Damon Albarn – Everyday Robots

Damon Albarn - Everyday Robots
Louis - 12/03/2014

Damon Albarn, couteau suisse de Parlophone avec Blur et Gorillaz, commence sa véritable carrière solo cette année à 46 ans.
Il faut bien un début à tout ma bonne dame. Cependant la chose n’est pas évidente pour le Monsieur. C’est Richard Russell, patron du label XL Recordings, qui est le pousse au crime de l’affaire. Pas simple pour Albarn de voir son nom sur une pochette de disque. Il aurait sûrement dû s’écouter.
Car si l’affaire n’est pas simple pour Albarn, elle n’est pas simple pour nous non plus : Russel ne ment pas en disant qu’Everyday Robots ne sonne comme aucun autre disque d’Albarn. Peut être une touche de The Good, The Bad And The Queen. Qui devait-être un disque solo au départ. Chasser le naturel…

Damon Albarn - Everyday Robots
Damon Albarn – Everyday Robots

Damon Albarn

Damon Albarn fait dans l’introspection. Les nouvelles technologies le perturbent. Alors il nous chante ses doutes et son incompréhension.
Eternel travailleur, Everyday Robots est superbement produit. Le processus d’enregistrement est excellent. Tout va bien de ce coté là.
Il confesse avoir eu quelques difficultés concernant les paroles. Pour la musique, non. Ah. Bah si.
Albarn s’est donc acharné sur les paroles et a peut être oublié en chemin, et c’est même sûr, quelques mélodies. Dieu que l’on s’ennuie sur ce disque. Les amoureux de la pop pourront manger leur chapeau, les autres pourront tenter d’aimer ce disque.

Damon Albarn – Lonely Press Play

Après les trois premiers morceaux, nous sommes sauvés de notre douce léthargie par un éléphant…
Mr Tembo, chanson écrite pour cet animal, permet de retrouver un Albarn ingénieux et malicieux. On ne crie pas au génie pour autant. On fait dans l’amusette. Mais après un single comme Lonely Press Play, c’est plus ou moins Byzance.
Le prochain single à paraître, Hollow Ponds, devrait faire des ravages dans les pubs de Londres à l’heure de l’happy hour. Des ribambelles de cockneys vont pioncer dans leur pinte.
On passe le cap aussi de la case Eno qui vient nous assommer sur le morceau de clôture. Au moins, Richard Ashcroft avait eu le chic de nous ennuyer avec Brian Wilson sur Human Conditions.

La doublette Photographs (You Are Taking Now) et History Of A Cheating Heart sauve l’affaire du naufrage. Avec la pochette.

Liam Gallagher et Damon Albarn possèdent donc un point commun en ce qui concerne leur dernier disque respectif : avoir une production de première bourre et oublier d’écrire quelques chansons.

Tracklist : Damon Albarn - Everyday Robots
  1. Everyday Robots
  2. Hostiles
  3. Lonely Press Play
  4. Mr Tembo
  5. Parakeet
  6. The Selfish Giant
  7. You & Me
  8. Hollow Ponds
  9. Seven High
  10. Photographs (You Are Taking Now)
  11. The History Of A Cheating Heart
  12. Heavy Seas Of Love
Damon Albarn – Everyday Robots
3.0
Pouet? Tsoin. Évidemment.
Réponses
  1. je reconnais bien la critique artistique partisane du formatage cultivé/culturel a la petite catéchaise teleramesque …

Un avis, un commentaire ?

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


A lire dans “Chroniques d'albums

Terry Hall - Home

Terry Hall – Home

Le Disquaire Day est reporté au 20 juin 2020 pour les raisons que nous connaissons tous. Heavenly Recordings, le label de Jeff Barrett, devait publier la première édition vinyle de Home de Terry Hall. Publié uniquement en CD en 1994 chez Anxious Records, le label de Dave Stewart d’Eurythmics, Home est un grand disque de…

Pearl Jam - Gigaton

Pearl Jam – Gigaton

Au début des années 1990, Pearl Jam faisait la passe de trois avec ses trois premiers albums (Ten, Vs. et Vitalogy). Trois albums, trois grands disques de rock américain. Depuis l’arrivée des années 2000, Pearl Jam a réussi l’exploit de sortir des disques plus que corrects mais enrubannés dans des pochettes giga laides. Le dernier…

Baxter Dury - The Night Chancers

Baxter Dury – The Night Chancers

La carrière de Baxter Dury a débuté en 2001 avec Oscar Brown, un single magistral et claustrophobe. Elle aurait dû connaitre son acmé avec trois concerts parisiens trois soirs d’avril qui devaient accompagner la sortie de The Night Chancers. Le sacre du fils prodigue est reporté.

