Enfin ! La France semble enfin découvrir le duo de Perpignan.
Avec sa signature sur le label Because et la publication d’une sensationnelle anthologie, les Limiñanas jouent enfin à domicile et ont la capacité de remporter la compétition. Sachant qu’ils ont déjà remporté tous les championnats extérieurs…

Le championnat anglais ? Oui, avec une participation au festival psychédélique de Liverpool saluée par la presse anglaise!
Le championnat grec ? Aussi, en jouant au Fuzz Club d’Athènes et en boutant la Troïka en dehors du Parlement grec.

Stakhanovistes de l’écriture et esthètes de la pop, les Limiñanas sont sans limites. Aucune limite géographique, aucune limite de production… Ces gens sont vraiment étonnants. Décortiquons cette affaire avec le patron de l’auberge, Lionel.

The Limiñanas

Comment s’est réalisée la rencontre avec le label Because ? Vous étiez jusque là grandement ignorés par les labels.

Lionel : On a rencontré Because en allant faire écouter le master de Traité de guitare triolectique à Paris avec Pascal il y a quelques mois. Pascal nous a présentés. Je leur ai laissé des disques des Limiñanas et ils nous ont proposé de travailler ensemble. Ça s’est fait très simplement.

Ce serait malhonnête de dire que l’on était ignoré des labels français. On est allé en voir aucun. On a quand même eu plusieurs propositions que l’on n’a pas validées, pour diverses raisons. Ça ne devait pas être le bon moment. Et puis je suis légèrement control-freak, donc à chaque fois que l’on me parlait de ce que pourrait être le prochain disque, de la qualité des textes ou de quoi que ce soit en rapport avec nos oignons, je m’en allais en courant ou je ne rappelais pas.

Avec Because on bosse en toute liberté, exactement comme avec Trouble in Mind ou Hozac aux USA. On est très content, ça se passe super bien.

Pourquoi avoir intitulé cette anthologie  » Down Underground 2009-2015  » ?

Lionel : C’est le titre de l’une de nos chansons. Je trouvais que cela résumait bien le truc, que ça sonnait bien.

On lit donc 2009-2015… Et on retourne le disque et on s’aperçoit de la quantité impressionnante de titres. Mais vous êtes des vrais boulimiques de l’écriture ?

Lionel : On bosse tout le temps. Le fait de n’être que deux (je ne parle pas du live) et d’être autonome au niveau de l’enregistrement nous permet de travailler autant que nous voulons. C’est beaucoup plus compliqué avec un groupe traditionnel. Là on peut bosser 70 heures par semaine si on en a envie, sans rendre tout le monde cinglé autour de nous. Je suis insomniaque, j’attaque à quatre heures du mat et je tombe en début d après midi. Pratiquement tous les jours. On fait des breaks quand les acouphènes deviennent trop envahissants. Je ne crois pas qu’on soit des besogneux. On aime juste bosser comme ça.

Vous conseillerez de commencer par quelle(s) chanson(s) ?

Lionel : Celle dont on est le plus fier est I Miei Occhi Sono I Tuoi Occhi qu’on a faite avec Paula H Satan.

C’est quoi une bonne chanson des Limiñanas ?

Lionel : Migas 2000. Si vous suivez bien les instructions, vous obtiendrez à la fin un plat traditionnel espagnol absolument délicieux. Attention à la digestion, ce n’est pas de la cuisine pour les estomacs délicats.

Comment écrivez-vous vos chansons ? Le texte en premier ? Comment choisissez-vous la langue ?

Lionel : La plupart du temps on commence par la musique. On bosse sur le riff, on enregistre des démos que l’on écoute dans iTunes, en cd dans la voiture, sur le poste dans la cuisine.

Au bout d’un moment on fait des choix et on isole certains riffs ou chansons. Le travail sur le texte commence à ce moment là. Il n’y a pas de règles au niveau du choix de la langue. Souvent, comme avec I’m dead, tu as une phrase dans la tête, une phrase qui colle au riff. Et voila. C’est plus périlleux d’écrire en français. C’est extrêmement casse-gueule mais c’est ce que l’on préfère. Mon frère Serge m’envoie des textes. Moi j’écris, je prends des notes sur des carnets. C’est comme ça qu’on a fait La fille de la ligne 15. J’étais dans le «15», le bus qui m’amenait au boulot et cette fille s’est assise en face de moi. Et elle était totalement flippante. On est passé devant Babou. L’histoire est venue comme ça. Comme dans une comédie italienne, un sketch «des monstres». J’ai pris des notes. C’est beaucoup plus facile quand tu pioches dans le quotidien.

The Limiñanas – La fille de la ligne 15

J’ai commencé à aimer le français dans la pop avec Ronnie Bird, Dutronc et Gainsbourg, quand j’étais tout gamin. J’avais cette compil de Ronnie Bird, éditée par libération et Philips qui s appelait «le style anglais». Je l’ai usée jusqu’à la couenne. J’aime tout, même les ballades un peu fleur bleue.

Racontez moi l’histoire de ma chanson préférée de votre groupe… My black sabbath ?

