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Chroniques d'albums

Lenny Kravitz – Black And White America

Trois ans après « It’s Time For A Love Revolution » Lenny Kravitz revient avec Black And White America le neuvième album d’une carrière qui dure depuis plus de 20 ans. Si Black And White America n’est pas à proprement parler un album concept, il est indéniable que le thème de l’égalité raciale le traverse de part en part. Un thème cher à Kravitz depuis probablement toujours et qu’on pouvait déjà entendre sur Mr Cab Driver, morceau de son premier album Let Love Rule.

Lenny Kravitz qui n’a plus rien à prouver et qui a fini de payer les traites de ses maisons aurait pu nous faire un album bien putassier, pop-rock-easy listening. Alors easy-listening, oui évidemment, c’est de Lenny Kravitz dont on parle tout de même.

Si le premier single Stand passe tout seul sans trop accrocher l’oreille (malgré peut être un clavier bien rétro), d’autres morceaux ont un fort potentiel à faire shaker les booty.
Le duo avec Jay Z & Dj Military, balance un dancehall bien crado, daté et pas dégueu. D’autres morceaux assoient bien franchement la fibre funk de Lenny Kravitz : par exemple le très luxurieux Liquid Jesus et ses claviers et percus de film de cul des 70’s, ou les non moins sexués Super Love et Back On Love tout en basse et en clavier… Là où d’autres renouent avec une fusion plus rock’n’roll; le musclé Come On & Get It avec sa section de cuivres et sa guitare devient un des moments les plus rock’n’roll de l’album.

Lenny Kravitz – Stand

Discographie

Et puis il y a d’autres morceaux comme In The Black, morceau dance aux synthés très marqués et à la batterie bien binaire comme il faut pour remuer sur un dancefloor. Jusqu’au très pop Everything, ou le plus faiblard I can’t be without you, mais tellement fait pour fonctionner qu’il finit par s’insinuer en vous. C’est le jeu, la force d’une production rocambolesque. Il est fort Lenny Kravitz, vous n’avez plus qu’à baisser les bras et profiter. On passera tout de même sur Faith of A Child, qui serait plus ou moins son « We Are The World » à lui ; ainsi que sur Dream inénarrable balade dont on aurait pu se passer. L’album se clôt sur un jolie Push un poil anecdotique au regard de l’explosion qu’ont pu susciter d’autres morceaux de l’album.

Entre pop, rock, punk, Lenny Kravitz accouche d’un album jouissif et énergique qui prouve bien que si en 20 ans Lenny Kravitz à eu des productions inégales, il a toujours des trucs à dire.

Discophage et habituée des salles parisiennes, Queen Mafalda donne son avis, surtout si on ne le lui demande pas.
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