Frankie & The Heartstrings – Hunger

chronique : Frankie & The Heartstrings - Hunger Des types produits par Edwyn Collins ne peuvent pas être foncièrement mauvais. Et pourtant Hunger (Cooperative Music) est une déception.

Frankie & The Heartstrings

Frankie & The Hearstrings ont anticipé la déferlante inévitable des Vaccines dans les charts du Royaume Uni en sortant leur premier effort il y a quelques semaines. Chouchous de la presse anglaise et promis à une gloire incertaine, Frankie et ses zigs dégainent les premiers.

Formé il y a deux ans, les affaires ont été rapidement conclues. Peut être parce que le groupe se singularise par ses influences et est le seul à proposer un mélange d’Orange Juice et des Supremes. Le tout sous le patronage diffus de Kevin Rowland et de ses Dexys Midnight Runners.
Il faut dire que venant de Sunderland, Frankie Francis avait besoin d’attirer les lumières. Loin de Manchester, de Londres ou de Glasgow, Sunderland avait certes enfanté les Futurheads mais avait commis l’un des pires péchés de la musique alias Dave Stewart. Ce n’est pas dans ce trou perdu que le N.M.E. va envoyer un correspondant permanent…

Les Frankie & The Hearstrings ont donc du goût et ont tenté un exercice d’application. La production impeccable de Collins et le bon goût sauvent le navire du naufrage. Car au niveau des compositions, Hunger ne pèse pas lourd. Possibilities est un joyeux brouillon, Fragile un triste bordel.
Crise du disque oblige, le gang a décidé que l’auditeur en aurait pour son argent. Et voilà qu’on se retrouve dans une kyrielle d’influences, qui fatigue au bout de trois minutes. Photograph réussit l’exploit de contenir quatre chansons en une.

Cependant un titre comme Hunger met à l’amende les Kaiser Chiefs. Rien que pour ça…
Problème : c’est le seul morceau avec Don’t look surprised a tenir la corde. Une corde somme toute usée par de longues minutes où l’auditeur et Frankie se courent après.

Pouet? Tsoin. Évidemment.
1 réponse sur « Frankie & The Heartstrings – Hunger »

Eh bien pour une fois, je suis assez d’accord avec la sévérité de cette chronique, concernant les morceaux que tu pointes, et sur le fait que le single éponyme soit le meilleur morceau de cet album ! Ceci dit, j’avais quand même bien accroché sur « Ungrateful » en version live sur le blog d’Isatagada, suite à leur première partie des Walkmen à la Flèche d’Or en novembre : une bonne impression qui continue de se faire ressentir ! J’ai particulièrement aimé « Want You Back » aussi, et à l’instant, je me dis comme toi qu’avec « Don’t Look Surprised », cet album ne se clôture tout de même pas si mal !

Et il est vrai que cette émergence de Frankie & The Heartstrings participe d’un mouvement paneuropéen (by the way, s’ils viennent de Sunderland, comment se fait-il que ce disque sorte, d’après Deezer, sur la division italienne du label ? ;-)) avec une tendance de fond qui fait la part belle, en ce début 2011, à un rock pêchu et plutôt court : je pense également, outre aux Vaccines, aux Suédois de Royal Republic (que le Mouv’ vient de découvrir, fin février, 3 semaines après le HibOO) !

Autrement c’est drôle, parce que tout en écoutant les derniers titres, j’étais précisément entrain de parcourir à nouveau la galerie d’Alain au Festival les Femmes s’en Mêlent, du 29 mars 2010, avec John & Jehn, et ce T-shirt de John, sur lequel était inscrit « Frankie Says Relax » : sans doute une injonction de modération de tes critiques, que Frankie Francis t’envoie indirectement, mon cher Louis !!!

Les commentaires sont fermés.

Cela pourrait vous intéresser

M(h)aol - Asking For It

Vidéo : M(h)aol – Asking For It

Auteur d’une poignée de singles qui dépotent, le groupe dublinois M(h)aol a ouvert pour les renversants Gilla Band et risque d’être la sensation de 2023 loin des rêves mouillés à gambettes.

Plus dans Chroniques d'albums

Apparitionduvisagedebelalugosisurunetranchedesalami

Comelade : ô lâches, soyez fous !

Et si le disque de 2022 était un disque instrumental et barré dont Pascal Comelade a le secret, ironiquement intitulé Le non-sens du rythme ?
Stephaneicher-odeartworkbysylviefleuryphotobyannikwetter

Stephan Eicher – Ode

Il n’y a pas d’ami comme Stephan Eicher. A chaque disque il nous offre une balade dans son dédale sentimental, ses étranges paysages, ses constructions impossibles.
Bastien Devilles - Remonter le courant

Bastien Devilles – Remonter le courant

On connaissait Daredevil, voilà Bastien Devilles que l’on peut écouter les yeux fermés d’autant plus que les mots sont de Brigitte Giraud, futur prix Goncourt avec Vivre vite.