Soap&Skin : Lovetune For Vacuum

Soap&Skin : Lovetune For Vacuum
Louis - 28/10/2009

Soap&Skin : Lovetune For Vacuum
Soap & Skin : Lovetune For Vacuum

Pias a fait la connerie de l’année en sortant ce disque dans nos contrées en avril. Le printemps s’invitant dans nos appartements, il y avait peu de chances pour que nous nous infligions un retour vers la banquise.

Soap & Skin

Parce que Lovetune for Vacuum de Soap & Skin est un bon disque. Un bon disque d’hiver. Rien d’autre.
Reprenons le curriculum vitae de la belle : autrichienne, 18 ans au compteur et visiblement très heureuse de vivre. Après l’écoute de ce disque, les Warlocks vont passer pour la Compagnie Créole.
La pochette du disque est assez anxiogène et il suffit de le retourner pour voir les titres dignes d’un enterrement de vie de vampire : Marche funèbre, Thanatos… Finalement c’est le titre d’ouverture qui paraît le plus jovial : Sleep. On frise la crise de rire.

A l’écoute du premier titre, on croit tenir une version frelatée des Dresden Dolls. Un piano discret, une boite à rythmes inutile et une voix (charmante au demeurant) qui ennuie plus qu’elle ne séduit.
Fille d’éleveurs de porcs (ça ne s’invente pas), Anja Plaschg soigne rapidement la chose avec un deuxième titre somptueux où les éléments précédemment énoncés se marient parfaitement et où la belle insuffle un semblant de vie dans sa musique. Et l’intensité va n’avoir de cesse de grimper: les touches de piano se transforment en flocons de neige et la voix en une plainte désolée. Paradoxalement celle ci est absente du tourbillon de Turbine Womb, premier sommet de l’album. Alors qu’une flopée de groupes cachent leur misère derrière une ribambelle d’effets et d’hurlements, notre jeune amie réussit un tour de force avec ce titre, archétype de simplicité. C’est beau à en crever.

Après quelques titres moins intenses et surtout plus conventionnels (Cynthia), notre Nico tyrolienne va atteindre des sommets d’intensité avec Mr Gaunt PT 1000 et Marche Funèbre avant de repartir avec des choses plus ou moins pénibles (cf les bidouillages électro de l’avant dernier titre). Résolument décomplexée, elle applique une recette simple : un piano qui crève la platine par sa délicatesse et une voix glacée vont s’allier pour faire baisser la température de quelques dizaines de degrés.

Bref, une poignée de titres assez impressionnants pour ce premier album. Ce premier album de Soap & Skin bercera nos dimanches matins d’hiver.

Pouet? Tsoin. Évidemment.
Réponses
  1. La chronique m’a invitée à découvrir l’album et je dis merci car c’est une très belle découverte pour moi.
    Je préfère les titres plus faciles d’accès ou plus conventionnels comme tu le dis dans le billet, tels que Cry wolf, cynthia, fall foliage et spiracle. Marche funèbre est une invitation à se tirer une balle tellement c’est sombre. Par contre je suis d’accord Turbine Womb est très jolie. Elle sera le 03 novembre à l’Européen. J’y serai bien allée mais trop de sorties de prévues.

  2. En fait j’ai eu un coup de coeur pour l’album et j’y suis allée ce soir car elle jouait aussi ce soir. C’est carrement intense, solennel, effrayant et beau. Surtout beau. C’était quelque chose vraiment. J’aimerai bien lire un live report car autant c’est beau en CD en live c’est puissance 10. Justement le titre que j’aurai cité en dernier version studio est joué également en avant dernière chanson car c’est un clou du concert. Il s’agit de la marche funèbre. Pétard ! Parfois le concert (plutôt Anja) foutait les chetons mais « Dieu » que c’était grandiose !

Un avis, un commentaire ?

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


A lire dans “Chroniques d'albums

Pictish Trail – Thumb World

L’Écossais Johnny Lynch aka Pictish Trail est tellement fou qu’il ferait passer son compatriote Steve Mason (The Beta Band) pour quelqu’un de totalement ennuyeux. La preuve avec Thumb World, son nouvel album.

The Lost Brothers - After The Fire After The Rain

The Lost Brothers – After The Fire After The Rain

Encensés par Richard Hawley, produits par Brendan Benson (The Raconteurs) et amis de M. Ward, les Lost Brothers ont tout pour réussir. Si c’est le cas au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis (où ils vont assurer la première partie de M. Ward lors de sa prochaine tournée), fort est de constater que la greffe ne prend…

Humanist – Humanist

Il y a Rob Marshall et les autres. Pour son premier disque solo, l’ex Exit Calm réussit l’exploit de réunir une douzaine de chansons belles à tomber à la renverse avec un casting qui donne le tournis. Humanist est un coup de foudre. Et comme pour Lucien Leuwen de Stendhal, Humanist est un coup de…

Destroyer - Have We Met

Destroyer – Have We Met

Il y a neuf ans, l’ex The New Pornographers Dan Bejar publiait Kaputt un disque somptueux qui avait le mérite d’unir les fans irréconciliables de New Order et de Prefab Sprout. Au lieu de capitaliser sur ce succès, Bejar nous a plongé dans une pop magnifique mais dépressive pendant deux albums. Have We Met sonne…

Andy Shauf - Neon Sklyline

Andy Shauf – The Neon Skyline

En mai 2016, Andy Shauf avait tué toute la concurrence en publiant The Party. Il recommence en janvier 2020 avec The Neon Skyline.

