Rencontrer Robi à la brasserie Wepler n’est pas une mince affaire.

Robi - La Cavale

Robi – La Cavale (© Photo : Franck Loriou)

D’abord parce qu’elle sort un deuxième album, L’Eternité, diamant noir étincelant à qui l’on souhaite un bel avenir. Ensuite parce que ce petit bout de femme impressionne avec son regard jais qui vous scrute, vous capture, vous transperce non pas violemment mais avec bienveillance pour au final vous troubler, vous interroger, vous envoûter. Enfin la moleskine rouge du vénérable estaminet alsacien intimide, Picasso, Apollinaire, Toulouse-Lautrec, Marie Laurencin, Suzanne Valadon, Maurice Utrillo, Francis Carco, Roland Dorgelès, Modigliani y avaient leurs habitudes et l’on se met a rêver d’un portrait ovale de Robi par l’immense Amedeo. En attendant l’impossible, Robi se dessine au travers de quelques questions impressionnées à l’écoute de L’Eternité.

Robi - L'éternité

Robi – L’éternité

J’ai l’impression que ce nouvel album La Cavale est beaucoup plus sombre que le précédent, mais après quelques écoutes cela n’est peut-être pas si sombre que ça

C’est assez difficile pour moi de faire cette exégèse là, mais en tout cas les retours qu’on a sur cet album sont étonnamment contrastés. D’aucuns me disent qu’il est beaucoup plus lumineux, d’autres au contraire qu’il est beaucoup plus sombre donc je crois que ce n’est jamais que le reflet de ce qu’on y met soi mais en tout cas je dirai qu’il est moins dur et plus triste peut-être… Il est probablement moins en colère moins rageur mais il y a quelque chose de plus mélancolique mais aussi de plus ouvert, de plus nu, de plus assumé.

Justement tu dis que tes chansons sont voulues, plus assumées maintenant plus qu’il y a dix ans, te sens-tu en quelque sorte « libérée » ?

Je ne sais pas si c’est libérée, mais c’est un chemin le premier EP ; le premier album on l’avait co-composé avec Jeff Hallam et moi je me fais quasiment le frisson d’une première fois avec La Cavale puisque c’est un album que j’ai complètement composé et écrit et je suppose que c’est le témoignage de quelque chose de plus assumé, disons que je me sens probablement plus légitime aujourd’hui qu’il y a trois ans, et à fortiori qu’il y a dix ans. Mais c’est vrai que la place de la voix est assez différente dans cet album, on avait volontairement mixé plus à l’anglo-saxonne sur le premier ; on avait envie de quelque chose qui soit très musical, dans l’énergie. Là cette fois,c’est un album que j’ai construit toute seule chez moi.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur ta façon de composer, de travailler ?

Alors j’ai une particularité qui est que je ne suis pas véritablement musicienne, j’écris mes textes, je compose, mais c’est l’écriture, les mots qui drainent la mélodie avec eux mais du coup c’est inséparable. Je n’écris pas sur le papier un texte puis j’y colle une mélodie. C’est vraiment à l’émission même que la mélodie naît. Après le travail est très empirique me concernant ! Je suis vraiment autodidacte et je ne joue correctement de rien, je serais incapable de tenir un morceau de bout en bout sur trois minutes jouer et chanter à la fois. J’ai un travail de composition un peu particulier mais qui finalement est très simple. C’est à dire que j’entends des choses et après je cherche sur mon clavier à ce que cela ressemble à ce que j’ai dans la tête.

Donc tu fais toutes les maquettes chez toi ?

Oui en home studio, sur l’ordinateur, avec des claviers que ce soient des claviers logiciels ou des petits claviers. Beaucoup de Bontempi, de jouets. En tout cas la première mouture, la pré-production de l’album s’est faite comme cela. Et puis dans un deuxième temps j’avais la chance d’être entourée de très bons musiciens. Je leur demande de rejouer ce que j’ai mal joué et du fait de leur réappropriation y a des accidents qui naissent, des envies, des idées d’arrangements différents qui vont naître de ce que j’avais apporté dans un premier temps.

