Chronique : Edwyn Collins - Losing Sleep
Revoilà le tôlier de la niche fiscale qu’est la pop écossaise faussement enjouée.
Une anthologie cérébrale d’Orange Juice dans les bacs (Coals To Newcastle) et une attaque d’enfer plus tard, l’ami Edwyn Collins est toujours au rendez vous.
Il attire le client avec un disque chargé d’invités jusqu’à la gueule : Ryan Jarman des Cribs, tonton Marr des Smiths, une doublette des Franz Ferdinand, Roddy Frame des Aztec Cameras, Romeo Stodart des velus Magic Numbers, les gaziers des Drums, Cook des Pistols et l’ancien poulain Barrie Cadogan).

Edwyn Collins

Évidemment, avec de telles individualités, on craint très légèrement vers un manque d’unité chronique. Certes. Mais une fois ce présupposé accepté, on part pour une bonne remontée de bretelles.

Si Losing Sleep reprend les grands traits caractéristiques de l’Écossais, on se dirige, l’esprit curieux et aiguisé vers les morceaux où le bellâtre a reçu ses invités. Épaulé par les Drums, Collins balance une petite perle pop avec In Your Eyes. Batterie martiale et menaçante, Pierce sublime un refrain porté par une guitare diablement efficace.
It Dawns On Me porte l’empreinte des parfois pénibles Magic Numbers mais fonctionne à l’aise. Collins s’efface. Fin limier, il laisse ses invités apporter la valeur ajouter. Et Come Tomorrow, Come Today? Le match amical Glasgow-Manchester. On attend le riff tueur, l’assemblement magique…. Il faudra attendre quelques instants pour que Marr sorte du bois et nous balance ses quelques cordes. La connexion est rapidement avec les Cribs. What is my role? répète à l’envie Edwyn qui préfère de nouveau jouer les seconds couteaux sur ce morceau, tout en jouant avec le jeune Ryan. Ce dernier ayant pu se dispenser du second coup de main sur l’album qui ne présente qu’un intérêt très limité.

Do it again et ses gimmicks autrichiens fonctionne sur le même schéma que What is my role?. Dire que ce type avait peur de perdre le sommeil avec ses mélodies…

Humble et Bored, aventures solo de Collins sur cet album remplissent le contrat. Mais au final tout s’efface avec la beauté nue de All My Days. Nom de Dieu….

Et pendant ce temps là, certains se paluchent sur le dernier Interpol.

Pouet? Tsoin. Évidemment.
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