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Beady Eye – Different Gear, Still Speeding

Qu’il est facile de rire en 2011…

L’album de Beady Eye n’est pas un chef d’œuvre. Mais il n’est pas la catastrophe envisagée. Rappelons nous le moment de l’annonce de la fondation du groupe. Noel parti vers d’autres sphères, Liam Gallagher avait décidé de garder l’équipe et de continuer l’aventure. Une équipe pas franchement reluisante puisque Noel Gallagher occupait tous les postes.
Andy Bell était en suspens depuis Nowhere de Ride, Gem Archer n’avait jamais vraiment démarré quant au batteur, on ne lui demandait pas grand chose… A eux trois, les Beady Eye avaient composé 45 minutes de musique d’Oasis. Et seulement une dizaine de correcte: Songbird et Soldier On pour Liam , Turn Up The Sun pour Bell et To Be Where’s The Life pour Archer. Les comptes ne pesaient que quelques cacahuètes oubliées sur un comptoir occupé par Noel.
Si Noel Gallagher a tout à perdre avec son premier effort solo, Beady Eye a quant à lui tout à gagner : 99% du public attend un étron, si la troupe produit un disque correct sans grand relief, le pari sera gagné.

L’intérêt principal de ce disque est la voix du Kid. Les choses tournaient à la blague depuis les deux derniers albums d’Oasis. Noel expliquait clairement qu’il se réservait les meilleures compositions. Aux autres de se débrouiller. Mucky Fingers avait fini dans son escarcelle et il ne restait aux fans que les doigts à se manger. Ici les compositions sont taillées pour un Liam Gallagher concentré et bien rangé dans une production signée Steve Lilliwhyte. Ses sbires auraient tort de se priver. Imaginez Gem Archer. Échappant à Pôle Emploi grâce au départ de Bonehead d’Oasis (son précédent groupe avait réussi l’exploit de se faire virer de Creation Records…), le voilà en 2011 dans un groupe qui possède l’un des plus grands chanteurs de ces vingt dernières années (qui a dit le plus grand?). La voix tisse cet album, crisse et hisse des compositions promises à la poubelle (l’affreux Beatles and Stones, et le benêt Millionaire). Sons of the stage, face B du premier simple, est foutrement jouissive.

Beady Eye est encore plus référencé qu’Oasis. Au jeu des influences, le tour sera rapidement fait. Et un rapide bilan permet de voir que le groupe brille avec des ballades sous perfusion lennonesque. The Roller et The Beat Goes On sont les moments les plus convaincants.  Avec la très La’s Anyone. Beady Eye tourne le dos à Manchester et se promène sur les docks de Liverpool.

Et c’est peut être mieux ainsi. Car le lait tourne vite et on se retrouve face à pub rock écœurant:  Standing On The Edge Of The Noise fait pouffer, Kill For A Dream grossir (et encore…).

Beady Eye – Bring The Light

Wigwam et ses premiers instants à la Toto (?) transforment l’essai avec une avalanche de chœurs. Three Ring Circus avance tête baissée et finit sur une descente de manche convaincante de Bell.
Different Gear, Still Speeding obéit donc à la philosophie de Liam Gallagher. On enregistre tête baissée, on fonce en tournée et on recommence un autre disque. Noel regrettait l’enchaînement trop rapide entre le deuxième album d’Oasis et Be Here Now. Son frangin n’a pas retenu la leçon et a préféré entraîner tout son petit monde en studio. Et on se retrouve avec quelques bonnes chansons (dont Bring The Light) et une flanquée de faces D.

Qu’il est facile de rire en 2011… Rembobinage, 2009, Rock En Seine : ce disque est un petit miracle.

Beady Eye – The Roller

Pouet? Tsoin. Évidemment.
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13 réponses sur « Beady Eye – Different Gear, Still Speeding »

Eh bien je continue de faire partie des 1% qui y croient (qui a dit mon côté Nocéen ? ;-)) au fait que la troupe a produit un disque all correct, ou presque !

Le pire, c’est que toi, tu as la réponse : car pour évoquer dans ta chronique autant de titres qui restent introuvables en entier sur YouTube, tu as forcément eu l’album entre les mains à quelques semaines de sa sortie, comme tous les chroniqueurs officiels !

En attendant, je découvre ce matin « Sons of the Stage », et je ne peux qu’être d’accord avec toi, et tous ceux qui trouvent la version Beady Eye meilleure que l’originale ! Quant à « The Roller », après 1 mois et demi, ce single reste pour moi l’une des baffes les + monumentales reçues en ce début 2011 !!!

