Il faut toujours un type qui ait la schkoumoune à Liverpool. Depuis quelque années, Michael Head occupait crânement la place de champion hors catégorie. En 1992, l’ancien taulier des Pale Fountains et de Shack prend provisoirement sa retraite et est immédiatement remplacé par le tonitruant Edgar Jones.

The Stairs

Patron des Stairs, ce garçon avait tout pour réussir et surtout un premier disque qui en a là où il faut (Mexican R’n’B). La mayonnaise ne prit pas et les gens de bon goût durent attendre treize longues années pour avoir le droit à la suite avec le disque Soothing Music for Stray Cats. Ce dernier vient d’être réédité en vinyle par le label Mellowtone.

En 1992, les The Stairs publièrent un disque sensationnel chez Go! Discs. Enregistrées sur un quatre pistes dans les studios de Shabby Road, les chansons de ce trio avaient tout pour décoiffer les apprentis chanteurs de Londres et les fans de garage. Tout comme le premier disque Denim, Mexican R’n’B arriva trop tôt et loupa le coche.

The Stairs – Weed Bus

Les Coral (et leur producteur Ian Broudie qui n’était pas né de la dernière pluie) écoutèrent religieusement ce disque et le passèrent au shaker les albums de Shack & Stairs et alignèrent plusieurs albums dans le top 5 dans les années 2000.

Solo !

Après plusieurs projets sans lendemain, Edgar Jones revint aux affaires en 2005 avec l’album Soothing Music For Stray Cats. Mélange de jazz, de doo-wop et de R’n’B, ce disque laissa admiratif Noel Gallagher qui en fit son disque de l’année et donna la leçon à la jeune garde de Liverpool.

En 2017, Edgar Jones revient donc avec la réédition de Soothing Music For Stray Cats et un nouvel album sous le bras qui sera édité par Skeleton Key Records le label des frères Skelly (The Coral). La boucle est bouclée. Avant d’écrire de nouvelles lignes sur son C.V, Edgar Jones est revenu avec nous sur l’enregistrement de Soothing Music For Stray Cats.

Comment t’es-tu retrouvé sur le label The Viper ?

Edgar Jones : Je connaissais Paul et Mike via le label Anyhoo. J’avais enregistré quelques titres des Stairs pour leurs compilations Lost Liverpool et j’avais enregistré un titre pour leur disque Liverpool Acoustic. L’idée de faire un album est venu en discutant avec Mike Badger. Nous avons pas mal échangé devant l’école de Dovedale car nous allons y chercher nos enfants. Je lui ai passé quelques titres que je venais d’enregistrer. Après avoir consulté son associé Paul Hemmings, il m’a proposé de faire un album.

Comment s’est passé l’enregistrement de cet album ?

Edgar Jones : Comme je te le disais, j’avais déjà 4 ou 5 titres d’enregistrés. Je n’avais aucune pression au niveau des horaires car tout se faisait à la maison. Les choses se sont faites rapidement. Nous avons préparé les batteries et nous les avons enregistrées lors de prises live avec la contrebasse. Nous avons fait ensuite les voix pour avoir le temps de faire les overdubs. Nous avons mixé ceci dans la maison de mes frères en une journée. Il fallait que nous changions d’endroit. Et puis la qualité de ses hauts-parleurs était supérieure aux miens.

Pourquoi l’avoir produit et ne pas avoir fait appel à un producteur ?

Edgar Jones : Parce nous n’en avions pas les moyens !

Quel est ton meilleur souvenir de cet enregistrement ? Le pire ?

Edgar Jones : J’ai adoré l’ébullition qu’il régnait quand nous avons travaillé sur ce disque. Nous étions tous un peu dans la brume. Des gens sont venus écouter, d’autres jouer. C’était un club de jazz, une version blues de la maison des rockeurs.

Ta voix est incroyable ? Où as-tu appris à chanter ?

Edgar Jones : A cette époque je traînais pas mal avec Lowman Pauling des The 5 Royals et Smiley Lewis, un chanteur de la Nouvelle-Orléans. Ma voix sur les titres R’n’B leur doit beaucoup.

