Temple – Serrez Les Rangs, Serrez Les Dents

Temple - Serrez Les Rangs, Serrez Les Dents (chronique) Originaires des Ardennes, Temple offre ici un EP mêlant rap et métal, à l’image d’esquisses de brassages de genres ayant surgi dans les années 90. C’est pourtant depuis cette année que leur autoprodution Serrez Les Rangs, Serrez Les Dents est disponible. Quatre chansons, quatre chances de découvrir davantage ce quatuor contestataire.

Temple

Avant tout, le rap qui nourrit les idéaux du groupe est violent et haineux ; si vous détestez le rap, vous avez le choix : vous pouvez soit passer votre chemin, soit prendre votre courage à deux mains et y prêter une oreille attentive. Parce que si Cam&Leon rappe à tue-tête et que l’instru peut paraitre répétitive, il ne s’agit pas moins de métal brutal et furieux. « Yallah !!! » inaugure cet EP arduement, lançant la danse avec un riff entêtant et une rage évidente. S’y greffent des paroles sommairement adroites et perspicaces, prônant la révolte, l’insoumission et l’espoir. (« Il n’est plus interdit de se lever, il n’est plus interdit d’espérer, comme d’aller de l’avant poing levé !! »)

Temple – Serrez les rangs, serrez les dents, teaser1

Bastards entame une nouvelle facette du paysage musical de Temple, imposant davantage un petit son électronique à ses débuts ; du reste, elle n’en est pas moins percutante et brute ; ça crache dans le micro, ça insulte (« Arrête de faire la pute »), c’est vulgaire… c’est incontrôlable. Lorsque A l’intérieur s’amorce, on penserait presque avoir le droit à un petit interlude à la Linkin Park (cf. Session ou Cure For The Itch) ; à première vue lourde et lente mais loin d’être maladroite ; discontinue, elle est sans doute la plus élaborée au niveau sonore parce que brasse tous styles et influences sans complexes aucuns.
My Roots se faufile l’air de rien dans la langue de Shakespeare, mais Temple revient vite vers sa langue natale pour servir des couplets énergiques et toujours aussi exacerbés. Le refrain rompt le rap brut avec une voix doublée, plus aigüe et au final, mélodieuse.

https://soundcloud.com/templemusic/myroots

Somme toute, des mélanges qui auraient pu paraître déroutants (métal et rap, le tout en français) paraissent évidents et la pression ne redescend jamais ; un sentiment d’urgence se fait ressentir, loin de quelque chose de réfléchi, calculé, « surpensé » : ce qui doit être hurlé l’est, sans fioriture, et pourtant intelligemment. Si ce groupe pourra rappeler à certains de ma génération des groupes tels que Enhancer ou Pleymo, ou peut-être davantage des groupes cultes tels que RATM, Temple signe avant tout un EP incisif, dur, énergique, pur et puissant, à qui la langue française, contrairement à ce que l’on pourrait craindre, rend justice.

Temple – Serrez Les Rangs, Serrez Les Dents
8/10

Cela pourrait vous intéresser

Deafheaven2

2X2 places pour Deafheaven à l’Épicerie Moderne

Deafheaven selon Arte veut remettre la mélodie au premier plan dans le black metal. Quoiqu’il en soit les californiens envoient du lourd et risquent de renverser l’Épicerie Moderne le vendredi 7 octobre.
Inderwelt-totem

Cri Primal

Une nouvelle pierre dans le jardin du métal avec Totem, une éruption des clermontois d’In Der Welt,

Plus dans Chroniques d'albums

Apparitionduvisagedebelalugosisurunetranchedesalami

Comelade : ô lâches, soyez fous !

Et si le disque de 2022 était un disque instrumental et barré dont Pascal Comelade a le secret, ironiquement intitulé Le non-sens du rythme ?
Stephaneicher-odeartworkbysylviefleuryphotobyannikwetter

Stephan Eicher – Ode

Il n’y a pas d’ami comme Stephan Eicher. A chaque disque il nous offre une balade dans son dédale sentimental, ses étranges paysages, ses constructions impossibles.
Bastien Devilles - Remonter le courant

Bastien Devilles – Remonter le courant

On connaissait Daredevil, voilà Bastien Devilles que l’on peut écouter les yeux fermés d’autant plus que les mots sont de Brigitte Giraud, futur prix Goncourt avec Vivre vite.