A-WA – Habib Galbi

A-wa
Noémie - 30/06/2016

On se souvient bien d’Habib Galbi, sorti en novembre dernier, le titre phare des A-WA, ces « jeunes filles du désert », comme elles se définissent elles-même, qui s’était répandu sur les ondes comme une trainée de sable.

Je vous parle de sable, mais pas du sable qu’on prend dans les yeux et qui nous fouette, ni celui qui nous brûle et sur lequel on peut à peine marcher tellement le soleil cogne dessus.
Non, plutôt le sable chaud juste comme il faut en surface, et dans lequel on aime enfoncer ses pieds pour découvrir des zones de fraicheur inattendues et s’y prélasser quelques secondes.

Leur musique c’est un peu ça, aux A-WA.

A‐WA - Habib Galbi

L’album commence avec Yemenite Lullaby, qui introduit bien l’ensemble. Il s’agit d’un son à capella où les sœurs chantent en chœur dans leur langue maternelle, un retour aux sources assez tradi, avant d’enchainer ensuite sur les beats electroniques de Ya Raitesh al Warda, un pont harmonique entre la modernité très pop-électro de leur musique et les sonorités orientales qui caractérisent le style si particulier du groupe. S’ensuit alors Habib Galbi fidèle à lui-même, on ne présente plus le titre éponyme de l’album qui donne toujours autant envie de se déhancher.

A-WA - Habib Galbi

L’ensemble de leur opus est très harmonieux, entre folk, pop, électro, et l’emprunte très marquée de leur culture traditionnelle yéménite, les sonorités sont éclectiques. Si les A-WA avaient fait le pari de réunir orient et occident dans un même album, voilà qui est réussi, et là elles sortent vraiment du lot. Elles nous promènent délicatement entre ces deux mondes qu’elles semblent maîtriser à la perfection, un joli voyage pour les sens, où alternent musiques dansantes aux rythmes entraînants, comme le parfait Galbi Hawa ou encore Shamak Zabad Radai, avec des balades plus envoûtantes et posées comme Ya Shaifin al Malih.

À la fin de l’album, on a même droit à deux remix’ d’Habib Galbi : celui de P.A.F.F. et celui de Kore. Avec tout de même une petite préférence pour celui de Kore, n’étant pas fan du côté « clubbing » de ces versions, qui pour moi dénaturent un peu le son d’origine. D’ailleurs, à mon grand regret, le remix que je recommanderais ne figure pas sur l’album, il s’agit de celui d’Acid Arab, que je vous invite à écouter :

A‐WA – Habib Galbi (Acid Arab Remix)

Visuellement parlant, et dans l’identité globale qu’elles véhiculent, les sœurs Haim sont en adéquation avec leur musique : un savant melting-pot de cultures, entre modernité et tradition, couleurs vives et imprimés à gogo, elles ne peuvent pas nous laisser indifférents. Si elles sont sur scène aussi énergiques que ce que laissent penser leurs clips et leur album, il semble que cela vaille le détour d’aller les voir, explosions de saveurs garanties !

A-WA – Habib Galbi
3.5
Batteuse et passionnée de musique depuis toujours, constamment à la recherche de nouvelles pépites. Un penchant particulier pour les sonorités rocks /indies /psychés et autre dreampop électronique et bizarroïde.

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