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Enter Shikari – A Flash Flood of Colour

Enter Shikari - A Flash Flood of Colour
Enter Shikari - A Flash Flood of Colour
Enter Shikari - A Flash Flood of Colour

Reconnu ces dernières années pour faire s’allier avec brio idéaux punk et sonorités métal versus dubstep, le groupe anglais nous propose ici son troisième album, que le chanteur Rou affirme, à sa sortie, comme n’étant pas politique, au magasine anglais NME.

Enter Shikari

Très attendu, A Flash Flood of Colour rassemble onze chansons, dont une que le groupe avait déjà envoyé à la planète Internet dans la consécution de Quelle Surprise ou Destabilise ou Ghandi, Mate Ghandi : Sssnakepit. Et comme ils nous l’avaient prouvé avec Common Dreads (la galette et la chanson), ces anglais sont forts – très forts – pour faire monter la pression lors de leurs introductions. Systemsonne d’abord mélodieusement, presque aériennement mais avec une touche électronique avant de laisser place à l’accent so british de Rou Reynolds dont les phrases sont sorties en syncope, devenant presque agressives, comme le ferait un rappeur sur une chanson trip-hop. Ce préambule mettant en avant la menace des esprits hermétiques laisse place, sur fond de « it’s our future » se transformant en « your future » – clin d’œil certain au « no future » des papas du punk – à la seconde fraction de cette chanson :Meltown. Nous rappelant qu’il est toujours temps de métamorphoser nos rapports aux communautés, elle rentre dans le vif du sujet : « Stand up ! Countries are just lines drawn in the sand. Inside this sick foundation, we’ve had the realisation, inside this sick foundation, we’ve had the revelation. (…) Fuck all borders and fuck all boundaries. Fuck all flags and fuck nationalities ! » Oui, on retrouve Enter Shikari et ses aspirations.

Ssnakepit est quant à elle une invitation à laisser de côté le monde qui s’écroule autour de soi et à profiter de l’instant présent. Search Party met en avant la voix de Reynolds ; son pont est d’abord très doux, presque enfantin, contrastant avec des hurlements et les guitares saturées et saccadées lui succédant. Musicalement, Arguing With Thermometers est un pur mélange de styles propre au groupe : d’abord frôlant le metalcore, elle enchaîne chaos sonore, puis dubstep plus structuré. Stalemate commence acoustique et reste la pause de l’album, plus mélodique, laissant même s’ajouter à sa fin quelques accords de piano. Ghandi, Mate Ghandi, même si elle est déjà connue par le cercle d’internet, n’en est pas moins digne d’intérêt ; il est clair qu’elle se découpe en six parties distinctes : s’ouvrant sur une introduction dont le texte donne le ton, elle se voit successivement enchaînée par du pur dubstep, du métal, un mélange simple d’électronique et de voix, un nouvel air de dubstep qui deviendra ensuite plus lent et lourd.

Warm Smiles Do Not Make You Welcome Here met davantage l’accent sur le côté rock des anglais tandis que Pack Of Thieves – dont le titre est révélateur- mélange encore les genres, tout comme le fait Hello Tyrannosaurus, Meet Tyrannicide – ici avec rap et métal – laissant de nouveau place aux métaphores, se finissant sur un Rou Reynolds répétant avec rage que les « empires always fall ».

Constellations – faisant presque penser à une berceuse, à l’image de son titre – clôt la nouvelle collection d’images que le groupe nous offre pour porter son message : un appel à la révolte des esprits. Anti-politique, anti-système, presque anarchiste, ce nouvel épisode nous propose encore une réappropriation du punk, avec une fois de plus z, son mélange de styles réussi. Certes, A Flash Flood Of Colour n’est pas leur meilleur album, mais ici encore, Enter Shikari rassemble les foules – comme il aime le faire avec les voix dans ses créations – qui ressentent une nécessité d’insoumission dans un contexte où les remises en questions sont nombreuses, quotidiennes et nécessaires.

Enter Shikari – Sssnakepit

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