Robi

Robi (© Rémy Grandroques)

J’ai eu la chance de te découvrir sur scène et par hasard en décembre 2012. Tu étais en première partie de Dominique A, c’était les débuts si je puis dire de L’hiver et la joie puisque l’album n’était même pas encore sorti… Tu as enchaîné les dates par la suite avec cet album…

Oui, un an et demi de tournée et c’était ma première vraie tournée avec comme cela autant de dates dans un temps aussi rapproché et cela ne m’était jamais arrivé. C’est une véritable école vocale d’abord puisque c’est un exercice qui est extrêmement enrichissant et techniquement et artistiquement.

Les nouveaux morceaux sont nés un petit peu sur la route ou au contraire tu as pris un temps pour composer à nouveau ?

Ils sont nés un petit peu sur la route mais beaucoup l été dernier et pour la première fois j’ai fait ce que je n’avais jamais fait, c’est à dire composer dans un lieu unique. Jusqu’à présent j’avais beaucoup écrit dans le mouvement et là ça a été un mois de travail intensif. Tous les morceaux n’ont pas été composés à ce moment là. Quelques-uns existaient déjà et d’autres se sont rajoutés au fur et à mesure. Mais disons que ça a été un été assez prolixe, avec ce luxe incroyable d’être à la fois dans un temps de repos, un temps de famille et en même temps pendant trois quatre heures par jour de pouvoir s’évader et travailler et j’ai adoré ça en fait !

Après cette première tournée pour l’hiver et la joie album sorti en février 2013 et ce deuxième album qui sort le 26 janvier, te sens-tu plus à l’aise sur scène car tu parais assez pudique ? Comment ressens-tu la différence entre le travail de création de composition et la représentation sur scène ?

Effectivement je suis assez pudique, j’ai le trac, je suis assez angoissée et la tournée permet d’apprivoiser ça petit à petit. Je suis probablement un peu plus à l’aise sur scène que quand j’ai commencé il y a deux ans et demi où vraiment je passais par des phases de terreur avant de monter sur scène ou même à l’intérieur du set parfois j’avais des espèces d’abîmes qui naissaient sous mes pieds et desquelles il fallait que je remonte à l’intérieur même du set. J’ai moins de sensations comme cela extrêmes et je commence à prendre un vrai plaisir sur scène même si cela reste un endroit de confrontation à soi, de confrontation à l’autre et que ce n’est évidemment pas simple…Cela fait passer par des moments géniaux de grâce très étranges et des moments aussi ou on se demande pourquoi on s’inflige ça ! »

C’est une nécessité pour toi de créer ? Tu as quelque chose à dire, tu le proposes et c’est à nous ensuite de décrypter, de ressentir ta musique… Comment pourrais-tu la définir ?

Je ne fais pas la musique que j’ai envie d’entendre je fais la musique que j’ai besoin de faire ! Il y a probablement des influences dans ce que je fais. Il y a probablement des références à y trouver qui sont d’ailleurs parfois très éloignées de celles qu’on veut bien me donner entre autres la Cold Wave qui n’est pas du tout une musique que j’ai écouté follement. J’ai écouté des choses par ce qu’on me disait que ça ressemblait à ce que je faisais mais du coup tout ça est quand-même très mystérieux et je crois que c’est bien que cela le reste parce que quand on sait ce qu’on fait comment on le fait et pourquoi on le fait, soit on cherche à tout prix à en sortir. Puisqu’on est tous habités d’obsessions et tous les artistes tous les créateurs ont comme cela des sillons à creuser. Et je crois qu’on ne fait jamais éternellement que la même chose.Donc soit on essaie absolument d’en sortir, soit on essaie de s’y coller et on s’interdit toute évolution. En fait, je ne cherche pas à savoir ce que je fais !