Comment as-tu rencontré Candie Payne et Paul Molloy (The Zutons, The Coral) qui jouent sur ton album ?

Edgar Jones : J’ai connu Paul via son premier groupe, The Skylarks. Et Candie Payne, via ses frères Sean et Howie.

Et ce son, comment l’avez-vous trouvé ?

Edgar Jones : Nous étions perdu dans le brouillard.

Et pourquoi l’avoir appelé Soothing Music For Stray Cats ?

Edgar Jones : J’avais ce titre en tête dès le départ. Il est devenu évident quand je travaillais sur l’album. Il y a une phrase sur une publicité pour une marque anglaise de lasure : « Il fait ce qui est écrit sur l’emballage ».

Quelle est ta chanson préférée sur cet album ?

Edgar Jones : Do Doh Dontcha Doh ou Freedom. Mais comment puise-je choisir ?

Edgar Jones – Freedom

Quels sont tes projets 2017 ?

Edgar Jones : Je vais publier un nouvel album dans quelques mois. Il s’appelle The song of day and Night. Il sera publié via le label des Coral, Skeleton Key label. Cet été je vais jouer de la basse dans le spectacle Live On Mars, un spectacle qui rend hommage à Bowie. Je vais essayer de tourner avec The Liverpool Love Project de Johnny Echols avec qui j’ai joué l’été dernier lors du festival Liverpool International Music. Et je vais essayer de faire quelques concerts avec les Stairs.

Soothing Music fo Stray Cats d’Edgar « Jones » Jones a été réédité par les labels Mellowtone Records / The Viper Label.

Edgar Jones - Soothing Music For Stray Cats

English text

How did you meet the Viper label ?

I kind of knew Paul and Mike from the label anyhoo and had previously passed them some Stairs bits for their LostLiverpool compilations and recording a track for their Liverpool Acoustic experiment CD. But I guess action toward the LP began with conversations with Mike Badger on the playground of Dovedale school when we were picking our kids up. I passed him some tracks I’d already done and after consulting with label partner Paul Hemmings they suggested I complete an LP.

How easy was the recording process ? How long did it take you ?

As said 4or5 tracks were completed. Although there was no studio clock ticking as I was working at home it was still done pretty quickly. We rehearsed the drums and recorded them all the next day in live takes with the double bass through one microphone. Vocals and bv’s were next so they could be bounced down to make room for the final overdubs and guest performances. It was all mixed down in my brothers house in a day mostly for the change of scenery but also as he had superior speakers.

Why did you produce yourself this album ?

Ha ha no budget for that sort of thing mate.

What’s you best memory about the recording process ?

the best memory is just the maelstrom of the weeks working putting it together. Was all a bit of a haze. With people dropping by to play or listen it was a bit like a jazzy rhythm and blues version of the banana splits house.

Your voice is incredible. How did you learn to sing ?

Aw shucks thank you! At the time I was really digging lowman pauling from the 5 royals and a new orleans singer Smiley Lewis. The voice I developed for the r’n’b tunes was a blend of those I guess.

How did you meet Candie Payne and Paul Molloy ?

Paul I knew from going to see his first band the skylarks a few times and Candi through her brothers Sean and Howie

Why did you call this album Soothing Music For Stray Cats

?
I came up with the title in the early stages. It became a statement of intent as I was working on. We have a famous phrase from an old advertisement for a woodseal product in UK. « It does what it says on the tin ».

What’s your favorite song on this album ?

Do Doh or Freedom never been able to decide?

What are your plans for 2017 ?

In the coming months I have an LP ‘the song of day and Night ‘ being released on the Coral’s Skeleton Key label. In the summer i’ll be playing bass in ‘Live On Mars’ an excellent Bowie tribute doing theatres in UK and Europe. Plans afoot to to try tour the Liverpool Love project with Johnny Echols which we wowed the Liverpool International Music Festival last summer. Oh probably some Stairs gigs too. Here’s a link to a tune from new LP