L’autre jour, sur YouTube je suis tombé sur une vidéo d’un groupe aujourd’hui tombé dans l’oubli Shades Of Rythm « Extacy », certaines images de ce clip semblent avoir été tournées à l’Aquaboulevard de Paris lors d’une rave mémorable organisée par je ne sais plus qui avec des bus entiers de britanniques qui avaient débarqué. Britanniques tous plus beaux les uns que les autres, déguisés, amusants, souriants, délirants, très drogués sûrement bien sûr, qu’importe, ces jeunes gens avaient, le temps d’une nuit inoubliable, apporté une magie folle dans notre capitale. Ils ne sont pas si nombreux les évènements auxquels j’ai participé dans ces années là à m’avoir laissé une telle impression.

Par delà, les années qui passent et ne reviennent jamais, il y a encore une tripotée d’organisateurs, de managers de labels, de musiciens à vouloir faire perdurer cette magie et ce sens de la fête que, il faut bien dire, nous autres français, avons toujours eu un peu de mal à cultiver. Hardrock Striker fait partie de ces gens qui n’ont pas oublié que la house sert avant tout à danser, le reste n’étant bien souvent qu’habillage de musiciens en mal d’inspiration. Vous souvenez vous la sensation ressentie à l’écoute des premiers disques de house à l’époque ? Cette étrange sensation qui vous dit que cette musique risque de vous hanter toute votre vie et vous garantira quelques beaux frissons. C’est exactement cette sensation que l’on éprouve lorsque les premières notes de « Need You » déboulent. On pense aux disques de Fnac Music, de Nu Groove, aux vieilles galettes de Strictly Rhythm et à tant d’autres trésors que notre mémoire refuse d’enfouir.

Jason Grove – Lost Cuts#1 / Wax Classic

On se laisse happer par la musique et l’on se dit que ce serait bien de ne vivre que de ça, de danse et de joie ressentie à l’audition de bonne musique. Jason Grove a débuté sa carrière sans doute dans les bas-fonds de Detroit à l’époque où ils n’étaient qu’une poignée à vouloir sortir cette ruine de ville de son déclin annoncé, il a eu l’occasion d’être invité sur les ondes de WDRQ et WJLB ce qui lui a apporté un semblant de notoriété au moment où d’autres traversaient l’Atlantique pour prêcher la bonne parole. Ayant toujours refusé de se compromettre avec de gros labels, sa musique aurait pu sombrer dans l’oubli si Hardrock Striker n’était tombé un peu par hasard sur deux cassettes audio de 1991 et 1992. Il décide de sortir pour la première fois en vinyl ces titres intemporels qui sonnent comme du Kerri Chandler avant l’heure ou du Romanthony très rough. Jason Grove continue, lui, à composer, sans ordinateur, il vend ses cassettes à des disquaires indépendants ou les donne à des copains.