Depuis quelques années, les Kasabian gèrent l’héritage des Happy Mondays et consorts de manière plutôt intelligente. Après trois albums et un succès grandissant, le gang anglais sort Velociraptor!. La France a peur comme disait ce cher Roger.

Mal dégrossis, pas très fins, surtout après le départ de Christopher Karloff, le cas Kasabian fait office de petit miracle médiatique (et artistique). Perdre le type qui a co-écrit des chansons comme L.S.F. et Club Foot n’était pas le meilleur plan de carrière. Les bookmakers anglais enregistraient les paris : les Kasabian vont se casser la gueule à l’heure du deuxième album. Perdu. Ils en ont enregistré deux et ont raflé la mise. La banque a sauté. Pariant sur l’esbroufe et une production made in Dan The Automator, le discours a plu et séduit.
Oui, parce que l’écriture n’est pas le point fort du groupe. Mais Pizzorno, le dictateur local, est assez malin pour combler ses manques par des effets de studio bien ficelés. Chaque album contient son petit lot de singles malins.
Velociraptor! ne déroge pas à la règle. Pour preuve le single Days Are Forgotten. Une batterie gainsbourienne pour les intellos, une basse bandante pour les lads, et… Bah pas grand chose. Un refrain qui frise le néant mais qui fonctionne par la magie de Dan The Automator et par un brin de malice. V’la le scandale qui arrive sur les pistes de danse de tous les clubs anglais.

Kasabian – Days Are Forgotten

Le titre majeur de l’album se glisse juste après. Man of Simple Pleasure et son refrain crâneur donne l’illusion d’un duel entre Clint Eastwood et une bonne soeur.

Si West Ryder Pauper Lunatic Asylum, précédente livraison du groupe, avait marqué les foules par sa diversité et son manque d’homogénéité; Velociraptor! évite ce défaut même s’il semble en être le décalque parfait. On tient le Vlad The Impaler avec Velociraptor, Pizzorno se paye quelques moments sur le disque comme à son habitude et Re-Wired remplace de manière élégante Fire.

Velociraptor! est un album sombre. Mais la recette fonctionne toujours. Ce Meighan et sa voix de syndicaliste édenté porte à merveille les délires dépressifs d’un Pizzorno de plus en plus refermé.

On évitera de crier à l’expérimentation et au génie (comme eux récemment dans le N.M.E.) mais Velociraptor! est un album qui se boit facilement et qui tient la route. L’album devrait poursuivre la voie tracée par ce groupe. Et si au passage, ils pouvaient prendre des parts de marché aux affreux Muse et aux inertes Kooks…  C’est tout le mal que l’on souhaite à ces gugusses.

Tracklist : Kasabian - Velociraptor !
  1. Let’s Roll Just Like We Used To
  2. Days Are Forgotten
  3. Goodbye Kiss
  4. La Fee Verte
  5. Velociraptor!
  6. Acid Turkish Bath (Shelter From the Storm)
  7. I Hear Voices
  8. Re-wired
  9. Man of Simple Pleasures
  10. Switchblade Smiles
  11. Neon Noon
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Réponses

  1. Juste pour dire que tu as plutôt bien analysé le concept des Kasabian et que tu l’as très bien exprimé. Grande mention pour la phrase finale, magnifique! :)

  2. « l’écriture n’est pas le point fort du groupe ». Je n’ai pas encore écouté l’album donc je ne me prononcerai pas sur les impressions véhiculées dans cette chronique. Par contre quand je lis des trucs pareils ça me fait bondir ! Contrairement à un groupe comme Kaiser Chiefs, Kasabian n’est pas seulement un groupe qui fait de la musique pour supporter éméché, et le prouve justement depuis que Pizzorno est aux commandes de la composition ! Il suffit d’écouter West Ryder pour s’en convaincre…le « concept Kasabian » est pour moi bien loin de votre description réductrice. Oui, sur scène ils foutent le feu et sont des rois (pour les avoir vus 3 fois dont cet été à Arras); et sur album, une oreille exercée saura reconnaître leur génie sonore et de composition.

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