Avec leur album explosif sorti en 2015 Elephant Love, les Ropoporose m’avaient intriguée par leur coté « pépite à l’état brut », et je les attendais en live. Et pour le coup, je n’ai pas été déçue, car hier soir au Supersonic, du brut il y’en avait !

Entre riffs agressifs et voix criardes, le duo fraternel n’a pas cherché à polir les angles. Pour autant, c’était un très beau live, encore un peu amateur c’est vrai (même si l’acoustique du Supersonic n’aide pas beaucoup il faut le dire), mais techniquement incroyable, une bulle d’énergie pure, dans laquelle il n’était pas évident de rentrer.

Ce qui m’a le plus marquée dès le début de leur concert, c’est cette connexion musicale qu’ils ont tous les deux. Ils peuvent tout jouer, de la guitare au synthé en passant par un tome basse et même un mini accordéon, Pauline jongle avec les instruments, toujours accrochée à son micro. À la fin, ils échangent même les postes, et elle passe à la batterie quand Romain prend la gratte, quelle polyvalence !

Ropoporose @ Supersonic 23-06
Ropoporose @ Supersonic 23-06

Lui a un jeu de batterie incroyable d’ailleurs, ses baguettes roulent sur les tomes à une vitesse indécente, mais toujours parfaitement maitrisée, et il nous envoie solo sur solo, tous aussi fous les uns que les autres. Le plus dingue est sans doute celui qu’il balance à la fin de Whu-Whu, qui dure bien 2 minutes et file des frissons à toute la salle. Hum, quoique celui d’Elephant Love est également digne d’un batteur de métal avec 20 ans d’expérience derrière lui.

En tant que batteuse, mon égo en prend un coup, je ne peux pas détourner mes yeux des prouesses qu’il réalise avec ses baguettes. C’est vrai que la puissance des percus était déjà prépondérante à l’écoute de leur album, mais elle se ressent encore bien plus en live car la rythmique prend beaucoup de place, et d’ailleurs Pauline doit hurler pour se faire entendre, ce qui amplifie encore leur coté garage.

Bon, en terme de communication avec le public c’est plutôt laborieux, ils passent la majorité du temps les yeux rivés au sol, sur leur instrument ou derrière leur mèche de cheveux, et lorsqu’ils s’adressent à nous c’est seulement pour balbutier un timide merci et dire à demi-mot qu’ils sont contents d’être là.

Ropoporose – Birdbus

Lorsqu’ils jouent Birdbus, leur titre phare et la dernière chanson du concert avant le rappel, je prends une belle claque et oublie instantanément tous les défauts du live un peu imparfait, mais très à leur image qu’ils viennent de nous offrir.

Je suis sur la brèche, j’oscille entre l’envie de les secouer pour qu’ils sortent de leur coquille ou qu’ils nous y fassent une place, et celle de les y laisser bien tranquilles, pour qu’ils gardent cette pureté et cette authenticité qui se perd parfois chez les groupes qui grandissent trop vite.

Certes les Ropoporose manquent parfois un peu de sous-titres si l’on veut tout comprendre à leur univers, mais à mon avis, ça vaut le coup de s’accrocher pour les suivre.

Ropoporose sera en concert le 15 juillet au festival les Vieilles Charrues à Carhaix (29).

Batteuse et passionnée de musique depuis toujours, constamment à la recherche de nouvelles pépites. Un penchant particulier pour les sonorités rocks /indies /psychés et autre dreampop électronique et bizarroïde.
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