Bref, relativement hâte d’être le 28… et heureusement que tu nous montres la pochette en avance : sans quoi, j’aurais pu éventuellement passer à côté du disque le jour J, tant elle fait vintage et trop pas « made in 2011″… ;-)

La roue tourne : faut il voir un signe dans le fait que dans la chronique lue sur ce site le 11 novembre dernier le titre « Bring the light » était catégorisé dans le rayon des bouses, pour ce voir classé « bon titre » dans la chronique du jour ? Allez savoir.

Toujours est il que le père Liam a eut un mérite : mener son affaire bon train, et des titres simples et rock, comme « Bring the light », pourtant pas très branché guitare, ou surtout « Four letter word » font plus que maintenir vaguement le cap. Ils enfoncent le clou et démontrent de façon pas si maladroite que « Oasis sans Noël », ça marche aussi. Surprise !

« The Roller » n’est pas pour moi le titre « phare » qu’on veut bien nous vendre mais plutôt un « Instant Karma » vaguement remixé, certes honnêtement et bien inspiré, mais n’apporte rien… Mais le reste de l’album, pour ce que j’ai pu en entendre (hélas je ne suis pas critique musical, bouh), a l’air de très bonne facture et, j’ose le dire, largement au niveau des dernières prods d’Oasis, souvent peu en forme à part quelques titres qui sortaient du lot.

Lire les interviews de Liam est toujours un plaisir : ce type a un humour « so british » et une simplicité de propos désarmante, ce qui n’empêche pas une arrogance comme première nature. Il dit ce qu’il pense, et il pense ce qu’il dit. Au temps des discours formatés des maisons de disque, ça peut faire plaisir.

Il le dit lui même, les mecs de Beady Eye n’ont eu d’autre ambition que de faire de la musique, du bon rock 70’s sans se prendre la tête. Mission réussie, c’est propre et ça fonctionne.
Au tour de Noël de nous montrer ce qu’il a dans le ventre… mais il aura un handicap de taille : sa voix à lui, sur 12 titres mini, ça va être tendu à supporter. Alors que Liam garde comme arme de séduction massive ce timbre unique, mélodique et plein de hargne. C’est l’Angleterre en bouteille !

@louis

N’étant pas hélas « critique officiel » (snif), je n’ai pas pu entendre tous les autres titres de l’album. Seuls les chansons « Sons of the stage », « Bring the light », « Four letter word », « Beatles and Stones », « World inside my room » et bien sûr « The Roller » sont parvenues à mes oreilles…

A ma grande surprise (mais aussi à la vôtre semble t’il), « Bring the light » n’est pas le titre inconsistant qu’on a pu juger à la première écoute. C’est devenu un titre rock 50’s honorable (en plus d’être cédé gracieusement par le groupe).
J’ai déjà donné mon avis très favorable sur « Four letter word », qui tape fort et sonne largement mieux que la plupart des dernières productions d’Oasis, y compris signées Noël. A vrai dire, sur « Dig Out Your Soul », dernier opus d’Oasis, seul « The Shock of the Lightning » déchirait vraiment sa race. Surtout en concert.

« The Roller » est correct mais ne déplacera pas les foules. « Beatles and Stone » fait partie de ces titres rock de bonne facture sans réinventer le genre. Même si comparé à beaucoup de productions actuelles, le niveau reste excellent.

Les autres titres sont des B-Sides, plutôt bien enlevées… Même le surprenant « World outside my room » mérite l’écoute, et on découvre que Liam et ses potes se lâchent un peu en posant un titre « à contre courant », ne correspondant en rien, comme pour « Bring the Light » à ce pour quoi ils sont attendus.

Je n’ai pu entendre que quelques extraits des autres titres… L’album ne sera pas une révolution, on le sait déjà. Mais servi par la personnalité du leader (qu’on aime ou qu’on aime pas, ce type dégage un truc), réalisé avec simplicité, rapidement, c’est juste une bonne tranche de rock’n roll avec donc l’argument massif d’une voix super clean et unique du singer teigneux, en plus des interviews poilantes.

Noël devra poser des compos autrement plus balancées que tout ce qu’il a produit ces dernières années pour Oasis. Et ma foi s’il atteint déjà le niveau de Beady Eye, qui est une excellente surprise (tout le monde attendait une bouse au tournant), ce sera déjà bien.
Reste que la voix geignarde de Noël aura du mal à fait illusion sur 12 titres… je ne serais d’ailleurs personnellement pas surpris qu’il « s’épaule » de compères singers sur son propre album.

To be continued :) En attendant, vivement le 28 !

Laissons Noel en paix.
Et surtout, il a composé 99% des titres et s’est considérablement au chant.

