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The Antlers : catharsis brooklynienne

La rénovation urbaine de Brooklyn et son nouvel attrait s’accompagnent indubitablement d’un regain d’intérêt pour sa scène musicale. Et il y a de quoi. The Drums est en train de remporter la compétition du meilleur espoir 2009 et les Black Swan Green viennent de sortir quelques nouveaux titres hallucinants.

Peter Silberman a lui aussi décroché la timbale en tapant dans l’œil du géant éditorial Pitchfork. Si on peut se moquer de ce dernier avec ses notes à 2 ou 3 chiffres, il faut avouer qu’il n’a pas tout à fait tort sur ce coup ci. Les qualités de la dernière livraison des New Yorkais sont remarquables.

Concept album relatant le drame d’un couple touché par la maladie (on vous avait prévenu…), Silberman alias Cassandre Junior ouvre les vannes et accouche dans la torpeur et les néons d’une clinique d’un album touché par la grâce. Certes, il rendrait claustrophobe un fan de Slayer ayant les testicules bien descendues. Certes il ne faut pas l’écouter un samedi soir, seul, abandonné de tous. Mais il faut le ranger entre un disque de Lou Reed et votre disque dominical préféré.

Silberman nous plonge dans une intimité qui ne dit pas son nom. Les textes sont d’une beauté sincère et touchante (You had a new dream, it was more like a nightmare. You were just a little kid, and they cut your hair, then they stuck you in machines, you came so close to dying.). Il frappe juste. Il touche la corde sensible. Par exemple, Two, second single de la boîte de cachetons. Une ritournelle lancinante. Une mélodie scintillante. Et voilà que les sonorités des dernières secondes nous plongent dans le comas le plus profond.

The Antlers – Two

Sylvia ravira les amateurs de Kevin Shields et ses sbires. Silberman peut aussi mettre les potards à fond et balancer sa colère. Kettering, quant à elle,  fait flipper. Recroquevillé, Silberman clame dans une plainte assourdissante sa colère contre cette maladie. L’ambiance est portée par un piano morphinique et un diagnostic funèbre.

The Antlers livre donc une oeuvre singulière d’une beauté glaciale et asceptisée. Doué comme ses camarades d’infortune (Eels), Silberman vient de soigner une bonne partie des petits bobos de la planète indie.

Pouet? Tsoin. Évidemment.
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6 réponses sur « The Antlers : catharsis brooklynienne »

Je suis pas d’accord! Comment tu peux comparer Peter Silberman à Eels?!! Il lui arrive pas à la cheville! E est un génie!!

C’était plutôt la démarche.
Les galères de E s’étaient retrouvés sur Electro-Shock Blues (cancer de sa maman).
La proximité du sujet…

Magnifique cette chronique…étant dans un état second lors de leur passage au nouveau casino il y a quelques semaines, je vais donc me repencher sur l’oeuvre…mais pas samedi!

J’avais adoré cet album – qui n’est plus édité, je le cherche depuis genre 1 an.
Cancer for the Cure! Sauf qu’au lieu de se lamenter comme Peter, E en a tiré un album qui te propulse, qui te fait avancer.
Donc même démarche, mais pas pour le même résultat…

Je me souviens de cette soirée… moi j’avais pas du tout mais alors pas du tout accroché!

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