Tu réalises toi-même tes clips, assez intimistes, assez esthétiques mais toujours assez narratifs.On retrouve cette dualité de pudeur et d’impudeur présent dans l’album…

Oui d’abord dans la mesure ou pour des raisons de contraintes ne seraient-ce que budgétaires je me suis retrouvée à faire mes clips moi-même et il y a comme ça c’est vrai ce côté qui peut paraître impudique ou égocentrique ; le moi avec moi-même… Mais je suis en train d’en sortir. Cette démarche était pourtant aussi une démarche de pudeur je ne m’imaginais pas deux secondes avoir un cameraman qui me regarde en train de faire mes idioties… Un réalisateur qui me dise reprends, on arrête etc…Cela me paraissait être insurmontable pour moi et ce que j’ai longtemps dévoilé dans mes clips c’est l’intimité de quelqu’un qui se croit seul face à sa glace et qui part dans une aventure très intime. Donc cette intimité là elle est évidemment très pudique mais aussi impudique puisque l’on donne à l’autre l’impression d’être un voyeur. C’est le cas sur le clip qui s’appelle Les fleurs où je pleure et je ris face caméra tel un selfie étrange et bizarre. J’ai des réactions extrêmes vis à vis de ça ! Il y a des gens qui trouvent cela totalement insupportable, insoutenable et des gens au contraire qui sont happés par ça et je le conçois et je le comprends bien. C’est effectivement très gênant parce que on devient spectateur volontaire et involontaire de cette intimité. J’essaie un peu de sortir du close up aussi non pas en passant par l’utilisation du récit car ce n’est pas quelque chose qui me parle. J’aime traiter la matière de l’image de la même manière que l’écriture dans une dimension plus poétique. J’ai quelques obsessions même à l’image, la répétition, le dédoublement, le regard porté sur soi, qui on est, les différentes facettes de soi-même…

On a découvert L’Éternité premier single de l’album et premier clip, quel sera le second ?

On est parti sur Nuit de fête et pour le coup justement on va essayer de sortir du studio, de l’enfermement mais on sera quand-même dans l’enfermement puisque je ne parle jamais que de ça, du fait d’être enfermé en soi et de ne pas arriver à en sortir…

Robi – L’éternité

Tes obsessions sont toujours présentes ; on en a parlé, le temps qui passe, l'éternité, le vide, le dédoublement, de la désillusion...

Oui, de la désillusion, la fin de l'enfance, l'éternité... Après le temps qui passe qui court...

Il y a quand-même une ouverture, sur la fin… Avec le dernier titre la Cavale ?

Oui en même temps La Cavale c'est la fuite en avant. C'est le voyage sans destination qu'est la vie ! Parce que c'est ça, on est dans un voyage sans destination on est embarqué dans un train qui ne va nulle part…

Est-ce que tu as plus l'impression maintenant de pouvoir plus te projeter hors de l'instant ?

J'ai un mal fou à me projeter j'ai en tout cas un peu moins l'impression de vivre une succession d'instants. Peut-être que de l'instant je suis passé au présent ! Comme quelque chose d'un tout petit peu plus assis moins fuyant que sur le premier album.

Comment fais-tu pour faire cohabiter les contrastes et les extrêmes dans ta musique, est-ce que tu te sens toujours un peu influencée par l'Afrique où tu as vécu et ses rythmiques ?

Je me suis aperçue et c'est beaucoup mes musiciens qui m'en on fait prendre conscience qu’effectivement non seulement j'ai un travail de composition un peu particulier car je pars toujours de la voix mélodique et de la base rythmique et après je construis le reste. C'est le mode de fonctionnement auquel pour l'instant je n'arrive pas à échapper. Les rythmiques qui me viennent naturellement ont très à voir effectivement avec mon enfance africaine, des choses qu'on ne retrouve pas forcément dans la musique occidentale et qui doivent bien me venir de quelque part … C'est devenu une blague avec mes musiciens qui me disent que je fais de la dub sans m'en apercevoir. De la dub froide ! Plus que de la Cold Wave je crois ! On ne peut pas échapper à qui on est !

Quand on pense à toi, on pense aussi à Dominique A qui a participé à une de tes chansons dans L'Hiver et la Joie avec Ma route. Une rencontre importante je suppose...

