelly tente de résoudre le fameux théorème de la suite à donner après avoir claqué un chef d’œuvre. Ils ont volontairement pris la direction de la côte ouest américaine et balance un album d’une grande homogénéité. Difficile de repérer quelques titres phares comme pour leurs précédentes livraisons. Ils jouent serrés les gaillards. Tête baissée.
Passés les deux premiers titres quelques peu dispensables, on attaque le fond du problème avec le splendide Sandhills et sa mélodie entraînante. Skelly semble planer au dessus du reste. Sa voix froide et sculpturale tacle l’auditeur.
Butterfly House, premier morceau échappé sur la toile, révèle toute sa saveur avec son avalanche de guitare et son refrain désenchanté.

Green is colour envahit les ondes et tente de prendre au piège l’auditeur. Mais les choses prennent difficilement. Two faces et consort ont du mal à convaincre. Coup de fatigue ? Non. L’impact de la perte de Ryder-Jones se fait ressentir même si ce dernier participait peu au processus d’écriture. Skelly le sait. Et tente de le combler. Désespérément.
Il faut attendre la fin de l’album pour retrouver un semblant de fougue avec North Parade et son riff belliqueux et enfin Coney Island et ses notes lourdes. La voix de Skelly, résolument mise en avant, envoie l’album dans des atmosphères claustrophobiques.

Évidemment, tout comme leurs ainés de Shack et des La’s, Skelly and co jouent au jeu du chat et de la souris. Et cachent les meilleurs morceaux sur les faces B des singles et sur l’édition « deluxe ». On vous recommande l’écoute soigneuse de la face B The King Has Died, vive Skelly !

Pouet? Tsoin. Évidemment.
Vous avez aimé ? Partagez :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

2009 - 2021 : 31 M de vues sur note chaine YouTube !

Merci aux artistes et labels qui nous ont fait confiance !

Avec : Mariama, Sayem, St Augustine, Ornette, The Dodoz, Dominique A, Lisa Hannigan, Nadeah, Hocus Pocus, BabX, Absynth Minded, Diane Birch, 3 Minutes Sur Mer, Applause, Jon And Jen, Anita Drake, Mademoiselle K, Richard Walters, Brune, Chew Lips, Emily Loizeau, Julia Stone, Sarah Blasko, Marie-Flore, MLCD (My Little Cheap Dictaphone), Hey Hey My My, AaRON, Foreign Beggars, Skip The Use, Hyphen Hyphen, Curry And Coco, Lilly Wood And The Prick, Rivkah, Kid Bombardos, You, Sharleen Spiteri , Thos Henley, Élodie Frégé, Caro Emerald, Viva And The Diva, Sly Johnson, Belleruche, Skip The Use, Ben Mazue, The Dø, Twin Twin, Marie-Pierre Arthur, Chris Garneau, Angus And Julia Stone

↪ Toutes les SK Sessions

↪ Abonnez-vous à notre chaine YouTube!

Cela pourrait vous intéresser

The Coral - Coral Island

The Coral – Coral Island

Nés dans le sillage des effluves de la Brit pop, les Coral ont cassé la baraque en 2002 avec le premier disque et Dreaming Of You, leur unique tube. Depuis ? Une dizaine d’albums, confinés à un succès anglo-saxon, tous excellents. Maintes fois dépassés dans les classements par la jeune garde, les Coral n’ont jamais…

The Coral, l’efficacité anglaise

Et de dix pour les Coral ! Le groupe de Liverpool sera de retour à la fin du mois d’avril avec un double album et vient de publier Vacancy, un nouveau single diablement efficace.

Paul Molloy is like a virgin

Liverpool continue de nous enchanter en cet été étouffant. La rasade de fraîcheur est aujourd’hui assurée par Paul Molloy, ex- The Zutons et actuel The Coral avec son clip My Madonna.

Ian Skelly – Drifters Skyline

Attention. Il va être question d’un super disque que vous ne pourrez écouter que sur votre chaîne hi-fi ou si vous un compte Apple Music.

Plus dans Chroniques d'albums

Vikken

Vikken – Joie

Vikken et sa Joie ont tous deux le sens de la débâcle. Un côté Charlie Chaplin de la folle déprime, face à une grosse machinerie bête et informe, qui fixe, qui normalise, qui nécessairement finit par s’emballer, et qui ne s’arrête plus, et qui envoie valser en l’air à grands coups de beats électro tout…
Francis Lung - Miracle

Francis Lung – Miracle

L’ex-membre de WU LYF a bien fait de nommer son nouveau disque Miracle. Les 13 (tiens tiens, ce nombre..) chansons font de nouveau croire en lui.
Gruff Rhys - Seeking

Gruff Rhys – Seeking New Gods

Obsédé par le mont Paektu, un volcan situé à la frontière de la Chine et de la Corée, Gruff Rhys atteint des sommets avec son septième album solo, le bien nommé Seeking New Gods.
The Chills - Scatterbrain

The Chills – Scatterbrain

Détruit par l’industrie musicale dans les années 90, Martin Phillipps (l’écrivain qui se cache derrière ce groupe) vit une seconde vie (musicale) depuis 2015 grâce à Fire Records, label anglais qui ne jure que par lui.