Robert Hood – Omega

Etrange de savoir que Robert Hood est un fan absolu d’un film de 1971 de Boris Sagal avec Charlton Heston, acteur plutôt démocrate dans sa jeunesse et virant réac et républicain en 1972 sans doute sur les conseils d’un autre acteur célèbre lui aussi : Ronald Reagan. Pas si étrange si l’on sait que les musiciens noirs de Detroit à leur début avaient pour leitmotiv de faire de la musique afin de s’échapper de leurs univers bien sombres et souhaitaient se projeter dans le futur et dans l’espace.

Robert Hood - Omega

Robert Hood, Mr Minimal, est un cas particulier dans l’histoire de la techno, fondateur avec Jeff Mills et Mike Banks de UR il crée son label M-Plant en 1994 afin de se recentrer sur l’essence même de sa musique qui à la différence des autres musiciens de la ville n’a rien de chaleureux et de groovy. Ecouter un disque de Mr Hood, c’est s’embarquer dans un long tunnel de batteries martiales où il n’y a que peu de place pour la joie et la gaieté. Il est quand-même le mec qui a jeté les bases de la techno minimale avant qu’elle ne soit galvaudée par les Allemands en particulier, le label Kompakt en tête… « Omega Man » se réfère donc au film qu’on connait d’ailleurs tous forcément puisque est sorti en 2007 un remake avec Will Smith, « Je suis une légende ». Les titres sont aussi joyeux que la musique : « The Plague », « Towns that disappeared completely », « War in the streets », « End times”, ça nous change des dj’s français à la con pour qui la vie se résume à Ibiza (l’été) et à un certain clubbing (de droite de préférence) à Paris (l’hiver)… Même si vous n’êtes pas un grand fan de M-Plant, cette musique reste tout de même ce qui se fait de mieux en matière de minimalisme synthétique. Parcourus de multiples bleeps, click’n’cuts, Robert Hood reste passionnant dans sa manière de greffer peu à peu des éléments rythmiques qui donnent naissance à des morceaux d’une grande profondeur et d’une sincérité désarmante, le tout en mode industriel et hypnotique. La mode étant aux films de zombie et fins de notre monde, il serait bien que Robert Hood rencontre enfin la reconnaissance du public, ce ne serait que justice.

Robert Hood – EPM Podcast #6 – M-Plant Mix

Discographie

Robert Hood – Omega
9/10
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