Cornershop - Engaland is a Garden

Cornershop – England is a Garden

Révélés au grand public en 1997 par le très dansant Brimful Of Asha (deuxième morceau de l’impeccable When I Was Born For The 7th Time), les Cornershop ont depuis enchaîné des phases de silence prolongé entrecoupées par des sorties de disques brillants. Cornershop n’est pas un groupe qui tourne beaucoup. Par contre, leurs disques tournent…

Bleu – Sweet Coldness

Sweet Coldness est un instant entre deux. C’est la musique d’une chambre d’hôtel. D’un regard. D’une fenêtre. Confiné là, c’est la couleur du dehors. Entre gris, entre bleu. Ça oscille. Et de nouveau, il pleut. C’est une attente. Lascive. À compter le temps qu’il reste. À imaginer un peu tout, la suite en mieux.

Honey Harper - Starmaker

Honey Harper – Starmaker

Rien ne va dans le monde mais tout va bien en Georgie qui est en passe de devenir l’État le plus important des États-Unis. Après le Super Tuesday, après la reformation des Black Crowes, le quatrième état américain fêtera la sortie de Starmaker, le premier album d’Honey Harper.

The Orielles - Disco Volador

The Orielles – Disco Volador

Le label Heavenly Recordings (Saint Etienne, Mark Lanegan) fête dignement ses trente ans avec la sortie de Disco Volador, le deuxième disque des Orielles qui, on le souhaite, ne sera pas leur second.

Greg Dulli - Random Desire

Greg Dulli – Random Desire

Greg Dulli n’a jamais déçu. Que ce soit avec les Afghan Whigs ou The Twilight Singers ou encore avec Mark Lanegan le temps de The Gutter Twins. Ce n’est pas avec son premier album solo que la déception va pointer le bout de son nez.

Pictish Trail – Thumb World

L’Écossais Johnny Lynch aka Pictish Trail est tellement fou qu’il ferait passer son compatriote Steve Mason (The Beta Band) pour quelqu’un de totalement ennuyeux. La preuve avec Thumb World, son nouvel album.

The Lost Brothers - After The Fire After The Rain

The Lost Brothers – After The Fire After The Rain

Encensés par Richard Hawley, produits par Brendan Benson (The Raconteurs) et amis de M. Ward, les Lost Brothers ont tout pour réussir. Si c’est le cas au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis (où ils vont assurer la première partie de M. Ward lors de sa prochaine tournée), fort est de constater que la greffe ne prend…

Humanist – Humanist

Il y a Rob Marshall et les autres. Pour son premier disque solo, l’ex Exit Calm réussit l’exploit de réunir une douzaine de chansons belles à tomber à la renverse avec un casting qui donne le tournis. Humanist est un coup de foudre. Et comme pour Lucien Leuwen de Stendhal, Humanist est un coup de…

Destroyer - Have We Met

Destroyer – Have We Met

Il y a neuf ans, l’ex The New Pornographers Dan Bejar publiait Kaputt un disque somptueux qui avait le mérite d’unir les fans irréconciliables de New Order et de Prefab Sprout. Au lieu de capitaliser sur ce succès, Bejar nous a plongé dans une pop magnifique mais dépressive pendant deux albums. Have We Met sonne…

Andy Shauf - Neon Sklyline

Andy Shauf – The Neon Skyline

En mai 2016, Andy Shauf avait tué toute la concurrence en publiant The Party. Il recommence en janvier 2020 avec The Neon Skyline.

Isobel Campbell- There Is No Other

Isobel Campbell – There Is No Other

Pour un retour inespéré, c’est un retour inespéré. L’ex Belle and Sebastian n’avait pas donné de nouvelles depuis dix ans. Elle est de retour avec There Is No Other, un disque impeccable.

East Village - Hotrod Hotel (2)

East Village – Hotrod Hotel

Michael Schulman, le patron de Slumberland Records (Tony Molina, Pete Astor, Veronica Falls pour ne citer qu’eux) se fait plaisir en rééditant Hotrod Hotel.

Bill Fay - Countless Branches

Bill Fay ‎– Countless Branches

Adulé par les membres de Wilco et de War On Drugs, vénéré par Jim O’Rourke et Ed Harcourt, Bill Fay est définitivement sorti de sa retraite à l’âge de 76 ans avec la sortie de Countless Branches.

Alma Forrer - L'année du loup

Alma Forrer – L’année du loup

« J’ai envie de toi » chante Alma Forrer dans N’être que l’hiver qui ouvre son premier album L’année du loup et à son écoute nous avons aussi terriblement envie d’elle, de ses chansons entre folk américain et variété française au sens le plus noble.

Field Music - Making A New World

Field Music – Making A New World

Si Oasis et Radiohead n’avaient pas existé…. Si les Foals et les Coral n’avaient pas existé… Les Field Music seraient sûrement le groupe anglais le plus influent et le plus médiatisé de ces quinze dernières années.

The Electric Soft Parade - Stages

The Electric Soft Parade – Stages

Retour inattendu (et inespéré) des frères White ! Les Electric Soft Parade ouvrent le bal des sorties de 2020 et mettent d’emblée la barre très haute.