Nous divergeons sur pas mal de choses. Beatles and Stones est quand même franchement inutile…

@ Frank

Si ma mémoire est bonne, c’est bien toi qui avais défendu DJ Zebra suite à l’un de mes posts en 2010 ? Tu sais, j’ai un petit peu envie de te répondre que tout le monde peut être critique musical aujourd’hui : je suis assez d’accord avec quasiment toute ta pensée développée ici ce mercredi… à ceci près que « The Roller » est personnellement un réel coup de cœur, il ne m’a pas été imposé, mais à l’inverse, il s’est immédiatement imposé à moi : mis en ligne sur YouTube le 7 janvier, je l’ai découvert fortuitement le 10, et c’est seulement le 14 que je l’entendais pour la première fois sur ma station favorite ! Bref, si j’étais le boss d’un blog musical, je te prendrais volontiers comme rédacteur… By the way, à tout hasard, tu ne serais pas « girardmusic » sur un autre forum ? Parce que si jamais c’est le cas, ton rêve peut devenir réalité, Rod te déroule justement le tapis rouge pour devenir rédacteur sur le HibOO ! Et si ce n’est pas toi, mais que tu connais le gars en question, n’hésite pas à lui transmettre son invitation ;-)

@ Louis

Juste oublié de préciser hier matin que, sans être certain de forcément approuver dans une douzaine de jours, j’ai adoré ton trait d’esprit sur le coup des « faces D » !!

@Louie

Divergeons, divergeons, il en restera toujours quelque chose :)
Je viens de récouter « Beatles and Stones », tu m’as mis dans le doute. Mais rien à faire, ce titre me fait du bien aux oreilles. Comme quoi !
Pour ce qui de laisser Noël en paix, je suis ok, et puis je l’adore (même si ça ne se voit pas bien)… mais il est vrai que le parallèle est inévitable. On a beaucoup crié à l’effondrement du petit frère, livré à lui même, et maintenant que le premier scud, plutôt bonnard, est reçu, il est tout de même tentant de savoir ce que va donner celui qui est donné comme champion de ce match fratricide… même si ces deux là s’adorent, allez !

@ Capitaine Johnny

Non, non, non… rien de tout cela hélas je ne suis. Ni « Girard » ni rien d’autre sur aucun forum. Qu’un passionné de musique qui passe par là.
Rédacteur je le suis, pour bonne partie, juste parce que c’est mon métier par ailleurs. Mais je n’ai jamais été enrôlé par aucun site « musical », même si bien sûr ce serait avec plaisir. Et tant pis pour le tapis rouge, mon égo reste en place :)

See u.

Hey hey… je te souhaite donc une excellente continuation professionnelle… et sache que tu as vu juste dans ta supposition finale : Noel s’est effectivement épaulé des membres d’un groupe de Liverpool, The Sand Band : voir le billet de Louis publié mercredi dernier ;-)

Un album de Noel avec Richard Ashcroft au chant serait intéressant. J’aime beaucoup la voix de Ashcroft de même que les compos de Noel…
A mon avis lors des derniers albums d’Oasis Noel n’a pas pus sortir tout ce qu’il voulait. Il a beaucoup plus de liberté maintenant pour relever ce nouveau défit.
Cheers ;-)

J ai écouter l album en entier et franchement il est vraiment bon (excellent même au vue des merdes actuelles)la voix de liam est vraiment énorme ! Les plus: wigwam. Beat goes on.four letter word.kill for a dream.the roller.the morning son .three ring circus

Suis-je le seul à trouver Beatles and Stones putain de rock’n’roll ? Certe elle est très passéiste mais bordel, qu’est ce qu’elle défoule et quel rythme ! Javoue avoir du mal à comprendre ce qu’on lui reproche.

salut a tous,
j’ai lu vos commentaires et je trouve quand même incroyable que l’on puisse penser que N. Gallagher ne puisse pas sortir un album inférieur à Different Gear. La comparaison de tient pas le coup même s’il est vrai que certains titres sont passables…
Sans déconner- en ne comptant pas les productions « récentes » ( Waiting for the Rapture, Falling Down mais aussi Mucky Fingers…) qui sont pour moi au dessus de tout titre de cet album- des autres titres faces-B de Noel trouvables sur ( Who put the weight of the world on my shoulder, I wanna live a dream in my record machine, everybodys on the run…) Je pense qu’il y a moyen rien qu’avec des titres de ce genre de monter un album plus que convaincant, alors s’il se met à en composer de nouvelles… je ne donne pas cher de la comparaison.
Noel est THE CHIEF, il le restera. Beady Eye, ce sont des reprises en technicolor de sonorités anglaises façon fast foot je bourre un peu de tout, rien a voir.

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