SK* a demandé à une centaine (et plus) d’artistes appréciés par les membres de l’équipe de répondre à cinq questions très simples avec leurs morceaux du moment, nouveaux ou anciens. Voilà le tour de Pierre Daven-Keller qui vient de sortir son nouveau disque, Kino Music, un album « quasi instrumental, composé, arrangé et produit par lui-même, conçu comme la bande originale d’un film imaginaire ou d’un film à imaginer. » Il nous a concocté une playlist mêlant classique aux classiques.

Pierre Daven-Keller en cinq questions

Ton souvenir de concert ou de studio ?

En 1993, je jouais au coté de Dominique A lors de la tournée Si je connais Harry, le deuxième album de Dominique. Lors de cette tournée nous avons eu la chance de jouer au Festival Inrocks de cette même année. Nous nous sommes retrouvé à partager l’affiche de la Cigale avec The Divine Comedy. Neil Hannon venait tout juste de sortir Libération. Son concert a été très impressionnant et je ne suis pas le seul à m’en souvenir… il est arrivé seul sur scène, avec sa guitare acoustique. Sa prestation m’a beaucoup impressionnée. Voix hors-normes, chansons extrêmement bien composées et charisme naturel. C’est un des meilleurs concert de ma vie. J’en garde un souvenir très fort encore aujourd’hui .

Ta rencontre marquante en tournée ?

C’est trop difficile pour moi de parler d’une seule « grande » rencontre musicale… j’ai eu tellement de coups de foudre avec des musiciens et des musiques si différentes et éclectiques. Mais si je pense chronologie, je dirais que j’ai été très impressionné dès l’enfance par la musique de film car j’adorais déjà le cinéma. Wojciech Kilar, Ennio Morricone, Henry Mancini, Bruno Nicolai, Bernard Herrmann et tant d’autres et plus récemment j’ai beaucoup aimé les bo de Johnny Greenwood ou encore Mica Levi… Le classique a été très important pour moi également de Vivaldi à Prokofiev…
Quant aux Beatles, ils m’ont permis de comprendre la préciosité et l’audace possible dans le format « chanson » … sans parler d’aujourd’hui où des artistes comme Childish Gambino ou Steve Lacy m’impressionnent beaucoup.

Ton anecdote en studio ou en concert ?

Le travail en studio est un moment très spécial. On est enfermé dans un lieu, complètement isolé du monde, où le temps semble comme suspendu. Et dans ce moment très spécial on découvre la musique qui prend forme, celle là même que l’on avait imaginé seul, chez soi. Les séances de cordes sont particulièrement chargées en émotions car on découvre en direct le résultat de ce que l’on avait imaginé à la maison. Pour Kino Music, la séance de cordes a eu lieu en Bulgarie. Une cinquantaine de musiciens nous attendaient, Romain Clisson (ingénieur du son de l’album) et moi même. Nous avions 2 heures de retard à cause d’un problème d’avion. Autant dire que la séance a été très intense et stressante car nous avions que 3 h pour enregistrer toutes les parties de cordes. Lors de cette séance je n’arrivais plus a savoir si ce qu’on enregistrait était bien ou archi nul… j’étais tellement stressé (car peur de ne pas avoir le temps de tout enregistrer) que je n’ai rien « vu » de cette séance. A la fin de la journée, j’étais même persuadé que tout sonnait faux… c’était assez décourageant comme sentiment. Ce n’est que 3 semaines plus tard, lors de la réécoute de cette séance, que je me suis dit que tout allait bien finalement, heureusement pour nous…

Pourrais-tu nous présenter ton nouvel album en quelques mots ?

L’idée de Kino Music était de faire de la musique de film avant le film. Je pense que la musique de film doit d’abord être, paradoxalement, une musique autonome, une musique que l’on peut écouter chez soi sans les images du film en question. De plus, après, Réaction C (album précédent, chanté et pop), je souhaitais aller vers de la musique instrumentale. J’étais dans une période où les mots et la parole étaient partout autour de moi. J’avais envie d’un disque de salon, un disque que l’on peut écouter en voiture, sans mots, sans paroles et qui laisserait de la place a l’imagination.

Ton prochain rêve ?

Mon prochain disque.

En écoute avec Pierre Daven-Keller :

  1. VivaldiGloria In D Major RV 589
    Chef d’oeuvre absolue de la musique dite religieuse.
  2. MozartSérénade Gran partita K361
    Sérénade pour instrument à vents : un absolu de beauté.
  3. BerliozSymphonie fantastique op.14
    Chef d’oeuvre qui révolutionne l’écriture de la symphonie dans l’histoire de la musique !
  4. The BeatlesRevolver
    Parfait , rien à ajouter !
  5. Frank SinatraWatertown
    Mon disque de crooner préféré.
  6. Ennio MorriconeScusi, Facciamo L’amore ?
    Il y a tant de BO de Morricone remarquables qu’il m’est impossible de choisir. « Scusi… » est celle que j’écoute en ce moment.
  7. The CureThree Imaginary Boys
    Ma rencontre avec la new wave, souvenir nostalgique.
  8. AirMoon Safari
    Très inspiré, très bien produit, no comment.
  9. BeckGuero
    J’aime tous les disques de Beck mais celui là en particulier. C’est un compositeur et interprète incroyable.
  10. Steve LacyApollo XXI
    Le disque que j’écoute en boucle en ce moment.

Kino Music de Pierre Daven-Keller est disponible chez Kwaidan Records. Il sera en concert au Café de la Danse le jeudi 17 octobre. Plus d’infos sur sa page facebook.

Lyonnais qui revendique sa mauvaise foi car comme le dit Baudelaire, "Pour être juste, la critique doit être partiale, passionnée, politique...", Davantage Grincheux que Prof si j'étais un des sept nains, j'aime avant tout la sincérité dans n''importe quel genre musical...
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