Dona Confuse – Ghost Healers, Fascinating Box

Chronique : Dona Confuse - Ghost Healers, Fascinating box Après Broken Silver Cigarette in Tristan Da Cunha, le groupe toulousain Dona Confuse revient cette année avec son second album Ghost Healers, Fascinating Box. Si le groupe est toujours chez Le Son Du Maquis, pour ce deuxième opus ils sont distribués par Harmonia Mundi.

Dona Confuse

Dona Confuse ne se perd pas dans des circonvolutions, 32OO ISO entre dans le vif du sujet. Une ambiance electro-anxiogène de fond de cave qui laisse peut de place à l’éclaircie. Quelque part entre un gothique 80’s, des drones qui vrillent les tympans, des guitares de lonely cow boys… Un morceau qui me fait invariablement penser à Paris, Texas. Si l’album s’ouvre avec un morceau pareil, Dona Confuse a intérêt à tenir ses promesses sur la longueur.


Ghost Healers, Fascinating Box enchaine avec l’inquiétant Echoes From The Fascinating Box. Glaciale et introspective, la descente continue avec Ordinary Death. Puis Here arrive et marque une respiration, une éclaircie fraiche et pop bienvenue. Une décharge dansante qui passe des oreilles aux pieds en faisant un petit détour par l’estomac. La rythmique du morceau fait mouche à tous les coups.
Le répit est de courte durée, l’atmosphérique Ordinary Life se déploie dans une moiteur et une lenteur presque lascive. Puis arrive le bruitiste Ghost Healers. Une machinerie cyber punk hallucinée et hallucinante. Le morceau bascule dans un post punk / cold wave, qui fini de rendre humaine et habitée cette déferlante artificielle de près de 8 minutes. White & Hot suinte la mélancolie romantique. Dona Confuse remet le couvert bruitiste avec Blue Baritone, bande son lynchienne de 4 minutes, avant de clore ce deuxième album avec un Farniente Coffee foisonnant, tout en clair obscur, contenant à elle seule une bonne part de la recette de Dona Confuse ; inquiétante, cybernétique, introspective,

Dona Confuse offre un album audacieux et ambitieux, entre expérimentation, morceaux bruitistes, agrémentés de drones introspectifs, qu’ils contrebalancent intelligemment et efficacement de morceaux plus abordables et immédiats. Ghost Healers Fascinating Box accompagne les pérégrinations d’un cow boy punk et dépressif dans une quête chamanique au coeur d’une friche industrielle.
Signalons au passage que l’album est un très bel objet, vous auriez tort de vous en priver.

Discophage et habituée des salles parisiennes, Queen Mafalda donne son avis, surtout si on ne le lui demande pas.
2 réponses sur « Dona Confuse – Ghost Healers, Fascinating Box »

Les commentaires sont fermés.

Cela pourrait vous intéresser

Magenta – Un Peu d’Amour

Vidéo : Magenta – Un Peu d’Amour (avec Yoa)

Après les discours riants du duo comique Vincent Lindon et Volodymyr Zelensky sous le regard complice et ému de Thierry Frémaux en ouverture du 75ème festival de Cannes, on avait envie d’un peu d’amour, petit lâcher prise offert par Magenta avant leur nouvel EP disponible le 17 juin et en précommande ici.

Plus dans Chroniques d'albums

Jana Horn

Jana Horn – Optimism

On avait découvert cette voix sublime avec une invitation, Go on / Move your body. On avait évoqué Duras en écoutant la première fois son formidable Optimism. On revient sur ce disque qui depuis ne quitte plus nos oreilles et notre cœur de midinette.
Blondino

Blondino – Un paradis pour moi

Blondino fait partie de ces artistes pour lesquels la définition serait à chaque fois imparfaite, trop vague, une suggestion. Ou alors une tentative. Avec juste quelques balises, posées, lancées plutôt, vers de vagues extrémités, histoire d’en conserver l’ampleur.
Limiñanas / Garnier - De Pelicula

The Limiñanas / Laurent Garnier – De Película

Qu’est-ce qui ressemble à un disque des Jesus and Mary Chain ? Un disque des Jesus and Mary Chain. Qu’est-ce qui ressemble à un disque des The Limiñanas ? Un disque des The Limiñanas Avec De Película, les The Limiñanas signent un pacte avec Laurent Garnier et quitte les rivières pourpres de Shadow People pour […]
H- Burns -Burns The Wire

H-Burns – Burns on the Wire

H-Burns décide de prendre tous les risques et quitte l’Amérique de Jason Molina et de Rob Schnapf pour le Canada du Perdant Magnifique.