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Passionnant Johan Asherton

© Jean-Christophe Bellier

Et un nouveau beau disque de Johan Asherton ! L’ex-The Froggies, qui a eu le chic de ne jamais enregistrer un mauvais disque depuis ses débuts solo en 1988 avec God’s Clown, revient avec Passiontide, une collection de dix chansons sombres et élégantes.


Enregistré avec Stéphane Dambry (The High Lonesomes) et Gene Clarksville (Dogs, Roadrunners), Passiontide assoit encore plus la classe folle de ce garçon qui collectionne les disques de Lou Reed et de Leonard Cohen. Entouré de Sarah Barnwell (déjà présente sur The House Of Many Doors), de Bénédicte Fleutry et d’Eva Dambry-Royou, Asherton joue sur du velours avec sa voix satinée et ses élégantes compositions.

Tu précises d’emblée que ce disque a été enregistré sur un temps long. Qu’est-ce qu’un temps long pour Johan Asherton ? Et surtout en combien de temps a été enregistré Passiontide ?

Johan Asherton : En fait, nous avons travaillé sur deux ans, par épisodes, en fonction des disponibilités de chacun. C’est ce que je peux appeler un temps long… Mais j’y suis habitué. A part mes deux albums solo-acoustiques, réalisés en deux jours, tous les autres ont été faits sur des mois et des mois…

Tu as aussi écrit que ce disque se plaçait dans le sillage de Reed et Cohen. Ta voix fait penser à ces deux Américains. Elle est devenue profonde et a pris une patine magnifique avec le temps. Quelle relation entretiens-tu avec ta voix ?

Ces deux-là s’appréciaient beaucoup. En tout cas, Lou Reed admirait Leonard Cohen. Le premier représente pour moi l’archétype du rocker américain, qui a puisé à toutes les sources de la musique américaine, mais qui n’a pas cherché à reproduire la musique noire, le blues. Cohen était un grand fan de country music, il se serait bien vu chanteur de country, et quand on écoute I Can’t Forget, par exemple, on l’imagine aisément. Il s’est attaché à une forme de chanson sans doute moins stéréotypée, ce qui lui convenait très bien. Et les deux étaient des littéraires, fondus de poésie, d’œuvres romanesques, d’Histoire et d’histoires. Et ils se posaient beaucoup de questions, ils interrogeaient les religions, aussi… Ils m’ont profondément marqué, en tant qu’artistes et en tant qu’hommes. Je n’ai pas de relation particulière avec ma voix, mais j’ai écouté attentivement certains chanteurs, dans des styles différents, et j’ai tenté de m’en rapprocher parce qu’il me semblait entendre chez eux ce que j’avais envie que l’on me dise, et comment le faire.

Comment est né ce disque ? Il y a eu un élément déclencheur ?

Dans un premier temps, il y a eu les chansons, écrites entre 2013 et 2018, sauf Behind Closed Doors qui est beaucoup plus ancienne, et que j’avais dans un carton, attendant de lui trouver la place qui lui conviendrait. Ensuite, un premier squelette guitare-voix dans le home-studio de Stéphane Dambry, lui permettant d’ajouter les touches instrumentales et vocales dont il a le secret, l’arrivée de Loïc Kohler (basse) et Cédric David (batterie), les voix de Bénédicte et Eva, les violons de Sarah et Frédéric, la contrebasse d’Alice. Les choses ont pris forme peu à peu, puis ont vraiment décollé quand nous sommes arrivé au studio de La Grotte, chez Gene Clarksville. Nous avons refait toutes les rythmiques, un son s’est formulé beaucoup plus nettement. Gene a ajouté quelques parties de piano et de guitare, puis j’ai fait mes voix, très près du micro, en ne chantant pas fort. Pour les voix graves, j’aime qu’elles soient placées en avant dans le mix.

Johan Asherton
© Karen Hirst

La pochette est signée Pascal Blua. Comment vous êtes vous rencontrés ? Comment avez-vous collaboré tous les deux ?

Par une connaissance commune. Nous nous sommes vus une première fois il y a un an, et avons découvert que nous partagions nombre de références, sur le folk anglais, par exemple. De là, il y a eu le projet de collaborer ensemble, sur l’album que j’avais commencé. Je lui ai envoyé les photos prises par Stéphanie Lefebvre, et nous avons travaillé ensuite par mail et téléphone. La consigne, si j’ose dire, était de rester sobre, dépouillé. Nous nous sommes très bien entendus !

Quelle est l’histoire de Nightfall ?

J’avais le texte depuis un moment et essayé différentes mélodies avant de trouver celle-ci, avec un refrain très classique. Assez tôt j’ai pensé que cette chanson ferait un joli clip. J’en ai parlé à Sébastien Tricart, qui réalise mes vidéos depuis quelques années, puis à mon amie Primael Moreau, qui figurait déjà sur un petit poster de Johan Asherton’s Diamonds. Nous nous sommes retrouvés dans une jolie maison, à Tourcoing, chez des amis de Sébastien, et nous avons tourné là. C’était fin février… De retour en Normandie, Gene, Stéphane et moi avons juste eu le temps d’écouter une dernière fois les pré-mixes de l’album, puis tout le reste s’est fait pendant le confinement, par envois de fichiers: mix définitif, mastering, pochette… Tout cela dans une certaine ambiance… Le clip de Nightfall est sorti en tant que premier extrait, puis l’album, fin mai.

Johan Asherton – Nightfall

Passiontide de Johan Asherton est disponible sur son site officiel.
L’artwork est signé Pascal Blua.

Johan Asherton - Passiontide

Tracklist : Johan Asherton - Passiontide
  1. Rainbeaux
  2. The Stranger That Nobody Sees
  3. We Never Spoke
  4. Behind Closed Doors
  5. Torment
  6. Nightfall
  7. When The Penny Drops
  8. Creased
  9. Casanova
  10. Passiontide

Pouet? Tsoin. Évidemment.
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