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C Duncan, le dernier roi d’Écosse

C Duncan (photo © Louis/Soul Kitchen)

Les pierres grises de Glasgow contrastent souvent avec la splendeur de ses musiciens. Il y a trente ans, les rives de la Clyde donnèrent naissance à un certain Edwyn Collins ou à un certain Lloyd Cole.

En 2015, c’est au tour de C Duncan de perpétuer cette tradition. Avec son premier album, Architect, cet Écossais a réalisé un joli coup et a coupé l’herbe sous le pied à toute la concurrence. Adieu Beach House, adieu le label Captured Tracks… La pop de C Duncan est un jersey de pop et d’électronique emmailloté dans un corset de musique classique.

En 2016, les débuts timides de C Duncan ont disparu. Lui qui n’était pas monté sur scène alors qu’il venait d’être signé chez Fatcat Records vient d’annoncer une ribambelle de dates françaises et s’apprête à publier un second album inspiré par la série The Twilight Zone.

Un Écossais en Normandie

Tu enregistres en ce moment ton nouvel album. Tu peux m’en dire deux mots ?

C Duncan : Il va être publié dans quelques mois. C’est un disque qui a été enregistré à la maison, comme le précédent. J’ai juste amélioré un petit peu mon studio. Et il sera un peu plus électronique.

Oh!

C Duncan : Oui. On reste sur les mêmes harmonies vocales, les mêmes mélodies mais nous avons essayé de faire les choses de manière un peu différentes.

Pourquoi as-tu décidé de faire un album plus électro ?

C Duncan : J’avais l’opportunité de jouer sur des machines électro. Le premier album est déjà électro mais les guitares ont de l’importance. Je voulais faire un album différent.

C Duncan – Wanted To Want It Too

Comment as-tu trouvé ton son ? Quand on entend une de tes chansons, on sait d’emblée que c’est une chanson de C Duncan.

C Duncan : Je pense que tout cela est dû à ma voix. J’aime les mélodies et les harmonies un peu bizarres. Je pense que c’est la voix qui dicte comment l’ensemble va sonner. J’adore les mélodies et les harmonies inhabituelles.

Comment as-tu appris à jouer de la musique ?

C Duncan : J’ai étudié la musique à l’université et au Royal Conservatoire of Scotland de Glasgow. J’y ai étudié la composition contemporaine et classique. Pendant mon temps libre, j’enregistrais des chansons pop. L’album est né ainsi.

Comment écris-tu tes chansons ? Les paroles en premier ?

C Duncan : Oh non ! J’écris la musique en premier. Les paroles me prennent beaucoup plus de temps. Je ne suis pas un écrivain et des fois j’éprouve quelques difficultés, même si c’est de plus en plus facile. C’est la musique qui décide de tout. Selon la musique, la chanson sera soit triste soit gaie.

Quelle est l’histoire de Say ? Cette chanson est magnifique !

C Duncan : Elle parle de Glasgow, enfin elle parle d’une fuite, dont la fuite de Glasgow. Cette chanson évoque tout simplement la fuite.
Glasgow est une ville super, mais elle est très sombre. On a genre une semaine d’été par an. Là, il est question d’une escapade en France. Quand j’étais enfant, on allait en France tous les ans, en Normandie.

Il s’agit de ton premier concert en Normandie ?

C Duncan : Non. Nous avons joué il y a quelques jours en Mayenne au festival Un Singe en Hiver. Il s’agit donc de notre deuxième concert en Normandie. C’est une très belle région française. On est allés dans plusieurs endroits du Nord et du Sud de la France.

C Duncan – Say

TOP 9

1) Ton artiste français préféré ?

C Duncan : Probablement Moodoïd. C’est vraiment très chouette. Sinon Melody’s Echo Chamber. Elle a enregistré un superbe album en Australie.

2) Le meilleur endroit pour assister à un concert ?

C Duncan : Ouh la, pas facile… Récemment, on était à un festival à Stockholm, c’était génial.

3) Le meilleur endroit pour faire un concert ?

C Duncan : La France. N’importe quel endroit en France. L’accueil qui nous est réservé est toujours fantastique. Je trouve que les musiciens sont plus respectés en France. Cela nous force à jouer mieux pour que le public. En Angleterre, il n’y a pas toute l’organisation autour, notamment les repas.

4) Le refrain ultime ?

C Duncan : Hum… Je vais devoir dire Abba et le refrain de Dancing Queen.

5) Glasgow ou Edimbourgh ?

C Duncan : Glasgow. Edimbourgh est magnifique mais Glasgow est plus agréable à vivre.

6) Ton plaisir coupable en musique ?

C Duncan : Probablement Abba. Et les Carpenters !

7) Ta bande originales de film préférée ?

C Duncan : Les Parapluies de Cherbourg de Michel Legrand.

8) Lloyd Cole and The Commotions ou Edwyn Collins ?

C Duncan : Edwyn Collins.

9) Si tu pouvais créer un festival, quel nom lui donnerais-tu et qui inviterais-tu ?

C Duncan : Je l’appellerais « Bedroom Festival ». J’aime quand les disques sont enregistrés à la maison, encore plus ceux enregistré dans une chambre. J’inviterais R. Stevie Moore, Ariel Pink et Toro y Moi.

C Duncan - Architect

Architect de C Duncan est disponible dans toutes les bonnes crèmeries et est édité par le label Fatcat Records.
The Midngith Sun, le deuxième album de C Duncan sera publié le 07 octobre 2016 toujours via Fatcat Records/Modulor.
C Duncan sera en concert les :

  • 26 octobre 2016 au Grand Mix (Lille)
  • 27 octobre 2016 La Lune des Pirates (Amiens)
  • 28 octobre 2016 à La Grande Halle de La Villette dans le cadre du Pitchfork Festival (Paris).
Pouet? Tsoin. Évidemment.
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