The Rebels of Tijuana
Première soirée réussie pour le tout jeune festival Echo Orange au Clacson avec des lyonnais rebelles et des parisiens rageurs et philosophes.

Pas facile d’attirer le public un jeudi même si Oullins (Ouille pour Olivier des Hushpuppies) n’est pas très loin de la capitale des Gaules. Pourtant la soirée fut de qualité avec tout d’abord The Rebels of Tijuana et leur rock adepte du point limite (on visionne pendant le set le cultissime Vanishing Point de Richard C. Sarafian et ses cavalcades allumées dans le désert de l’Arizona en Dodge Challenger). Ces guérilléros doublent les Clermontois de Mustang sur leur nationale 7 pour des têtes à queues sous le soleil de plomb de la Californie. Entre garage, surf, yéyé, on rencontre sur la route des hippies, des filles d’Angleterre, des flics et des voyous, des Jaguars ou des histoires de gonzo et de gonzesses. L’intonation flirte parfois avec le Dutronc des cactus, peyotl oblige et les soli de guitare de Jimmy Page avec finalement un road trip à fond la caisse sur un macadam à deux voies sentant la sueur et le cuir.

Hushpuppies

Les Hushpuppies viennent ensuite présenter leur nouvel album, The Bipolar Drift qui lorgne du côté de la New Wave, de Kraftwerk ou de New Order avec des sonorités plus électroniques mais toujours très efficaces. Le set commence par l’instrumental Open season qui démontre que le groupe n’a pas saupoudré son rock sixties d’électro pour être dans l’air du temps, ça tabasse dur d’entrée. Ils égrènent alors les nouveaux titres (entre autres, Frozen battle, le single Low compromise democracy ou A dog day) qui sur scène prennent davantage de relief que sur le disque, la fosse s’anime progressivement et se transforme en dancefloor où cela pogote gentiment. Bien sûr on n’oublie pas quelques anciennes pépites comme Bassautobahn ou Bad taste and Gold on the Doors jouée à la lumière des néons de sortie de secours suite un pétage de plombs général mais qui se termine dans une explosion de sauts bondissants sur scène et dans le public une fois la lumière revenue de manière propice sur un I want my Kate Moss fraccassant. Pas de rappel comme d’habitude et au final un concert nerveux, tendu, complice (avec un nouveau bassiste cousin éloigné de Christophe Alévêque) qui a largement séduit le public chauffé à blanc.

Suite du festival Echo Orange ce Vendredi avec Venustre / Vandaveer / John & Jehn