Lionel : D’abord on aime beaucoup les deux premiers albums de Black Sabbath. Pour la chanson, c’est parti d’un article de Rock and Folk qui racontait l’histoire d’un enregistrement de Black Sabbath à l’issue duquel ils auraient croisé un fantôme dans un couloir. La chanson raconte plus ou moins cette histoire là. On a eu l’honneur d’une petite brève sur le site officiel de Sabbath. Ils ont dit que ce n’était pas leur tasse de thé, mais on était très fier quand même.

2015 est une année très riche. Vous avez publié un Traité avec Pascal Comelade. Pourquoi ce mot Traité tiens ?

Lionel : Un traité est un livre qui parle d‘un sujet particulier. Là, il s’agissait de triolectisme. Le triolectisme est le football à trois cotés, trois équipes. Un concept d’Asger Jorn, situationniste danois. Nous étions trois. Il y a pas mal de guitares. On parle aussi de « portugaises ensablées » dans le titre.

The Limiñanas - Down Underground

Ce n’est pas trop difficile de bosser à trois ?

Lionel : Non, au contraire. Le disque s’est monté tout seul, à coup de rendez vous. De façon extrêmement simple. On aime les mêmes choses, le travail sur le riff, enregistrer rapidement en gardant les premières prises. Tout l’album est axé sur le riff, la répétition. De tout ce qu’on a fait c’est le disque que je préfère et celui qui a été le plus facile à enregistrer.

Pourquoi avoir fait un disque instrumental ? Marie, votre voix nous manque!

Lionel : Pascal fait de la musique instrumentale. On ne s’est jamais posé la question de coller des voix sur ce disque. Sur les disques des Limiñanas il y a beaucoup de chanteuses qui interviennent, Francesca Cusimano, Paula Scassa, Mu, Nadège. Il n y a pas que Marie. Il y a aussi des titres chantés par Guillaume Picard avec qui je jouais dans les Beach Bitches et Les Bellas.

Pascal Comelade + The Limiñanas – One of Us, One of Us, One of Us (Live Version

2015, une anthologie et un album avec Comelade. 2016, un album dans le top 10 français et un disque avec Anton Newcombe ?

Lionel : Très sincèrement, on se tamponne le coquillard de rentrer dans le top 10 de quoi que ce soit. Par contre j’espère qu’on va faire ces morceaux avec Anton Newcombe qu’on aime beaucoup. On lui a envoyé trois démos. A priori il est en train de bosser dessus.

TOP 10

Le meilleur disque de 2015 ?

Lionel : C’est Push The Sky Away des Bad Seeds, mais il est sorti en 2013.

Le disque que vous attendez le plus en ce moment ?

Lionel : Le disque de JC Satan.

Votre disque honteux ?

Lionel : J’en ai plein. Celui qui me vaut le plus d’insultes quand c’est mon tour de mettre un 45t, c’est Say It And So de Murray Head. Ça vire au pugilat à chaque fois. Mais moi ça m’émeut. On adore El Bimbo aussi. El Bimbo peut sauver une soirée, un mariage.

Si vous pouviez refaire la B.O d’un film… Lequel ?

Lionel : Sans hésiter Ladyhawke de Richard Donner. La musique d’Alan Parson est abominable. Faire batailler à l’épée Rutger Hauer sur du disco progressif est un vrai scandale. Quand j’étais petit ça m’avait choqué et gâché la séance.

Si on devait tourner un rockumentaire sur les The Limiñanas.. Quel réalisateur choisissez-vous ?

Lionel : Jean Pierre Mocky. Pour les images et pour l’ambiance.

Un cinéaste qui devrait se mettre à la chanson ?

Lionel : Luc Besson. Mais vous n’êtes pas obligé d’acheter ses disques!

Un chanteur (ou musicien) qui devrait se mettre au cinéma ?

Lionel : Warren Ellis. Lui par contre allez voir ses films.

Votre disque préféré de Comelade ?

Lionel : C’est A Freak Serenade, que l’on a écouté en boucle pendant très longtemps. Et en ce moment Traffic D’Abstraction qui vient d’être réédité en vinyl. Particulièrement le titre A la recherche du Baron Corvo qui est sublime.

On vous donne l’opportunité de créer un festival. Quel nom et quelles têtes d’affiche ?

Lionel : « MIGAS 2000, trois jours d’amour et de migas« .

Têtes d’affiche :
Day one : Robert Mitchum, Michel Magne, Ennio Morricone.

Day two : Black Sabbath, Suicide, Joy Division.

Day Three : Les Poppys, les Seeds, le 13 th Floor Elevator, The Factory, The Remains, The Action.

Espace enfant avec Garcimore.
Présenté par Roger Gicquel et Roger Carel.
Décors de Roger Harth.

DJ : Pascal Comelade, Raph Dumas.
Migas à go-go.

Pas de djembé sur le site. La direction ne répond de rien.

Pascal Comelade + The Limiñanas – One of Us, One of Us, One of Us (Live Version)

The Limiñanas + Pascal Comelade seront en concert le 9 Octobre 2015 à La Maroquinerie (Paris). Un 45 tours exclusif sera distribué à l’entrée du concert.

The Limiñanas - Down Underground

Pouet? Tsoin. Évidemment.
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