Oui c'est une rencontre très importante, c'est un cadeau de la vie incroyable et une réassurance … A ce moment là, cela a été pour moi un cadeau. Si lui se sentait des raisons de faire un bout de route avec moi je pouvais me faire cette confiance là. Je l'en remercie car c'était très inattendu. C'est une histoire un peu particulière parce qu'en fait parce que Franck mon compagnon qui a longtemps travaillé avec lui lui a fait écouter les pré-maquettes sans que je n'en sache rien pour m'éviter toute déception et son retour a été encourageant au point qu'il envisage de faire quelque chose avec moi. Mais C'est resté en suspens... Et puis un jour j'ai reçu un mail de Dominique A avec en pièce jointes de s voix qu'il avait enregistré chez lui sur Ma Route en me disant voilà : « j'ai fait ça, fais en ce que tu veux » ! Il y avait une dizaine de pistes au sens propre comme au sens figuré et il m a fait une totale confiance à moi et à Jeff puisqu'on bossait tous les deux en me disant voilà j'ai fait ça, si ça te plaît tu gardes, si non tu gardes pas ! Il y avait un côté absurde et complètement dingue puis qu’évidemment ça m'a plu c'était juste magique...

Robi - Ma route feat. Dominique A

Et donc sans qu'on n'est jamais enregistré ensemble j'ai comme ça la voix de Dominique A qui se pose sur ce morceau, comme une sorte de duo virtuel, et cela a d'autant plus de sens que initialement c'est un morceau extrêmement linéaire extrêmement martial avec quelque chose d'un peu terrible d'un tunnel auquel on ne peut pas échapper. Et la voix de Dominique A offre une transversale un chemin de traverse qui est extrêmement beau et qui donne un sous texte et une profondeur au morceau qu'il n'avait pas et qui prend un sens. Là je lui ai envoyé l'album La Cavale et il a eu l'extrême élégance de m'écrire un très long mail pour me dire ce qu'il en pensait, les choses qu'il trouvaient belles, les choses qu'il trouvaient moins réussies. Je trouve ça incroyable qu'il ait cette gentillesse...

J'ai beaucoup écouté L'Hiver et la Joie, dans La Cavale j'ai trouvé qu'il y avait une sorte de fraternité entre les nouveaux morceaux et les anciens, notamment Belle et bien et L’Éternité par exemple...

Je dirais qu'il ont tous une fraternité les uns avec les autres, mais je ne parle jamais que de la même chose... Parce que je suis persuadée que Dominique A ne parle jamais que de la même chose et qu'en fait à priori on peut donner l'impression que La Cavale ne parle que de la même chose que « On ne meurt plus d'amour » mais si ! Il y a peut-être plus de proximité entre celle-ci et celle-ci que celle-là et celle là ; mais je ne saurais pas forcément les mettre en lumière.

Beaucoup de groupes chantent en anglais avec ce côté un peu pop sans vouloir être péjoratif or il y a aussi un retour du français dans la musique avec par exemple Feu! Chatterton, Radio Elvis, Grand Blanc, Baptiste W. Hamon, Pain-Noir pour n'en citer que quelques-uns... Tu ne t'es jamais posé la question de chanter en anglais ?

Je crois que ces groupes là ont toujours existé c'est la lumière qui est mise dessus qui change ! Je me souviens il y a cinq six ans, je chantais déjà en français, et on me disais et je constatais que si on ne faisais pas de la folk en anglais tu n'avais aucune chance de passer à la radio. Et puis ça a changé ! Moi je n'avais pas arrêté de chanter en français ; c'est juste le curseur qui change, peut-être que les gens ont d'avantage envie de ça et puis ce sont les histoires de modes...Je crois qu'il y a des gens qui apprécient la musique en anglais justement pour ne pas être happés par le sens et ils ont besoin de voyager par la musique pure et la mélodie et les arrangements ; et d'autres dont je fais partie qui bien qu'écoutant de la musique anglo-saxonne et autre d'ailleurs, aient un plaisir très singulier et particulier à l’appréhension du sens.

Comment as-tu rencontré Radio Elvis, comment ça s'est monté ces dates avec le Mégaphone Tour ?

C'est un hasard complet il se trouve qu'on a été sollicité tous les deux sur la même tournée du Mégaphone Tour et que moi j'étais bien embêtée car n'ayant pas de musiciens pour m'accompagner j'étais sur le point de refuser cette tournée et en l'évoquant avec Caroline Guaine qui est à l'origine de cette tournée on a évoqué l'idée que Pierre (Guénard de Radio Elvis) serait peut-être partant pour m'accompagner et que ce serait une rencontre intéressante. Et il se trouve qu'effectivement il l'a vu de cette manière là et que ça a été une super rencontrer et un grand plaisir de travailler ensemble et de se rencontrer humainement. Il y a une espèce de génération spontanée il y a un ou deux ans autour de la Cold Wave etc. De Lescop , de La Femme... Et on a l'impression que là c'est le rock lettré qui arrive deux ans plus tard, mais bon, il faut se méfier aussi de tous ces engouements ! Moi on m'a "rangé" dans la Cold Wave et cela m'a bien arrangé car j'ai bénéficié de ce mouvement là, je ne vais pas cracher dessus, mais honnêtement je ne me reconnais pas forcément uniquement là-dedans...