Isobel Campbell- There Is No Other

Isobel Campbell – There Is No Other

Pour un retour inespéré, c’est un retour inespéré. L’ex Belle and Sebastian n’avait pas donné de nouvelles depuis dix ans. Elle est de retour avec There Is No Other, un disque impeccable.

East Village - Hotrod Hotel (2)

East Village – Hotrod Hotel

Michael Schulman, le patron de Slumberland Records (Tony Molina, Pete Astor, Veronica Falls pour ne citer qu’eux) se fait plaisir en rééditant Hotrod Hotel.

Bill Fay - Countless Branches

Bill Fay ‎– Countless Branches

Adulé par les membres de Wilco et de War On Drugs, vénéré par Jim O’Rourke et Ed Harcourt, Bill Fay est définitivement sorti de sa retraite à l’âge de 76 ans avec la sortie de Countless Branches.

Alma Forrer - L'année du loup

Alma Forrer – L’année du loup

« J’ai envie de toi » chante Alma Forrer dans N’être que l’hiver qui ouvre son premier album L’année du loup et à son écoute nous avons aussi terriblement envie d’elle, de ses chansons entre folk américain et variété française au sens le plus noble.

Field Music - Making A New World

Field Music – Making A New World

Si Oasis et Radiohead n’avaient pas existé…. Si les Foals et les Coral n’avaient pas existé… Les Field Music seraient sûrement le groupe anglais le plus influent et le plus médiatisé de ces quinze dernières années.

The Electric Soft Parade - Stages

The Electric Soft Parade – Stages

Retour inattendu (et inespéré) des frères White ! Les Electric Soft Parade ouvrent le bal des sorties de 2020 et mettent d’emblée la barre très haute.

Jim Sullivan - If The Evening Were Dawn

Jim Sullivan – If The Evening Were Dawn

Le label Light In The Attic Records fait oeuvre de salubrité publique en rééditant de fort belle manière les deux disques de feu Jim Sullivan et en publiant If The Evening Were Dawn, un disque qui 10 chansons acoustiques jamais sorties.

Les Wampas - Sauvre Le Monde

Les Wampas – Sauvre Le Monde

Bonne nouvelle ! Les Wampas ne font plus la gueule et sont toujours chauds, sales et humides. Avec ce treizième album, Didier Wampas signe un excellent cru.

Dead Horse One – The West Is The Best

Qu’est-ce qui est mieux que Without Love We Perish, le premier disque des Dead Horse One enregistré par Mark Gardener (Ride) ? Qu’est-ce qui est mieux que que Season Of Mist, le deuxième disque des Dead Horse One enregistré par John Loring (Fleeting Joys) ? Et bien c’est The West Is The Best des Dead…

the-replacements-dead-mans-pop

The Replacements – Dead Man’s Pop

Pour ceux qui n’ont pas les finances nécessaires pour s’offrir le coffret G Stands For Go-Betweens : Volume 2 – 1985 -1989 des Got-Betweens, une seule solution : acheter Dead Man’s Pop de The Replacements. La douloureuse est divisée par cinq (on passe grosso modo de 270 à 50 euros) et le bonheur est totalement…

Stephan Eicher - Homeless songs

Stephan Eicher – Homeless songs

Il y a des disques qui vous prennent par surprise, qui vous étreignent. D’artiste dont on n’attendait plus grand-chose. Ils touchent peut-être parce qu’il y a une connexion physique et mentale qui s’opère.

My Favorite Horses - Funkhauser

My Favorite Horses – Funkhauser

Revenus du bayou et des rives du Mississippi, My Favorite Horses pose ses valises en France et donne sa définition de la pop française.

Mikael Kiwanuka - Kiwanuka

Michael Kiwanuka – Kiwanuka

Découvert en 2012 avec Home Again (un disque brillant produit par le leader des The Bees), Michael Kiwanuka avait forcé la porte des charts avec Love & hate. Le revoici avec Kiwanuka, un disque qui tient du chef-d’oeuvre.

Josh Homme - Desert Session 11

Josh Homme – Desert Sessions Vol 11 & 12

En attendant un nouveau disque des Queens Of The Stone Age, Josh Homme a décidé de rempiler pour deux Desert Sessions qui, en plus d’être d’excellente facture, ont le chic de nous envoyer un shoot de nostalgie.