Robi & Radio Elvis - Nous avons tant parlé

J'ai envie de revenir un peu à l'Afrique, l'importance des rythmes quelques peu "primitifs" et de l’importance du corps dans ta musique sur scène et au moment de la composition...

Je ne me l'explique pas tellement. Cet album a été composé au même endroit mais en fait je compose en marchant, j'ai du faire mille fois le tour de la propriété de ma grand-mère. En fait c'est le balancier de la marche, le balancier rythmique qui nourrit ma pensée mais on l'a tous en soi ! On ne réfléchit jamais mieux à un problème qu'en marchant dans la rue et en fait c'est le battement du cœur la source même de la musique, la mélodie et le rythme.De toute musique. Et la musique première quelque soit africaine ou amérindienne elle se construit sur une pulsation et une mélodie et je n'ai rien inventé et je suis juste dans quelque chose de viscéral et premier et effectivement cela passe par le corps.

Et avais-tu beaucoup de morceaux pour cet album ?Il y a onze titres dans la Cavale, comment as-tu procédé pour le choix des titres à garder ?

Non pas tellement il devait y avoir trois ou quatre morceaux de plus. Disons que assez vite, si quelque chose ne me plaît pas, comme je n écris pas, ne reste que ce dont je me suis souvenue le lendemain et le surlendemain. Donc du coup l écrémage se fait naturellement. J'avais envie de quelque chose d'assez court, c'est un album qui dure 34 minutes, j'avais envie de quelque chose de très dense et de très cohérent et les morceaux que je n'ai pas gardés faisaient perdre de sa cohérence à l'album. Peut-être qu'ils existeront, ou pas ; sous une autre forme à l'occasion d'un live peut-être ou pour le disquaire day.

Si tu avais un coup de cœur musical, tu écoutes quoi par exemple en ce moment ?

On a parlé de Grand Blanc, ça a été une belle découverte, une belle claque, j'ai découvert surtout notamment grâce à une session live qu'ils avaient faite pour la Blogothèque. Rodrigo Amarante, c'est fabuleux. Pain-Noir, plus que fabuleux ! il y a quelques pépites comme ça !

Il y a tellement d'artistes fabuleux, comment fait-on alors pour exister dans tout ça ?

C'est extrêmement difficile, quand je vois quel accueil on a reçu pour le premier ; c'était inespéré au-delà de tout ce qu'on pouvait imaginer et rêver. Ce qui est compliqué c'est qu'il y a deux dimensions qui m'apparaissent assez saisissantes aujourd'hui du fait de la crise, il y a de moins en moins de place comme pour la société civile pour la classe moyenne de la musique. En fait c'est très compliqué de survivre en n'étant pas très connu alors que cela l'était encore d'avantage il y a quelques années... On pouvait être moyennement connu et remplir des salles et vivre de son métier. Et par ailleurs il y a une autre dimension qui elle aussi s'est accélérée c'est la recherche de la nouveauté. Je vois bien qu'à la fois on a un accueil incroyable et nouveau sur ce deuxième album, mais qu'il y a quand-même déjà une sorte "d'effet surprise un peu amoindri"... On espère que cet album aura en tout cas un bel écho.

Robi (© Rémy Grandroques)

Robi (© Rémy Grandroques)

Robi sera en concert le 12/03 à Lille (La Péniche) avec Cléa Vincent, le 13/03 à Lorient (Le Manège) avec Jeanne Added, le 14/03 à Ris Orangis (Le Plan) avec Jeanne Added, le 26/03 à Paris (Divan du Monde), le 27/03 à Brest (La Carène) avec Jeanne Added, le 17/04 à Avignon (Les Passagers du Zinc) avec Feu! Chatterton et sur France Inter dans A'Live le 27/01.

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